Communauté genevoise d’action syndicale

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Contre la préférence nationale, cantonale et communale

droits égaux pour tous-tes les chômeurs-euses et de vraies mesures de lutte contre le chômage

jeudi 27 novembre 2014

A la presse et aux médias le 27-11-2014

La CGAS critique les initiatives des autorités cantonales et communales dites de « priorité aux chômeurs-euses » dans le secteur subventionné au niveau cantonal annoncées le 21 novembre par le Conseil d’Etat d’une part, et la convention sur l’emploi signée entre les communes de Vernier, Meyrin, Grand-Saconnex et l’entreprise Swissport annoncées le 19 novembre d’autre part.

Sous couvert de « bon sens », la directive cantonale élargit la priorité donnée aux résident-e-s du canton de Genève en matière d’embauche à l’Etat et dans le secteur subventionné. Pour la CGAS, il n’y a aucun « bon sens », de la part d’autorités cantonales ou communales à prendre des mesures qui stigmatisent les chômeurs-euses non résidents-es, font porter la responsabilité du chômage aux non-résidents-es et aux immigrés-es plutôt que sur les patrons qui licencient, précarisent l’emploi, délocalisent, créent le dumping salarial en refusant de respecter les minimums salariaux prévus dans les CCT et les CTT. Ce type de mesure légitime les discriminations et la montée de la xénophobie et tend à diviser et monter les sans-emploi les uns contre les autres.

Pour la CGAS, les autorités font gravement fausse route. Elles ne peuvent pas d’une part prôner le Grand Genève, le refus d’Ecopop et l’ouverture à l’Europe et d’autre part mettre en œuvre des mesures discriminatoires à l’égard de non-résidents du Canton ou pire encore d’une commune.

Selon la CGAS, les autorités feraient mieux d’admettre concrètement la réalité transfrontalière. Et d’admettre que Genève ne fait pas qu’exporter sa crise du logement avec les 50’000 genevois qui habitent en France voisine, Genève exporte 1/3 de son chômage compte tenu des environs 8’000 chômeurs-euses résidants-es dans l’Ain et la Haute Savoie qui ont perdu leur emploi à Genève. Les frontaliers qui ont perdu leur emploi à Genève ont contribué à la création de richesses autant que les résidents suisses, immigrés, sans papiers. Il n’y a donc pas de raison, si ce n’est celle de fomenter la recherche de boucs émissaires, de ne pas leur accorder les mêmes droits, y compris celui d’être soutenu dans l’accès à l’emploi.

La CGAS rappelle que cette dimension d’égalité de droits sans considération de passeports et de résidence est inscrite dans le projet de loi en matière d’emploi et de chômage déposé le 22 août passé devant le Grand Conseil par les partis de l’Alternative.

En matière de lutte contre le chômage, il prône des mesures bien plus efficaces que celles de la discrimination. C’est en renonçant aux politiques d’austérité qui diminuent l’emploi dans les services publics et le secteur subventionné qu’on combat le chômage et que l’on favorise le développement économique. C’est la création d’emploi, et de vrais emplois avec de vrais salaires, qui permet de lutter contre le chômage. C’est le soutien personnalisé et l’élargissement du droit à la formation qui peut repositionner les chômeurs sur un marché de l’emploi frappé par le chômage structurel.

Et pour concrétiser la dimension transfrontalière, la CGAS appelle les autorités et les offices de emplois à établir la bonne collaboration au profit du soutien aux chômeurs des deux côtés de la frontière.

Toutes ces propositions, ainsi que d’autres, sont contenues dans le projet de loi de l’Alternative soutenu par la CGAS toujours en attente de traitement devant le Grand Conseil.



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