Communauté genevoise d’action syndicale

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Nouvelle constitution-compromis boiteux

dimanche 28 octobre 2012

Paru sous rubrique « Invité » dans le Courrier des lecteurs de la Tribune de Genève du samedi-dimanche 27-28 octobre 2012

Nous voici donc à l’aube de la nouvelle ère politique promise à Genève.

Acquise de justesse, à quelque 3’000 voix près, sur les 240’000 que compte le corps électoral genevois, cette désormais nouvelle constitution, compromis boiteux entre partisans ayant senti le vent du boulet, et se soulageant dès l’annonce du résultat dans d’indécentes embrassades entre adversaires politiques présumés, avant de sabler le champagne au tripot, n’aura donc été acceptée que du bout des lèvres. C’est même le surcroît de participation des quartiers résidentiels qui a évité au résultat de basculer pour le NON recommandé par les avocats des bas loyers. Malgré le déferlement propagandiste ayant tenu lieu d’information du public depuis début 2012, les alliés de queue de Constituante se sont montrés incapables de mobiliser plus du tiers de l’électorat, alors que 40% de la population était, pour défaut de passeport, écartée une fois encore d’un scrutin fixant ses droits de participer à la vie civique du canton. On retiendra pour mémoire l’équation 75% de constituants ne représentent tout compte fait guère plus de 15% d’électeurs.

La campagne unitaire du front du refus de gauche, nécessairement virulente pour espérer contrer ce qui tenait de l’étouffoir, et malgré d’inévitables excès ou approximations anodines face aux énormités d’en face, a manqué de peu avoir raison de l’arrogance satisfaite de coalisés regroupant pratiquement tout ce qui comptait de politiciens en place. Soutenue à bout de bras militants, avec l’aide appréciée de quelques vétérans, nous sommes particulièrement fiers et heureux d’y avoir, avec ViVRe [1], tenu notre rang, et à notre place contribué.

Bien entendu, la congénitale débilité du nouvel édifice juridique n’affecte pas sa légitimité institutionnelle. Les futurs combats démocratiques, nécessaires à lever équivoques et régressions du texte finalement adopté, risquent de lui donner rapidement un air de familiarité au patchwork qu’était devenu l’ancien, pourtant autrement légitime il y a 165 ans, et couturé depuis de laborieuses conquêtes. Nous verrons à l’usage si les droits fondamentaux instillés et les bonnes intentions arborées se révèlent de quelque appui pour contrer les freins institutionnels à la démocratie directe et à l’intervention populaire accompagnant un texte de tonalité incontestablement raboteuse.

Nous verrons aussi de quelle portée seront les blessures infligées par les coalisés de la dernière heure au tissu syndical et associatif genevois, lacéré sans scrupules par une poignée de fiers-à-bras. En revanche, on ne peut que se féliciter de la dynamique ayant animé ce milieu avec l’appui d’une gauche radicale rompue de longue date aux campagnes de résistance. On se prend même à espérer que l’expérience du marathon final l’aidera à desserrer le garrot du quorum législatif à 7% dont la droite a refusé de démordre et qui étrangle une diversité qui honore cette fraction plus qu’elle ne l’accable.

Dario CIPRUT Militant et chercheur indépendant

[1ViVRe (Vivre, Voter, Représenter) est un collectif favorable à une redéfinition de la citoyenneté cantonal ouverte aux résidents étrangers. Voir le site www.campagnevivre.ch pour plus de détails.



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