Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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les rentiers se verraient amputer de 6% supplémentaires sans compensation !

mardi 16 février 2010 par infomation fournie par nos alliés

Chères et Chers Camarades, Chers Amis,

Merci au nom du Parti socialiste genevois de nous associer à cette prise de paroles.

Economiesuisse affirme qu’il y aurait un trou de 600 millions de francs dans notre deuxième pilier. La vérité est qu’un tel trou n’existe pas. Selon l’Office fédéral des assurances sociales, ce chiffre représente en fait la somme qui serait économisée avec la baisse du taux de conversion.

Il y a une grande confusion entre le système de répartition tel que l’AVS et le système de capitalisation tel que le 2e pilier. Dans le premier pilier -l’AVS- la démographie joue un rôle majeur dans le financement, parce qu’il s’agit d’un système de répartition, les cotisants actifs payant les rentes des retraités actuels. Ce n’est absolument pas le cas dans le 2e pilier. La LPP est un système de capitalisation, une épargne forcée !

L’actuel taux de conversion, autrement dit le pourcentage du capital dont dépend le montant de la rente annuelle que l’on perçoit à sa retraite, tient déjà parfaitement compte de l’allongement de la durée de vie. La révision de 2005 a fixé un taux de 6,8% dès 2013 pour les hommes et dès 2014 pour les femmes. Ces chiffres étaient fondés sur les prévisions démographiques. Et voilà que moins de cinq ans après, on voudrait imposer une nouvelle baisse au nom de la démographie.

On entend souvent qu’avec la révision de la LPP, on recevra durant sa retraite moins d’argent, mais plus longtemps. C’est faux et trompeur. La question est la longévité globale et non pas individuelle. Et de qui parle-t-on ? De personnes qui vivent très longtemps et qui vont consommer leur capital et profiter de la solidarité du jeune célibataire qui est décédé en laissant son capital dans la caisse de pension. Or, il y a des inégalités très importantes en termes de mortalité en fonction des catégories sociales. Ce ne sont pas les petits salaires qui ont peiné toute leur vie qui vont profiter de ces prestations jusqu’à 95 ans parce qu’ils seront morts avant. Ce sont les catégories les plus fragiles et les plus vulnérables qui seront en réalité les plus touchées.

Les femmes seront aussi les plus touchées, déjà fortement exclues et prétéritées par le 2ème pilier. Le 2ème pilier est en fait un modèle construit sur la base d’un homme travaillant à plein temps, sans interruption d’activités et avec une augmentation régulière de son salaire. Ce système prétérite déjà gravement les femmes qui travaillent à temps partiel ou celles qui ont des emplois précaires et irréguliers. Toucher au deuxième pilier, c’est aussi toucher aux plus bas revenus, souvent ceux des femmes.

NON au braquage des rentes ! NON à une nouvelle baisse du taux de conversion ! En 2005, le Parlement a baissé le taux de conversion de 7,2 à 6,8%, entraînant une perte de 5,5%. Le 7 mars, en acceptant 6,4%, les rentiers se verraient amputer de 6% supplémentaires sans compensation ! Nous refusons cette réduction des prestations de 10% !

Qui toucherait le pactole ? Les Assurances et leurs managers ! Rolf Schäuble de la Bâloise est le plus gourmand : en pleine crise financière, il est passé de 1,8 à 6,2 millions de francs.

« Nous devons baisser le taux de conversion pour aider les assureurs » s’empressait aussi de dire le conseiller aux Etats libéral-radical Rolf Büttiker pour justifier la réduction des rentes. Précision utile : un des principaux assureurs-vie helvétiques se nomme Swisslife. Et compte, dans les rangs de son conseil d’administration un certain ancien conseiller national libéral-radical Gerold Bührer, par ailleurs président d’Economiesuisse. Un mandat qui rapporte ! Selon la fondation Ethos, les 9 membres du conseil d’administration de Swisslife ont touché – en l’année de crise 2008 – près de 2 millions de francs au total, soit en moyenne plus 200’000 francs par personne. Plutôt sympa comme revenu accessoire !

S’il faut baisser les rentes du 2ème pilier parce que les assureurs vie sont en difficulté, comment expliquer qu’en 2007, le bénéfice de ces derniers s’est élevé à 20% de leur chiffre d’affaires, environ 800 millions de francs ? Comment justifier que le salaire total des membres de la direction de la Zurich assurances se soit élevé à 6,3 millions ? Et voilà qu’aujourd’hui, alors que les assureurs se sont fourvoyés sur les marchés boursiers, seules les personnes assurées devraient passer à la caisse ?

Outre une partie des excédents, les assurances-vie encaissent encore 1,3 milliard de francs de frais administratifs pour la prévoyance professionnelle, soit un dixième des primes. Nous ne permettrons pas que de simples salariés financent les primes des managers à coups de réductions de rentes. Ce sont des réformes qu’il nous faut, et non pas des coupes sombres dans les retraites.

Nous sommes tous concernés : non seulement les salariés les plus jeunes, qui continuent à cotiser des sommes importantes mais toucheront nettement moins que leurs aînés, mais aussi les retraités d’aujourd’hui. En cas de baisse du taux de conversion pour les retraités de demain, le risque est grand que dans une deuxième étape, ce soient les rentiers d’aujourd’hui qui paient la note.

Nous avons la chance de vivre plus vieux. Cette augmentation de l’espérance de vie est déjà amortie : Le Parlement vient d’approuver une première baisse du taux de conversion à 6,8%. L’âge de la retraite pour les femmes a été augmenté de 62 à 64 ans et devrait encore être repoussé à 65 ans. Le taux d’intérêt minimum des caisses de pension a déjà été abaissé à 2%. Les caisses de pension présentent maintenant un taux de couverture de plus de 100% en moyenne.

Pour terminer, cette nouvelle baisse du taux de conversion représenterait pour une espérance de vie moyenne une perte de plusieurs dizaines de milliers de francs. Les seuls gagnants de l’histoire seraient les assurances et les actionnaires des assurances-vie. De plus les assurances-vie affirment aujourd’hui qu’elles ne peuvent plus garantir un rendement de 4%, alors qu’elles proposent jusqu’à 15% à leurs actionnaires. La vérité, c’est que depuis 1985, les rendements atteignent en moyenne 6,25%.

68 milliards pour les banques et rien pour les rentes des personnes salariées ?

Trop c’est trop, le 7 mars, nous devons dire un non catégorique au vol de nos rentes !

Merci !

PS:

Genève, le 13 février 2010 Jean-Charles Rielle, conseiller national