Communauté genevoise d’action syndicale

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réponse du gouvernement colombien

concernant la liberté d’expression et la participation politique en Colombie

mercredi 29 juin 2016 par Claude REYMOND

Traduction de la réponse du gouvernement colombien à votre lettre de soutien et solidarité avec la Minga


Messieurs,

C’est avec grand honneur que je réponds à votre courrier électronique du 16 juin 2016 dans lequel vous exprimez votre préoccupation pour la situation vécue le dans le cadre de la Cumbre Nacional Agraria, Campesina, Étnica y Popular.

Dans un premier temps j’aimerais vous dire que l’État colombien reconnaît et encourage le travail des défenseurs et leaders paysans et indigènes. Depuis le début de son gouvernement, le président Santos a publiquement exprimé son soutien aux formes de protestation pacifique et à la revendication de droits pour ses populations, car c’est une part essentielle de la construction de la démocratie et de la recherche d’équité sociale, et peut éviter les protestations par voies de fait qui affectent la population en général. De la même manière, le gouvernement national a régulièrement condamné tout acte qui porte atteinte au fait de protester et avoir des revendications sociales. Il a saisi les institutions compétentes afin que des enquêtes soient menées pour éclairer et sanctionner les faits dénoncés et adopter des moyens destinés à garantir la sécurité des leaders et le libre exercice de leur travail de défense des communautés.

Ainsi, le gouvernement national a réitéré sa politique de respect absolu, de non stigmatisation et de discussion avec les défenseurs des droits humains et les leaders paysans et indigènes par une relation de collaboration et d’ouverture. Preuve en est que Monsieur le président de la république a signalé que le « gouvernement a été très ouvert au dialogue, a été en permanence disposé à dialogué en toute circonstance », insistant par un appel aux organisations et aux communautés indigènes à éviter les voies de fait.

En particulier devant les objets de votre communication, je me permets d’exprimer que le 4 juin 2016, les ministres de l’intérieur Juan Fernando Cristo, de l’agriculture Aurelio Iragorri et le haut conseil pour le post conflit Rafael Pardo ont créé un espace de dialogue avec des représentants de la Mesa Nacional Agraria Popular.

Par ailleurs, le ministère de l’intérieur a activé la sous-commission des droits humains pour défendre les droits et étudier les situations spécifiques. Une de ses taches a été de visiter les sites où sont retenues et emprisonnées des personnes suite aux manifestations, ceci avec les Nations Unies et les défenseurs du peuple. Le gouvernement national a également sollicité les organismes d’enquête de mettre à jour les circonstances qui ont menées à la mort des indigènes mentionnés.
De son côté, le ministre de l’agriculture était présent dans le département du Cauca cherchant par le dialogue, une solution immédiate aux blocages sur la route panaméricaine.

Précisément, suite aux situations de blocage de la route panaméricaine, le 10 juin 2016 à Quinamayo, Cauca, les communautés afrodescendantes, autochtones et paysannes membres de la Cumbre Agraria se sont engagées à débloquer totalement la route durant 36 heures, pendant qu’avançaient les accords avec le gouvernement national. Ces dialogues se faisaient en présence du ministre de l’agriculture Aurelio Irragori, et avec
comme garants les représentants de Nations Unies, de la défense du peuple, l’Église catholique, en la personne de Francisco de Roux, et une commission du congrès de la République.

Suite à cette action des organisations, le gouvernement national installera la Mesa Unica Nacional de la Cumbre Agraria et avec les ministères correspondants vérifiera le plein respect de chacun des accords passés et présents, dont les avancée sur le thème de l’agriculture seront représentatifs.

En dernier lieu, il est important de noter que le 12 juin dernier, des accords initiaux ont réussi à être établis entre le gouvernement national et les communautés autochtones, paysannes et afrodescendantes. Et ce, sur des thèmes fondamentaux tels que la garantie de la possibilité de mobilisation sociale, les droits humains, victimes, justice, protection individuelle et collective, territoires, modèles minéro-énergétique et relations villes- campagnes. Ces accords seront régis selon un chronogramme rigoureux. Les accords sont le résultat d’intenses journées de négociation à laquelle participèrent les ministres de l’intérieur, de l ‘agriculture et de l’environnement ainsi que le haut conseiller au post- conflit, et ont permis que le les dialogues se poursuivent sans recourir aux voies de fait.

Finalement, je profite de cette opportunité pour exprimer nos plus sincères remerciements pour l’intérêt que vous portez à la situation de notre pays et vous assure que j’ai noté très attentivement les situations dénoncées et vos inquiétudes.

Cordialement
Paula Gaviria
Conseillère présidentiel pour les droits humains



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