Communauté genevoise d’action syndicale

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procès-verbal de la séance de coordination USCG du 28 février 1991 concernant la grève des femmes

jeudi 28 février 1991 par Claude REYMOND

Présentes des représentantes de la FTMH, FCTA, SLP, SSP-VPOD, SEV- TPG, le bureau de l’USCG est représenté par 3 de’ ses membres.

On constate l’absence de diverses sections, dont celles du personnel fédéral. Le bureau de l’USCG se charge de contacter ces sections et d’attirer leur attention sur l’importance de cette journée décidée à l’unanimité par le Congrès de l’USS.

INFORMATIONS DIVERSES

Une conférence de presse de l’USS a eu lieu le 7 mars au niveau national pour ouvrir la campagne sur cette grève des femmes.

L’USS a sorti une brochure commune aux différentes fédérations.

Des informations sont données sur les diverses manifestations prévues en Suisse romande.

TOUR DE TABLE

Un tour de table permet de mettre en évidence les conditions existant dans les différents secteurs et les résultats des premières discussions sur la manière d’envisager la journée.
D’une manière générale, il apparait au premier abord difficile de faire une journée entière de grève voire une demi-journée, mais la discussion doit se poursuivre. Plusieurs estiment réaliste d’envisager des arrêts de travail d’une ou de deux heures.

D’autres, comme la représentante de la FTMH, considèrent que l’arrêt du travail sera difficile et qu’il faudra élargir la pause de midi en refusant de travailler au-delà des plages obligatoires de l’horaire. Le travail dans l’entreprise s’en trouvera forcément désorganisé.

Des pique-niques décentralisés sont envisagés, parfois sur une base intersyndicale. Dans les établissements hospitaliers, l’arrêt de travail sera envisagé entre 13 et 15 heures.

Il convient de travailler partout où c’est possible sur la perspective d’un arrêt de travail et de ne pas partir à priori sur une hypothèse basse.

La question du contenu est posée et de l’accent à mettre sur différents points. (Egalité des salaires, femmes dans fonctions les plus mal payées, pyramide hiérarchique différente, partage des tâches.) La discussion doit se poursuivre, notamment en relation avec la consultation sur le projet de loi qui vient d’être mis en discussion par le Conseil fédéral.

TPG
La section attend une rencontre entre l’USS et la SEV- TPG qui doit définir les grandes lignes de la journée.?La section a commencé à discuter sur les modalités pratiques de la journée. Les femmes sont 150 sur 1200 employés TPG (80 sur les 800 "roulants").
Un comité du cartel SEV-TPG sera consacré a cette journée du 14 juin.

SLP
Les représentantes du SLP estiment qu’il sera difficle de mobiliser les femmes pour une grève d’une journée. Elles envisagent de tenir une réunion Dendant les heures pour revendiquer une amélioration des conditions de travail des femmes. Au niveau de la section, elles pensent constituer un groupe de travail et exploiter les résultats de la plainte des femmes du SLP sur l’égalité des salaires dans la reliure. La Justice leur a en effet donné raison.

SSP-VPOD
Dans l’ensemble, il existe une égalité de salaires a
fonction identique dans le secteur public. Par contre, les femmes se concentrent dans les fonc ions les plus mal pay- ées. La pyramide hiérarchique est parlante à ce sujet. La question du partage des tâches est également à l’ordre du jour. Une assemblée générale des femmes du SSP-VPOD Genève aura lieu le 14 mars ; une autre assemblée sera organisée à l’hôpital cantonal.
Un questionnaire est lancé pour sensibiliser les femmes sur la question de la grève.?L’articulation entre hommes et femmes a été discutée, le problème est ouvert mais une pétition de soutien à la grève deS femmes sera probablement lancée.
Une brochure est envisagée.

FTMH
Un comité horloger élargi a été réuni à ce sujet. Une trentaine de personnes, dont la moitié étaient des femmes,y ont participé.?La FTMH s’oriente vers une perturbation de la journée de travail sous toutes les formes imaginables. Il faut mettre un grain de sable dans la production.?Dans certains types d’usine ou existe l’horaire libre ou bloqué, un appel sera lancé à ne travailler que pendant la période bloquée. Les machines ne tourneront pas pendant le temps où elles tournaient d’habitude.
Des idées ont été avancées pour décorer la rue ou les voitures, notamment avec la couleur de la grève.
Les hommes devraient porter le siane de la grève (badge ou une couleur donnée).
Là où existe des commissions ouvrières, elles demanderont qu’une séance du comité d’entreprise ou de la commission ouvrière ait lieu centrée sur la quesiton des conditions de travail des femmes.
Un pique-nique gréviste sera organisé à midi dans les zones industrielles, de manière décentralisée, près des lieux de travail (soupe populaire). Des collaborations intersyndicales seront envisagées dans ce but.
Un bulletin d’information des femmes de la FTMH sortira plusieurs fois d’ici au 14 juin et mentionnera les suggestions, les idées ainsi que le programme des activités de la journée. La FTMH se prononce pour une fête le soir.

FCTA
La premlere réunion aura lieu le 6 mars au niveau national. Des propositions seront formulées. 1/4 des membres de la FCTA sont des femmes, mais les gens ne sont pas faciles à mobiliser dans ces secteurs, que ce soit dans la vente ou l’hôtellerie.

La discussion a porté aussi sur l’articulation et la détermination des compétences respectives entre cette COORDINATION FEMMES USCG (qui discutera avant tout de la traduction de la journée sur les lieux de travail - en particulier de la grève - et de la coordination entre les sections de l’USCG) et d’autre part la réunion du 5 mars à laquelle ont été conVlees toutes les organisations féminines (l’ensemble des participantes déplorent cependant que les représentantes du Bureau de l’Egalité genevois n’aient pas été convoquées) et qui devrait se constituer en "COLLECTIF DU 14 JUIN".
Ce collectlf discutera plus particulièrement des activités communes de la journée. (manifestation et fête en particulier, mais aussi actions de sensibilisation à la journée). Les participantes à la réunion estiment qu’il sera nécessaire de prévoir un moment fort qui réunira toutes les femmes en fin de journée à 16 h 00 ou 16 h 30 dans une manifestation.
Une fête devrait se tenir en fin de journée et le soir.
Parmi les actions de sensibilisation, diverses possibilités sont mentionnées :
- La journée du 8 mars. La soirée du 8 mars est consacrée à la solidarité avec les femmes réfugiées. A l’ occasion d’une soupe- manifestation à la Fusterie, un tract sur la grève des femmes sera distribué.
- Le 20 avril aura lieu une coordination nationale du SSP-VPOD sur la grève des femmes.
Le 20 avril aura lieu une réunion au niveau des organisations de femmes à Genève, au centre de la Jonction. (Table ronde sur la pauvreté, le logement, le divorce, la formation professionnelle, leurs incidences particulières sur les femmes).
- Le 1er mai sera centré sur la grève des femmes du 14 juin. Un tract doit être diffusé à cette occasion. Il faut profiter de cette journée pour stimuler et élargir la mobilisation.
- Des stands dans la rue sont envisagés dans les semaines qui précèderont le 14 juin ainsi que d’autres actions symboliques.

ORGANISATION ?

La discussion a porté sur plusieurs points d’organisation.
- Le groupe COORDINATION FEMMES USCG doits’organiser. Ce procès- verbal a été établi par un membre du bureau USCG. Dorénavant, la coordination désignera sa responsable de séance et une personne responsable du procès-verbal.
- Les personnes présentes ont été d’avis qu’une présence de représentants du bureau de l’USCG est néanmoins souhaitable lors des réunions pour interpeller les sections non représentées, soutenir l’activité des femmes de la coordination et coordonner les décisions de ce groupe avec celles du comité USCG.

FINANCES

Le groupe doit fait une proposition de budget à l’USCG. Malgré ses problèmes financiers, cette dernière devra faire un effort sur ce plan pour assurer la réussite de la journée.

Une personne de contact par syndicat a été désignée en cas de décision urgente, ce sont

FTMH Anne-Marie BRUNNER
SLP Paula ANDREETTA
SEV-TPG Pascale BLONDEAU
SSP-VPOD Christine TOUlL
FCTA Patricia ADLER

Une remarque acceptée dans le groupe. Dans les convocations ne pas faire figurer le féminin entre parenthèse mais avec un tiret (travailleur-euse).

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