Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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RÉSOLUTION de l’assemblée de délégué-e-s du 29 juin 2006

renforcer les liens entre syndicats algériens et suisses

vendredi 30 juin 2006 par Claude REYMOND

A l’issue des rencontres qui se sont tenues à Genève du 7 au 9 juin 2006 et à Berne le 7 juin entre représentants des syndicats autonomes algériens et des syndicats genevois et suisses, la Communauté Genevoise d’action syndicale (CGAS) :

1. Condamne avec force les restrictions aux libertés syndicales frappant les syndicats autonomes, la répression s’abattant sur leurs militants et leurs cadres, l’instrumentalisation politique de la justice pour trancher des affaires internes aux syndicats autonomes.

2. Réprouve le maintien par l’arbitraire et la répression d’un monopole syndical de fait, ne correspondant plus en rien à la représentativité réelle des diverses organisations syndicales sur le terrain, telle que les mesurent les mouvements de lutte engagés par les syndicats autonomes.

3. Appelle le gouvernement algérien à respecter les engagements pris par la signature, en 1962, des conventions n°87 et n°98 de l’OIT protégeant les libertés syndicales et les travailleurs qui entendent les exercer, et de tous les conventions "fondamentales" qui traitent de questions considérées comme des principes et des droits fondamentaux au travail : liberté syndicale et reconnaissance effective du droit de négociation collective, élimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire, abolition effective du travail des enfants, et élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession.

4. Appelle les syndicats suisses à exprimer leur solidarité avec les syndicats autonomes algériens.


REPONSE DU GOUVERNEMENT SUISSE À UNE INTERPELLATION PARLEMENTAIRE SOCIALISTE-VERTE SUR LA SITUATION DES DROITS HUMAINS (ET EN PARTICULIER DES DROITS SYNDICAUX) EN ALGÉRIE

L’INTERPELLATION 06.3397 : Algérie. Graves menaces sur les droits syndicaux Déposée par Jean-Claude Rennwald (PS, Jura) le 23.06.2006, cosignée par quatre députés socialistes et verts

Le Conseil fédéral est prié de répondre aux questions suivantes : 1. A-t-il connaissance de la situation économique et sociale très grave, ainsi que des atteintes persistantes et répétées aux droits syndicaux en Algérie ? 2. Dans quelle mesure oeuvre-t-il à l’amélioration sensible des conditions de vie du peuple algérien ici mises en cause ? 3. Quelle contribution pense-t-il apporter au respect et à la promotion des droits syndicaux en Algérie ?

Développement

La situation économique et sociale est très grave en Algérie. Les salaires stagnent ou baissent à un niveau très bas vu les prix, moins de 300 francs par mois en moyenne ; le chômage frappe quelque 30 pour cent de la population ; le taux d’occupation des logements, très difficiles à obtenir, est supérieur à sept personnes en moyenne ; les budgets de l’éducation et de la santé se sont réduits en quinze ans comme peau de chagrin, chacun de plusieurs pourcents du PIB. Et tout cela se passe en dépit du flux continu de la manne résultant de la vente du pétrole et du gaz, dont les revenus passent on ne sait où, ou plus exactement on ne s’en doute que trop. Les plus flagrantes violations résident sans doute dans le mépris total des libertés syndicales : en dehors du syndicat étroitement lié au parti dominant, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), il est quasiment impossible d’exercer convenablement une activité de ce type sans encourir des mesures comme la suspension ou la perte de son emploi, des poursuites judiciaires, des assignations, des interdictions de voyage, en particulier dans la fonction publique.

RÉPONSE DU CONSEIL FÉDERAL (gouvernement suisse) le 06.09.2006

1. Les problèmes de l’Algérie mentionnés par l’auteur de l’interpellation sont connus du Conseil fédéral. Les nombreuses difficultés socioéconomiques et politiques que connaît le pays, comme le manque d’infrastructures et la pénurie d’eau, de travail et de logements, suscitent le mécontentement des Algériens, qui s’est souvent traduit ces dernières années par des manifestations, des grèves et des mouvements de protestation violente. Des journalistes, des militants de la société civile et des syndicalistes sont victimes d’actes de harcèlement et de tentatives d’intimidation, et courent constamment le risque d’être incarcérés. Des organisations indépendantes, parmi lesquelles figurent différents groupes de défense des droits humains et des syndicats libres, se voient souvent refuser l’autorisation d’organiser des rassemblements publics. Le DFAE analyse régulièrement la situation des droits humains en Algérie, et les questions ayant trait aux droits humains sont abordées avec les autorités algériennes dans le cadre de discussions menées au niveau gouvernemental.

2. Les organisations de la société civile algérienne sont soit fortement contrôlées par le gouvernement, soit constituées par des partis d’opposition, ce qui rend un partenariat direct avec ces dernières très difficile. C’est la raison pour laquelle, la Suisse et notamment la Direction du développement et de la coopération du DFAE (DDC) a décidé de travailler avec le gouvernement dans ses efforts d’appui aux réformes, afin d’avoir un impact sur l’exercice du respect des droits humains ainsi que sur l’application de conventions ratifiées par le gouvernement algérien. Dans des secteurs tels que l’environnement et la formation, la Suisse veille à une participation accrue de la population. En général, la Suisse jouit d’une grande confiance de la part du gouvernement algérien, ce qui lui permet d’utiliser son influence en ce qui concerne la situation des droits humains.

3. L’Algérie est partie au Pacte de l’ONU relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (pacte I). Cet instrument de protection des droits humains règle également les droits des syndicats, à l’article 8. Le droit international est la pierre angulaire de la politique de la Suisse en matière de droits humains. La Suisse et l’Algérie mènent des consultations politiques à haut niveau, qui permettent d’évoquer, dans un climat de confiance, différentes questions. C’est dans ce cadre que le Conseil fédéral et les autorités suisses continueront d’attirer l’attention de leurs interlocuteurs sur le devoir de l’Algérie, en tant qu’Etat partie, de mettre en oeuvre les conventions relatives aux droits humains, notamment le pacte I de l’ONU.

PS:

Message transféré De : "info@algeria-watch.org (by way of \"CSSI-Troubles (Pascal Holenweg)\" )" Date : Tue, 03 Oct 2006 22:11:22 +0200

Objet : Situation des droits humains en Algérie : L‚intérêt du Parlement Suisse

Situation des droits humains en Algérie L’intérêt du Parlement Suisse El Watan, 1 octobre 2006 Vivement interpellé, il y a près de trois mois par des députés socialistes, le Conseil fédéral suisse se montre profondément préoccupé par ce qui se passe en Algérie en matière des droits humains.

Dans sa réponse écrite aux questions de deux députés socialistes formulées en juin dernier sur les atteintes répétées aux droits de l’homme en Algérie, le Conseil fédéral a bien souligné tout l’intérêt qu’il porte à ce qui se passe dans ce pays. Il a en effet précisé avoir eu connaissance de la dégradation de la situation des droits humains et des nombreuses difficultés socioéconomiques et politiques que connaît l’Algérie telles que « le manque d’infrastructures, de travail, de logement et les pénuries récurrentes d’eau ». Il a, à l’occasion, dénoncé le harcèlement que subissent les journalistes, les syndicalistes et les militants de la société civile. Le Conseil fédéral n’a pas omis de noter que les organisations de la société civile algérienne sont soit fortement contrôlées par le gouvernement, soit constituées par des partis d’opposition. Selon lui, cela rend difficile un partenariat direct avec ces dernières. Tentant de rassurer les parlementaires suisses, le Conseil fédéral a indiqué que le gouvernement de son pays a décidé d’« œuvrer pour avoir un impact sur l’exercice du respect des droits humains ainsi que sur l’application de conventions ratifiées par le gouvernement algérien ». Il estime ainsi que la Suisse, qui jouit d’une grande confiance de la part du gouvernement algérien, compte contribuer à l’amélioration de la situation des droits humains dans le pays. Exprimant son inquiétude, le Conseil fédéral dit attendre des autorités algériennes qu’« elles examinent sérieusement les plaintes concernant des cas de disparition, d’arrestations arbitraires et de torture ». Dans le même sillage, il indiquera que la situation des droits de l’homme en Algérie a été régulièrement analysée par le département des Affaires étrangères (DFAE). Souvent, de telles questions, précisera-t-il, sont abordées avec les autorités algériennes dans le cadre de discussions menées au niveau gouvernemental. Selon lui, la Conseillère fédérale Mme Micheline Calmy-Rey a pleinement évoqué lors de sa dernière visite à Alger le 3 juin dernier les problèmes relatifs aux droits humains, notamment la torture et les violations des droits des femmes. Il souhaite ainsi que le renforcement des relations bilatérales entre l’Algérie et la Suisse jouera un rôle primordial dans ce domaine. Il faut rappeler que les deux députés, auxquels le Conseil fédéral a répondu, se sont interrogés sur ce que pourrait faire leur gouvernement afin que les atteintes aux droits humains cessent en Algérie et que la vie quotidienne des citoyens s’améliore.

M. A. O.


Fin du message transféré




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