Communauté genevoise d’action syndicale

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Colombie

Des ressources très convoitées

mardi 26 juin 20h15 Maison des Associations

jeudi 21 juin 2007 par Claude REYMOND
Le pays occupe une situation clé, au cœur de la zone andino-
amazonienne, qui compte 60 % des réserves de pétrole et de
gaz, 72 % de celles de charbon, 46% du potentiel hydraulique
et 40% de l’eau douce de l’Amérique latine. Dotée de façades
maritimes sur les deux océans, d’abondantes ressources
énergétiques et minières, il draine d’importants
investissements étrangers et fait l’objet d’une attention
particulière de la part des USA.
 
En 2000, le président Pastrana avait accepté le Plan Colombie
des Etats-Unis, chiffré à 7 milliards de dollars. Censé éradiquer
les cultures illicites et le trafic de drogue au moyen d’un
important dispositif militaire et de fumigations, il visait avant
tout la guérilla. Sept ans plus tard, les cultures de coca ont
encore progressé et la lutte armée se poursuit. Le pays a été
surarmé : il arrive au troisième rang des bénéficiaires de l’aide
militaire américaine, après Israël et l’Égypte.
 
La signature d’un traité de libre-échange avec les Etats-Unis,
en février 2006, a accéléré la libéralisation économique
liquidation de l’Institut de la réforme agraire, privatisations,
coupes budgétaires, mise en faillite de certains services publics,
etc. Sur une population totale de 46 millions d’habitants, le
pays compte 54% de pauvres dont dix millions vivent dans la
misère totale. Fin 2005, la dette extérieure se montait à 37,3
milliards de dollars, soit 30,2% du produit intérieur brut.
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2007-06-26_Colombie.pdf


Les enjeux de la guerre

  • La Colombie vit dans un véritable état de guerre depuis presque cinquante ans. D’un côté, l’oligarchie traditionnelle et aujourd’hui les grosses fortunes du narcotrafic, appuyées par l’appareil d’Etat, l’armée et les paramilitaires ; de l’autre, de larges secteurs de la paysannerie pauvre et des travailleurs urbains, soutenus par les mouvements de guérillas, avant tout les FARC-EP et l’ELN.
  • La terreur frappe les syndicalistes, les mouvements sociaux et des droits de l’homme, les militants politiques, dès lors qu’ils sortent du cadre étroit d’une opposition « acceptable ». Un véritable génocide politique a été commis en Colombie ! Le fonctionnement des institutions démocratiques est donc plus formel que réel. Selon les organisations de défense des droits humains, l’armée et les paramilitaires qui lui sont liés sont responsables de 75% au moins des violences commises dans le pays.
  • Récemment, des fosses communes contenant au moins 10’000 corps mutilés ont été mises à jour dans des haciendas appartenant à des politiciens proches du président, sur la côte caraïbe, contrôlée par les paramilitaires. 18’000 éleveurs, commerçants, industriels, chefs d’entreprise, transporteurs et dirigeants politiques ont avoué publiquement avoir participé à la formation et au financement de groupes paramilitaires d’extrême droite. Des multinationales comme Coca-Cola, Del Monte, BP, Chiquita, Hyundai, Nestlé, Drummond, etc. ont fait de même...
  • Le pays connaît une véritable contre-réforme agraire aux dépens de plus de 3,5 millions de réfugiés internes, qui ont fui les zones de guerre. Ainsi, les propriétaires terriens, les mafieux et les paramilitaires, qui souvent sont les mêmes personnes, ont pu récupérer les terres « abandonnées » à leur profit. 1,5% des propriétaires possèdent 80% des terres cultivables. Un récent rapport recense aussi d’importantes commissions perçues sur de nombreux trafics par cette nouvelle oligarchie du crime.

Demande de réunion avec des camarades colombiens qui se trouvent en Suisse dans le cadre de la défense des mineurs de Cerrejón : Luis Blanco propose de faire une séance avec les personnes disponibles de la Commission Internationale de la CGAS + CETIM à 18 heures à la Maison des Associations et de continuer la soirée avec la conférence.

Rendez-vous donc le mardi 25 juin à 18 heures à la Maison des Associations.



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