Communauté genevoise d’action syndicale

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lundi 12 avril 2010 20h Uni-Mail, R380

Conférence publique de la sénatrice colombienne Córdoba

vendredi 9 avril 2010 par Claude REYMOND

Face à la montée de la violence le renforcement du dialogue et
des négociations pour une paix juste et durable est plus que jamais
nécessaire


Une situation de violence sans précédents

Actuellement le conflit politique et social qui perdure en Colombie depuis 40 ans, présente un
tableau qui risque probablement de s’alourdir. Plus de 20.000 civils ont perdu la vie (2002 -
2009), la responsabilité est dans 75,4% de ces cas attribuables aux forces armées de l’État
colombien. Quatre (4) millions de personnes déplacées au cours de ces 25 dernières années.
Plus de 180 syndicalistes victimes de disparition forcée. Plus de 2200 ont été tués dont 40
l‘année passée, dans plus de 90% des cas, les responsables présumés n’ont pas été traduits en
justice. 1900 civils assassinés par l’armée colombienne, présentés comme guérilleros morts en
combat. Près de 6 millions d’hectares de terres volées aux paysans les plus pauvres par les
paramilitaires d’extrême droite, protégés par le gouvernement. Et un gouvernement qui nie
l’existence du conflit armé, refuse de reconnaître le statut de « prisonnier politique » et qui n’hésite
pas à octroyer le titre de « terroristes » aux détenus arrêtés pour leurs activités sociales et
politiques.

Echecs et relance du processus de paix

L’échec du processus « Justice et Paix », ainsi que des pourparlers de paix « du Caguan », suivi
de l’arrivée au pouvoir du président Álvaro Uribe en 2002 mais aussi les actions de la guérilla,
ont conduit à des difficultés supplémentaires pour la réalisation de l’accord Humanitaire ou
Echange des prisonniers.
La proposition de l’accord Humanitaire consiste à libérer tant les otages détenus par les Forces
armées révolutionnaires de Colombie (FARC-EP) que les membres de la guérilla détenus par le
Gouvernement Colombien.
Plusieurs acteurs sont intervenus à différents moments dans l’ensemble des propositions pour
arriver à une issue pacifique du conflit qui affecte la Colombie depuis de nombreuses années.

Les acteurs/actrices du processus de paix

Un des acteurs majeurs est la Sénatrice Piedad Esneda Córdoba Ruiz. Cette dernière s’est impliquée
dans la question de l’accord humanitaire entre les FARC et le gouvernement du président Álvaro
Uribe. Membre de l’opposition, elle a été autorisée par le gouvernement à participer à la médiation,
en collaboration avec le président vénézuélien Hugo Chavez, qui a permis la libération unilatérale
de 6 otages politiques détenus par les FARC depuis plusieurs années.


Née à Medellin (Colombie) le 25 Janvier 1955, Piedad Cordoba est une de plus célèbres avocates et
femmes politiques en Colombie.
Elle a été conseillère municipale à Medellin, représentante adjointe à la Chambre du département
d’Antioquia et sénatrice depuis 1994. Membre du Parti libéral et leader de l’organisation « Pouvoir
citoyen », celle-ci se situe à l’aile gauche de son parti. Comme membre du Congrès elle a travaillé
principalement pour le respect des droits de l’homme et plus particulièrement ceux des femmes,
des minorités ethniques et sexuelles.

Piedad Cordoba s’est fait connaître au niveau national depuis le sénat pour ses positions radicales
ainsi que pour ses plaidoiries très remarquées. En 1998, elle a été réélue en tant que sénatrice.
Durant cette période législative, elle a milité pour un règlement négocié du conflit armé, ce qui lui
a valu d’être enlevée sur ordre du chef des Forces d’Auto-défense de Colombie (AUC), Carlos Castaño,
en 1999. Libérée après plusieurs semaines, Piedad Cordoba s’exila avec sa famille au Canada. Mais
elle retourna en Colombie après plusieurs mois pour poursuivre son travail politique. Elle fut par la
suite victime de deux attentats desquels elle sortit indemne.

Lors des élections de 2002, la sénatrice Piedad Córdoba n’a pu mener une campagne libre en raison
de l’action des paramilitaires des AUC dans les régions de Medellin, Antioquia, Pacifique, Bas Cauca.
Mais elle a tout de même réussi à renouveler son siège. En Mars 2006, son conseiller politique,
Jaime Gómez, disparait à Bogota. Vraisemblablement tué par les paramilitaires, son corps présentant
des signes de torture sera retrouvé un mois plus tard.
Néanmoins, elle a continué à travailler pour la libération des otages et a réussi à réunir un groupe
d’intellectuels de divers pays pour entamer un dialogue épistolaire avec les dirigeants des FARC.
Grâce à l’échange de lettres, les FARC ont répondu favorablement aux déclarations de P. Cordoba et
de son groupe de Colombiens pour la paix en décidant de libérer unilatéralement trois policiers et
un soldat ainsi que les deux derniers otages politiques en leur pouvoir. Pour cette libération menée
en Février 2009, Piedad Cordoba avait obtenu l’appui du CICR, du gouvernement brésilien ainsi que
l’autorisation du gouvernement colombien.

Le 11 Mars 2007, Córdoba avait déclaré au symposium Les Partis politiques et une nouvelle ville
dans la ville de Mexico que « les gouvernements progressistes d’Amérique latine doivent rompre les
relations diplomatiques avec la Colombie », car, selon Piedad Cordoba, le gouvernement d’Álvaro
Uribe Velez « manque de légitimité ». Elle a également accusé le président Uribe de « mafia », de »
complice des paramilitaires « et « d’assassin « .
On peut noter aussi que le Prix Nobel de la Paix, Adolfo Perez Esquivel, avait suggéré publiquement
au Comité du Prix Nobel le nom de Cordoba comme candidate pour le Prix Nobel de la paix 2009. La
sénatrice a déclaré ne pas être digne de ce prix, mais elle figurait tout de même parmi les favoris.

Mis à part son implication pour la paix dans le conflit armé en Colombie, Piedad Cordoba est considérée
comme l’une des personnes les plus représentatives du mouvement féministe en Amérique latine. Il
est important de citer également le grand travail qu’elle a mené dans la politique de la santé.
Lors des récentes élections parlementaires du 14 mars dernier, elle a été élue de nouveau comme
Sénatrice et actuellement elle poursuit les négociations pour la libération des prisonniers politiques,
ainsi que des otages aux mains de la guérilla avec le soutien du Comité International de la Croix
Rouge et le mouvement des organisations civiles.
Parce que nous considérons que les négociations qu’elle propose sont un moyen important pour
arriver à une paix juste et durable, nous appelons à soutenir sa démarche et ses engagements
pour la paix.

http://www.piedadcordoba.net/

PS:

Les organisations signataires
de cet appel vous invitent
à la conférence donnée par la
Sénatrice Piedad Córdoba
« Pour la Paix et le respect des
droits Humains en Colombie »
Genève LUNDI 12 AVRIL à 20h00
Uni-Mail • Salle R 380
Bd Carl-Vogt (tram 15-17, bus 1 et 32)
Action populaire contre la mondialisation
(APCM), Association AIPAZCOMUN,
Association Ecuador, Ecuatorianos y
corazones amigos del Ecuador, Communauté
genevoise d’action syndicale (CGAS), Cumbia
América, Groupe de travail Suisse-Colombie,
solidaritéS-Genève, avec le soutien de la Ville
de Genève et Les Etudes genre de l’Université
de Genève.




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