Communauté genevoise d’action syndicale

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les trois mensonges

intervention de Bernard Remion – Syndicom et CGAS

samedi 2 avril 2011 par Bernard REMION

2 avril 2011 Genève – manif contre le chômage

Je n’ai pas l’habitude des manifestations silencieuses, j’ai plus l’habitude d’exprimer ma colère et mes revendications en manifestant. Mais aujourd’hui cette première partie silencieuse avait toute sa signification pour exprimer le deuil de la perte de droit ce 1er avril pour toutes les personnes qui sont victimes de licenciements dans ce pays.

Non seulement cette révision de la LACI touche avec une perte de 120 à 260 indemnités au moins 20’000 personnes jetées au chômage avant le 1er avril. Mais en plus cette révision baissera drastiquement les droits au chômage de près de 30% de celles et ceux qui seront victimes d’un licenciement à partir d’aujourd’hui.

Manifester pour moi, c’est aussi important pour dénoncer les mensonges avérés ou par omission de nos gouvernants, de partis de droite, d’extrême-droite, et des partis d’un prétendu centre.

Je voudrais en dénoncer 3 aujourd’hui :

-  le premier mensonge, c’est celui de la votation du paquet fiscal en 2008, accepté par 50,5% du peuple. Le gouvernement avait affirmé qu’il n’en coûterait que quelques dizaines de millions de pertes d‘impôts pour la Confédération. Aujourd’hui, tout le monde reconnaît que c’est par milliards que des cadeaux ont été fait aux entreprises les plus riches par cette votation. Elle permet aujourd’hui à l’UBS et au Crédit Suisse de distribuer 56 milliards de dividendes à ses actionnaires sans qu’un seul franc d’impôts soit payé dessus. Le peuple aurait-il voter de la même manière s’il avait su toute la vérité ? 56 milliards, cela ne vous rappelle pas un autre cadeau accordé par le Conseil fédéral en un w-e à l’UBS ?

-  deuxième mensonge, celui sur la votation de la révision de la loi sur le chômage : certes les cantons latins, et Genève en particulier, ont voté largement non contre cette révision, mais le peuple suisse aurait-il voter oui majoritairement si on lui avait dit que du jour au lendemain, un 1er avril, 20’000 sans-emplois verraient leur nombre d’indemnités baisser drastiquement, arrivant à 0 pour une grande partie d’entre eux. Et le mensonge a continué jusqu’à ces derniers jours sur le nombre de chômeuses et de chômeurs qui seraient touchés par l’effet couperet : jusqu’il y a 3 jours on nous disait que pour Genève, il y auraient 1300 personnes touchées, maintenant on reconnaît qu’il y en a plus de 2’300. Pour le Canton de Vaud, on parlait de 1’700, aujourd’hui de plus de 2’500. Le mensonge continue.

-  3ème mensonge que je veux dénoncer : c’est un mensonge permanent : le taux de chômage officiel donné de mois en mois dans les statistiques du SECO est un vrai scandale. Il ne reflète que le nombre de personnes qui touchent effectivement des indemnités de chômage pendant le mois précédent. Il ne reflète en rien le nombre réel de sans-emploi en Suisse qui doit être au moins entre 3 ou 4 fois plus important, à passer 10%. Ce mensonge permanent se vérifiera encore plus clairement début mai quand le SECO communiquera que le taux de chômage aura subi en avril une baisse historique, la plus importante jamais connue en 1 seul mois. Puisque l’application de la révision va exclure du droit au chômage 20’000 personnes sans qu’elles n’aient nullement retrouvé un emploi, uniquement en leur supprimant un droit aux indemnités. Il faut dénoncer chaque mois ce mensonge officiel du taux de chômage.

Tout ceci nous montre qu’il y a urgence. Les 2300 genevois qui ont perdu des droits immédiats au 1er avril, plus tous ceux qui en auront moins s’ils sont jetés au chômage à partir de cette date ne peuvent pas être abandonnés à leur sort par le gouvernement et le parlement genevois dont le peuple a montré largement son refus de cette révision.

C’est pourquoi nous exigeons le vote immédiat d’une loi d’urgence :

  • garantissant 120 indemnités de chômage en plus pour tous comme avant le 1er avril
  • garantissant aussi le maintien pour chaque chômeuse ou chômeur du nombre d’indemnités de base qu’il avait ou qu’il aurait eu droit avant le 1er avril.
  • A cette loi urgente, nous ajoutons aussi, suite au référendum, le vote contre la révision de la LASI pour le maintien du RMCAS, comme droit pour toute personne arrivant en fin de droit fédéral.

Nous savons tous que ce ne sont pas les mesures urgentes qui résoudront à moyen ou à long terme le problème des sans-emploi. D’autres en parleront plus longuement : il faut que l’état crée rapidement de vrais emplois durables, socialement, économiquement et écologiquement utiles, liés à des vraies formations qualifiantes pour que les personnes sans-emploi puissent les occuper.

Mais en attendant les mesures urgentes sont indispensables, c’est pourquoi cette manifestation continuera de manière colérique et revendicative pour que nous fassions vraiment le deuil de nos droits perdus en exigeant et en conquérant de nouveaux droits.

En avant, camarades montrons clairement notre refus des mensonges officiels et des diktat de la droite et du centre mou, notre exigence d’indemnités de chômage urgentes et d’emplois nouveaux.



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