Communauté genevoise d’action syndicale

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Carton rouge contre de nouvelles baisses de rentes et réductions de prestations

lundi 8 mars 2010 par Claude REYMOND

Le rejet (clair) de la baisse des rentes est un grand succès pour tous les travailleurs et travailleuses ainsi que pour les syndicats. Ce NON est aussi un signal fort contre la poursuite du démantèlement de nos assurances sociales. Le Parlement doit maintenant en tirer les conséquences et stopper ses expérimentations dans les révisions de l’AVS et de l’Assurance-chômage. Le self-service du deuxième pilier doit en outre cesser.

Le rejet de la baisse des rentes est un beau succès pour tous les travailleurs et travailleuses ainsi que pour les syndicats genevois actifs dans la campagne référendaire. De concert avec la presse des consommateurs, ils ont lancé en décembre 2008 le référendum contre la baisse du taux de conversion qui a ensuite été soutenu par de nombreux partis et organisations.

Le Conseil fédéral et la majorité parlementaire ont cherché à faire supporter aux assurés LPP les pertes massives des grandes compagnies d’assurance et plus particulièrement de Swiss Life qui a dilapidé des milliards de francs de cotisations LPP avec des placements à risque. Les 15,4 milliards de francs en actions et participations à des hedge funds figurant dans les bilans des assurances à fin 2007 ne valait plus que 7,4 milliards un an plus tard. C’était au contribuable d’éponger les pertes de l’UBS, pour Swiss Life ça aurait du être les assurés. Le peuple a dit non à cette arnaque.

En rejetant la baisse du taux de conversion, les citoyens et les citoyennes ont lancé deux signaux très clairs.

Stopper tout de suite les expérimentations dans les révisions de l’AVS et de l’Assurance-chômage

Un démantèlement de nos assurances sociales est hors de question. Les salarié-e-s ne veulent pas combler les milliards de trou causé par des financiers sans scrupules. Et encore moins quand les bonus et les bénéfices des entreprises atteignent de nouveau des sommets. En clair :

  • Pas de vol des rentes dans l’AVS. Le Parlement doit cesser son exercice de démantèlement.
  • Pas de démantèlement sur le dos des salarié-e-s qui ont perdu leur emploi. Dans les deux cas, les syndicats combattront ces réductions de prestations par un référendum. Il faut au contraire instaurer un impôt sur la fortune et les bonus qui fasse passer les responsables et profiteurs de la crise à la caisse. Il faut aussi introduire un salaire minimum qui garantisse aux gens qui travaillent qu’ils puissent vivre de leur salaire.

La prévoyance professionnelle n’est pas un self-service

Il faut mettre de l’ordre dans le self-service que constitue la prévoyance professionnelle.

  • Les frais administratifs dans le deuxième pilier doivent être abaissés. Au lieu d’engraisser des parasites, l’argent épargné doit revenir aux assurés et aux rentiers.
  • La prévoyance professionnelle est une assurance sociale, pas un business lucratif pour des privés.
  • Il faut empêcher que des conseillers sans scrupules ne poussent les caisses de pension dans des aventures spéculatives risquées : Les Hedgefunds, entre autres, n’ont rien a faire dans la prévoyance professionnelle.
  • Une autorité de surveillance qui remplisse vraiment son rôle doit être créée. La FINMA, trop proche des assurances, a échoué dans cette tache.

L’énorme engagement des militants syndicaux a été déterminant
Des centaines de militants syndicaux ont activement participé à la campagne de votation. Ils ont distribué des milliers de calculateurs de vol de rentes et de tracts et organisé de nombreuses actions. Leur mobilisation a été décisive. Les syndicats avaient en effet dix fois moins de moyens financiers que leurs opposants et pourront compter sur ces forces vives pour les prochains référendums.



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