Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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Impressions de la soirée de soutien à la Boillat de mercredi 29 Mars au bistr’Ok.

La Boillat parle aux Genevois

jeudi 30 mars 2006 par Claude Briffod

De l’exposé des invités, ressort le témoignage de personnes qui aiment leur travail, qui aiment leur usine et qui sont déterminés à la faire vivre afin de pouvoir fournir des produits dont la qualité est reconnue et recherchée et ce, malgré la volonté destructrice et avide de quelques financiers dont le seul intérêt est l’accroissement de leur profit personnel. Les ex-grévistes de Reconvilier n’ont rien contre les patrons bien au contraire, s’il s’agit de vrais entrepreneurs et pas de financiers profiteurs.

La discussion qui a suivi fournira d’autres arguments démontrant l’incongruité et l’ineptie du démantèlement de la Boillat, une usine équipée pour le retraitement de ses déchets et respectant les normes fédérales, une usine qui a un carnet de client plein, une usine capable de fonctionner hors Swissmetal, une usine qui n’a pas peur de la concurrence.

Mais le débat n’est pas resté axé sur la Boillat, car son cas n’est pas un cas isolé, ni temporellement ni géographiquement. Toutes les régions de Suisse (et pas seulement de Suisse) ont connu ou connaissent ce type de sacrifice sur l’autel du profit. La particularité du cas de la Boillat est non seulement le formidable élan de solidarité qui a suivi mais aussi comme l’a dit une des invitées : c’est "les cols bleus et les col blanc unis", unis contre le vandalisme financier.

Une des interrogations les plus présentes de la soirée était "que peut-on faire ?", que peut-on faire dans un pays caractérisé par l’impuissance des pouvoirs publiques face aux pouvoirs économiques, un des rares (le seul ?) pays d’Europe où on peut facilement licencier des délégués syndicaux (même en période de médiation), un pays où le pouvoir politique avoue n’avoir pas le pouvoir d’empêcher légalement le démantèlement de son tissu industriel (ce alors qu’il a eu le pouvoir d’investir 2 milliards dans le gouffre de Swiss).

Une des réponses est donnée par les Boillats, il faut résister et démontrer le ras-le-bol général de la suprématie du profit à court terme et de la spéculation sur le travail et la production en allant en masse à Berne le 8 avril. Les Boillats ont mis le pied dans la porte, profitons-en pour nous y engouffrer.

Une autre réponse serait peut-être d’utiliser notre appareil démocratique afin de doter nos dirigeants de moyen d’intervention contre ce terrorisme financier.

Une proposition du secrétaire de la Communauté genevoise d’action syndicale est de faire projet de pétition au gouvernement bernois pour qu’il exerce le droit de préemption de l’Etat de Berne. J’ai profité de cette soirée pour transmettre cette proposition aux Boillats présents qui m’ont dit que c’était une très bonne idée et un argument de plus à amener à Berne.

Allons tous à Berne pour sauver la Boillat et pour doter nos autorités de moyens d’agir.