Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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l’offensive, pas le repli !

jeudi 18 décembre 2008

Article rédigé par le président de la CGAS Hervé Pichelin, lequel a déjà été publié dans le Sit-info du 9 décembre 2008


La votation sur la libre-circulation
des personnes survient en pleine
crise mondiale provoquée, entre
autres… par la libre-circulation
du capital ! Dans l’histoire du
capitalisme, les crises économiques
ont toujours provoqué
des réflexes protectionnistes au
niveau économique. Mais aussi
la montée de réactions de repli,
voire xénophobes, face aux
travailleurs-euses étrangers-ères.

La disparition annoncée de
milliers de postes de travail à travers
le monde en lien avec la crise
financière risque une fois encore
de réveiller de tels sentiments.

Or ce qui frappe dans les différents
plans de "sauvetage" entrepris aux
niveaux national ou transnational,
c’est que les États et le capital semblent
privilégier cette fois les projets
communs et la coordination des
politiques de relance. Quel que soit
le jugement qu’on porte sur ces
milliards de dollars injectés en faveur
des banques, des institutions
financières et des entreprises, il s’agit
juste ici de constater que la solidarité
du capital, liée à la mondialisation
et à l’interdépendance des
économies, joue à plein. Pas de discours
protectionnistes : on valorise
les organisations internationales
comme le FMI ou la Banque mondiale
qui deviennent les champions
de l’interventionnisme après avoir
été les chantres du libéralisme.

Il ne faudrait pas qu’à cette
solidarité du capital réponde la division
des travailleurs-euses. Si
aucune solution politique et économique
ne peut être efficace au seul
niveau national, il en va de même
pour la sauvegarde du marché du
travail. Quelles que soient nos insatisfactions
par rapport aux mesures
d’accompagnement, quel que soit le
fossé encore existant entre les droits
des travailleurs-euses en Suisse et
dans le reste de l’Europe, il ne peut
y avoir de réponse syndicale qui
passe par la fermeture des frontières
ou le contrôle bureaucratique du
marché du travail.

Ce serait pour nos collègues européens
déjà présent-e-s en Suisse
un retour en arrière vers un système
de permis humiliant : obligation de
rester chez le même employeur ou
dans le même secteur durant plusieurs
années, frein au regroupement
familial, et pourquoi pas le
rétablissement du statut de saisonnier…
et pour les Suisses travaillant
en Europe, la fin de la
liberté de travail et d’établissement.
Ce serait surtout renier toutes ces
années de luttes communes entre
Suisses et immigré-e-s sur les lieux
de travail et au niveau politique
pour acquérir de nouveaux droits
ou défendre des acquis.

C’est pourquoi le SIT a choisi le
slogan "Pour être égaux unis et
forts" dans la campagne en faveur
de la libre-circulation. Parce nous
devons répondre à la solidarité du
capital par la solidarité des
travailleurs-euses au travers d’une
offensive commune en faveur de
tous-tes les salarié-e-s.



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