Communauté genevoise d’action syndicale

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Genève accueille la Journée mondiale du droit de grève

jeudi 19 février 2015

TRAVAIL • A l’appel des syndicats suisses et genevois, plus d’une centaine de personnes se sont mobilisées hier pour la défense du droit de grève.

article Le Courrier du 19-02-2015 par SYLVIA REVELLO

Midi sur la place des Nations à Genève. Les discours s’enchaînent, rythmés par le son des tambours qui réchauffe l’atmosphère. A l’occasion de la Journée mondiale de défense du droit de grève, une cinquantaine de personnes sont réunies pour réaffirmer l’importance de ce droit fondamental, trop souvent bafoué. Au sein des services publics, comme des organisations internationales. Pour tenter de mettre fin à ces attaques répétées, la Communauté genevoise d’ac- tion syndicale (CGAS) et l’Union syndicale suisse (USS) ont officiellement interpelé les milieux patronaux par courrier.

photo Demir SONMEZ

Un droit remis en cause

Organisé par la Confédération syndicale internationale, l’événement fait écho à la prochaine réunion de l’Organisation internationale du travail (OIT), dont le siège est à Genève, qui se tiendra le 23 février. « Au sein de l’OIT, les travaux de la Conférence internationale du travail sont actuellement bloqués par les organisations patronales, déplore Luca Cirigliano, secrétaire central de l’USS. Objet d’un consensus politique et juridique depuis plus de cinquante ans, le droit de grève est aujourd’hui remis en question. » Directeur général de la Fédération des entre- prises romandes (FER), Blaise Matthey pilote la délégation suisse à l’OIT. « Nous lui demandons d’agir auprès des milieux patronaux pour que les discussions reprennent. Le partenariat social comme le droit à la mobilisation pour les travailleurs doivent être respectés. »
Après une brève visite devant les missions d’Angola, d’Inde et de Turquie – pays où le droit de grève est inexistant –, la journée se poursuit au Café
A l’occasion de la Journée mondiale de défense du droit de grève, une cinquantaine de personnes se sont réunies à la place des Nations. JPDS

photo Demir SONMEZ

Gavroche, en compagnie de représentants de syndicats internationaux, suisses et genevois, mais également d’anciens travailleurs licenciés pour avoir participé à une grève. Témoignages de vies brisées à travers lesquels se dessine un message de solidarité.

Au niveau genevois, la CGAS vient d’adresser un courrier à l’Union des associations patronales genevoises (UAPG), « qui avait récemment qualifié la grève des Transports publics genevois (TPG) d’illicite, illégale, politique et préventive », précise sa présidente Manuela Cattani. « Deux projets de loi actuellement déposés au Grand Conseil visent à réduire le droit de grève pour les salariés des services publics en instaurant un service minimum obligatoire. Nous exigeons que l’UAGP fasse pression sur ses lobbys politiques pour que ces textes soient retirés. » A ses yeux, le patronat genevois joue un double jeu, en prônant le partenariat social tout en attaquant un droit syndical fondamental.

Protéger les grévistes

Président du Cartel intersyndical du personnel de l’Etat et du secteur subventionné, Patrick Flury insiste sur la définition mouvante du service minimum. « Les milieux patronaux utilisent ce prétexte pour casser le mouvement. Or, le service minimum n’est obligatoire que pour les secteurs vitaux d’aide à la population. » Et M. Flury de souligner que, dans certains contrats de prestations, les effectifs prévus pour un service minimum sont supérieurs aux effectifs habituels.

photo Demir SONMEZ

A l’échelle nationale, les syndicats souhaitent protéger les grévistes – et en particulier les délégués syndicaux – contre d’éventuels licenciements. « Les deux plaintes déposées devant l’OIT dans ce but, en 2003 et 2012, n’ont pas abouti, rappelle M Cirigliano. Les licenciements qui ont suivi les grèves récentes au sein de l’entreprise de catering Gate Gourmet, de l’hôpital de la Providence à Neuchâtel, ou encore de la chaîne de distribution Spar prouvent pourtant la nécessité d’agir. » Un projet d’initiative est actuellement en cours d’élaboration et devrait être présenté prochainement (lire notre article du 15 octobre 2014). « Le texte vise à combler le vide juridique actuel, indique Umberto Bandiera, secrétaire syndical à Unia. Nous souhaitons inscrire dans la loi l’interdiction de se séparer d’un ou de plusieurs employés pour cause de grève. Actuellement, l’employeur qui licencie dans ces conditions ne risque rien. » I



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