Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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Congrès du Groupement Transfrontalier

message 2002 au Congrès du GTE

Palexpo 23 mars 2002

samedi 23 mars 2002

Il y a un peu moins de cent ans, vers 1905, quand mon grand père est venu de Reignier pour s’établir à Genève et travailler dans les transports publics, on ne lui a rien demandé. Mes parents, mes oncles et tantes étaient à l’école avec des enfants de Valaisans et de Savoyards, de Fribourgeois et de Piémontais, à qui on n’avait rien demandé non plus, que Genève avait attirés et que Genève avait accueillis sans autre. C’est peut-être cela, le véritable esprit de Genève : personne n’est réellement Genevois, et donc tout le monde l’est.

Depuis, les guerres et les crises ont passé par là, avec leur cortège de nationalisme, de xénophobie et de protectionnisme. Et la Suisse s’est refermée sur elle même, en y enfermant aussi un peu Genève, même si Genève a toujours réussi à garder une fenêtre un peu ouverte. Et la Suisse est restée longtemps imperméable à l’ouverture des frontières qui se réalisait partout autour d’elle en Europe.

C’est dire si nous sommes en train de vivre des jours et des mois historiques. Bientôt sera donné le premier coup contre ce dernier avatar du mur de Berlin, avec l’entrée en vigueur des bilatérales, et surtout de la libre circulation.

Mais nous savons que tout ne sera pas facile, et que les bilatérales amèneront leur lot de problèmes. D’abord, elle mettront en évidence les très fortes disparités qui règnent sur un territoire donné – et cela est valable des deux côtés de la frontière. Les questions d’aménagement du territoire, du logement et des transports doivent être au cœur de nos efforts pour avoir un développement harmonieux, solidaire et respectueux de l’environnement, pour éviter que ne se constituent des ghettos. La pénurie de logements abordables est aussi forte à Genève qu’en France. Le territoire genevois est limité. Vos départements ne doivent pas servir de déversoir pour tout ce que Genève ne voudra pas, ou ne réussira pas à accueillir. Il faudra aussi que notre région se dote de transports dignes de ce nom, et en priorité de transports publics. A quoi sert de se battre pour une réduction de l’horaire de travail si on passe le temps gagné dans un embouteillage ou à un arrêt de bus ?

Mais le problème principal de la libre circulation, du point de vue syndical, est bien entendu celui de la possible sous-enchère sociale et salariale. Genève a l’expérience des moyens pour la combattre, et elle est l’instigatrice de ce qui a été mis en place en Suisse au titre des mesures d’accompagnement. Il ne s’agit pas de faire du protectionnisme. Les syndicats genevois n’ont jamais – même si cela a parfois été mal compris – fait de protectionnisme, de discrimination. Ils ont toujours voulu que les intérêts individuels à court terme s’effacent devant l’intérêt collectif. Et cet intérêt collectif, c’est que les conventions collectives soient respectées, que des salaires corrects soient versés à tout le monde, Suisses et étrangers, établis et frontaliers. Dans la mise en place de la libre circulation, une importance primordiale devra être donnée à faire respecter les conventions collectives et en créer de nouvelles, à faire respecter les usages professionnels quand il n’y a pas de convention, et à en faire adopter de nouveaux. Et cela ne pourra être le fruit que de la lutte syndicale, donc de la lutte de l’ensemble des travailleuses et des travailleurs de la région. C’est dans ce sens que je vous apporte aujourd’hui le salut de la CGAS, qui regroupe tous les syndicats du canton de Genève, et donc une bonne partie d’entre vous.

C’est pour vous dire que nous comptons sur vous, NON, que nous comptons sur NOUS.

Nous comptons sur nous :

  • pour nous battre ensemble dans les entreprises, dans les secteurs professionnels pour imposer de
    bonnes conditions de travail, de bonnes conventions collectives ;
  • pour nous nous battre contre tous les bas salaires, pour ne laisser personne dans la précarité ;
  • pour créer une région harmonieuse dans laquelle il fait bon vivre et il fait bon travailler (mais pas trop !) C’est cela que nous voulons faire de NOTRE région.

Georges Tissot – président de la CGAS



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