Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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Pakistan : interventions urgentes

vendredi 9 novembre 2007 par Claude REYMOND
Mission permanente de la République islamique du Pakistan
auprès de l’Office des Nations Unies
et des institutions spécialisées à Genève
Rue de Moillebeau 56 (4ème étage)
Case postale 434
1211 Genève 19
 
9-11-2007
Libération de tous les emprisonnés

et rétablissement des libertés démocratiques

Excellence, Mesdames, Messieurs,

Le 3 novembre, l’état d’urgence a été décrété au Pakistan. Dans les jours qui ont suivi, les arrestations se sont multipliées. Les manifestations ont été interdites, les droits constitutionnels suspendus.

...La presse et les avocats sont fortement réprimés... Le Président de la cour suprême est en résidence surveillée (ce n’est pas officiel). Le président du barreau de la Cour suprême (Aitzaz Ahsan) et deux de ses prédécesseurs, Messieurs Muneer Malik et Tariq Mahmood, ont été emprisonnés pour un mois, sous le coup des lois de détention préventive...

J’ai pour charge de vous informer que la Communauté genevoise d’action syndicale appuie la demande des organisations syndicales et démocratiques du Pakistan

  • pour que soit levé sans délai l’Etat d’urgence,
  • pour que l’ensemble des emprisonnés soient relâchés,
  • pour que soit assuré le droit de manifestation et le droit d’association.

La CGAS entend apporter en particulier son soutien et sa solidarité à l’ensemble des organisations syndicales du Pakistan.

Par ailleurs, des élections étant prévues pour janvier 2008, considérant qu’elles ne doivent pas être ajournées, que la loi martiale et l’emprisonnement des opposants démocrates actuels sont loin de garantir l’exercice d’un vote libre et juste à vos compatriotes, nous vous demandons d’intervenir auprès des instances de votre gouvernement pour qu’il respecte la Constitution.

Vous qui vivez sur notre continent, vous savez combien la tyrannie est honnie et que les peuples ont toujours su et pu y mettre un terme. Aussi, nous osons espérer que vous aurez le courage de transmettre à qui de droit nos fermes revendications déclarées plus haut et qu’il vous plaira - ce faisant - de contribuer à juguler les vecteurs du chaos qui présentement affecte la société pakistanaise.

Nous vous adressons, Excellence, Mesdames, Messieurs, nos respectueuses salutations.

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2007-11-09cgas_Pakistan_democratie.pdf
PS:

Une déclaration de
l’All-Pakistan Trade Unions Federation (APTUF)

“ Nous tenons à faire savoir que la situation est critique ”

Le 3 novembre, le général Pervez Musharraf, dictateur militaire qui gouverne le Pakistan, a décrété l’Etat d’urgence, suspendant la Constitution et imposant un Décret de Constitution Provisoire. Musharraf a justifié ce qui équivaut à la loi martiale en parlant d’une “ montée en puissance du militantisme islamiste ” et de “ l’intervention croissante du pouvoir judiciaire dans le fonctionnement du gouvernement ”. Il a également renvoyé tous les juges de la Cour Suprême. Parmi les juges qui ont ainsi été renvoyé figure le Juge Suprême Iftikhar Mohammad Chaudhry que Musharraf avait déjà renvoyé cette année et qu’il avait été forcé de réintégrer dans ses fonctions sous la pression des manifestations de protestations. Les forces militaires ont rapidement encerclé les bâtiments de la Cour Suprême et ont arrêté des juges qui sont maintenant assignés à résidence ; toute communication avec l’extérieur est coupée. Les forces de sécurité pakistanaises s’en sont violemment pris aux manifestants qui défilaient contre la loi martiale avec à leur tête les juges. Des milliers de juges, avocats et personnels de justice, de militants, de syndicalistes de militants des droits de l’homme, de personnalités des partis de l’opposition ainsi que d’autres ont été arrêtés. Le gouvernement militaire a sévèrement restreint la liberté de la presse. Une douzaine de radios ont été interdites d’antenne. Même les émissions de stations de pays impérialistes comme la BBC et CNN ont été interrompues.

La veille du jour où la loi martiale a été imposée, des personnels techniques de Pakistan International Airlines étaient en grève pour réclamer des augmentations de salaires et l’amélioration de leurs conditions de travail. 92 vols aussi bien locaux qu’internationaux ont été annulés à cause de la grève. Il y a recrudescence de manifestations ouvrières particulièrement parmi les électriciens, les travailleurs dans les secteurs des télécommunications, de l’eau, chez les cheminots, dans la confection et d’autres. Ces derniers mois, différents secteurs de la population pakistanaise se sont levés contre la dictature ce qui inquiète Musharraf et les USA qui le soutiennent. Depuis la formation de ce pays en 1947, ce pays est gouverné par un gouvernement compradore, pion indispensable sur l’échiquier de la politique impérialiste dans la région.

Les travailleurs pakistanais ont subi la perte de milliers d’emplois à cause des privatisations et des restructurations ce qui les a plongé dans la misère. Dans sa déclaration lorsqu’il a proclamé la nécessité de l’Etat d’urgence, Musharraf indiquait ses priorités en faisant référence à “ des interventions constantes dans Lla politique économique, le contrôle des prix, les restructurations des entreprises.

Nous tenons à faire savoir que la situation est critique. L’APPTUF a décidé de lancer une campagne contre la décision brutale prise par le gouvernement et, le 14 novembre 2007, l’APTUF a lancé le mot d’ordre de “ journée noire ” sur l’ensemble du Pakistan : tenue de meetings de protestation devant les usines, porter des brassards et des badges noirs, lancer des mots d’ordre contre le gouvernement, disant “ A bas la loi martiale ” “ Dehors le dictateur ” “ Nous voulons nos droits constitutionnels ”, “ Libérez les juges, les avocats, les militants politiques, les dirigeants syndicaux et les militants des droits de l’homme ”. Les travailleurs voulaient tenir des meetings de protestation devant les grilles des usines mais des forces de police nombreuses et des agents de renseignements ont empêché les travailleurs de sortir des usines. La police a menacé d’entrer dans les usines ; dans d’autres endroits, les policiers ont chargé à coup de bâtons et de gaz lacrymogène. Pour éviter la confrontation, les responsables syndicaux ont dit aux travailleurs de tenir le meeting à l’intérieur de l’usine ; dans certaines provinces, les employeurs ont assigné en justice les responsables qui tenaient des meetings sur le lieu de travail. L’APTUF a pris des contacts avec tous ses syndicats en leur demandant d’indiquer les noms de tous ceux qui ont été assignés de façon à ce que la confédération puisse prendre les mesures appropriées pour faire valoir les revendications des travailleurs.

La police a menacé les responsables syndicaux leur enjoignant de ne pas tenir de meetings à l’avenir sous peine d’être officiellement condamné au titre de l’article MPO 16 ; des autorités de police ont fait savoir que les meetings ne seraient pas tolérés à cause de l’Etat d’urgence.

A cette occasion, G.R., R.J. et d’autres ont pris la parole pour dénoncer le gouvernement qui a décrété l’Etat d’urgence, a suspendu la constitution et imposé un Décret de Constitution Provisoire, et démis tous les magistrats de la Cour Suprême de leurs fonctions. Ils ont également condamné l’action du gouvernement qui a arrêté des juges, des avocats, des syndicalistes, des militants des droits de l’homme des leaders politiques, qui interdisent la liberté de parole et d’expression. Ils expliquent que notre combat est un combat juste pour la libération du peuple contre le régime de Musharraf et l’impérialisme UDS. Ils ont expliqué qu’il est honteux que la direction de l’usine ait décidé d’assigner les travailleurs qui ont participé au mouvement de protestation, et ont ajouté que nous continuerons à nous battre tant que nous n’aurons pas obtenu satisfaction.

L’APTUF demande à tous les membres de la société de condamner vigoureusement la brutalité de gouvernement à l’encontre des juges et avocats, des syndicalistes, des journalistes, de militants de droits de l’homme et d’être solidaire avec ceux qui sont victimes de la répression.

L’APTUF demande aux syndicats nationaux, aux organisations, aux avocats des droits de l’homme, aux journalistes de faire pression sur le gouvernement pour qu’il lève l’Etat d’urgence, qu’il respecte les droits de l’homme et permette au peuple d’exercer librement son droit d’élire ceux qui vont le représenter.

Les travailleurs demandent :
• Il faut que les travailleurs puissent avoir accès à des bourses d’études, des allocations pour qu’ils puissent marier leurs filles.
• Les amendements anti-ouvriers doivent être abolis.
• Libération de tous les juges qui ont été arrêtés et réintégration dans leurs postes.
• Levée de l’interdiction d’émission de programmes Télé, interdiction contraire à la morale et à la loi qui constitue une négation de la liberté d’expression.
• Réintégration immédiate du Juge de la Cour Suprême du Pakistan et de tous les juges de la cour suprême et des tribunaux de grande instance qui n’ont pas signé le Décret de Constitution Provisoire.

Dans cette situation critique, la confédération des travailleurs du Pakistan –région du Punjab appelle à la tenue de sa Commission Exécutive le 18 novembre à 16h.

Lahore, le 17 novembre