Communauté genevoise d’action syndicale

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MANIFESTATION POUR DES CONDITIONS D’ACCUEIL DIGNES POUR LES PERSONNES EN EXIL

Vendredi 27 janvier – 17h30 – Promenade de la Treille

lundi 16 janvier 2017 par Claude REYMOND

Il y a deux ans, le 27 janvier 2015, environ 200 personnes en exil sont sorties dans la rue pour dénoncer les conditions d’accueil indignes qui leur sont faites par la Suisse.

Cette action du Collectif Stop bunkers a marqué à Genève le début d’une vague de mobilisations portées par les premier.ère.s concerné.e.s : le collectif d’occupation du Grütli (devenu No Bunkers puis Perce-Frontières) s’est élevé contre les transferts dans ces abris et a abouti, entre autres, à l’ouverture du foyer Appia. La lutte des habitant.e.s contre la destruction du foyer Frank-Thomas, soutenue par Perce-Frontières, a conduit à la rénovation du foyer et à la promesse des autorités locales compétentes de reloger ses anciens occupants dans leurs chambres. D’autres luttes, contre l’arbitraire des renvois, notamment de blessés lors de l’incendie des Tattes, et plus généralement contre les accords Dublin ont été menées en parallèle.

Deux ans plus tard, malgré les promesses des responsables politiques, le Conseiller d’Etat Mauro Poggia en tête, les bunkers sont toujours en fonction, et plus de 300 personnes vivent encore sous terre ! Lesvictoires précédentes, obtenues grâce à ces mobilisations, sont aujourd’hui menacées. Il va en effet falloir toute notre détermination pour que les autorités respectent leurs engagements, relogent les habitant.e.s de Frank-Thomas aux mêmes conditions, et renoncent à remplacer le foyer Appia, qui accueille plus de 150 personnes, par un échangeur autoroutier.

Le contrôle au faciès, les arrestations souvent brutales et les renvois continuent, dans les rues et jusque dans l’enceinte de l’Office cantonal de la population et des migrations. L’Etat détruit des foyers pour construire des centres de renvois fédéraux, et le Conseiller d’Etat Pierre Maudet persiste à transformer Genève en fer de lance du volet carcéral de la politique d’asile débouchant sur des vols spéciaux.

Nous refusons de laisser s’implanter une politique d’asile qui se résume à ségréguer les personnes en exil pour mieux renvoyer ceux à qui elle refuse protection. Ce qu’on appelle abusivement encore politique d’asile tend, sous l’influence de partis racistes et xénophobes, vers un système pensé et organisé pour dissuader les réfugié.e.s de venir en Suisse en les isolant, les précarisant et les enfermant. Nous ne faisons pas face à un manque de planification en matière d’asile. Au contraire, depuis une dizaine d’années, l’Etat laisse volontairement pourrir les lieux d’hébergement et impose délibérément les pires conditions d’existence aux personnes en exil.

L’Hospice général, institution en charge de la politique sociale et de l’accueil des requérant.e.s d’asile à Genève, s’applique à rendre insupportable la vie des demandeurs et déboutés et à briser toute forme de solidarité avec la population genevoise de longue date. Les personnes en exil sont à l’avant poste de la violence sociale, mais ce que vivent ces migrant.e.s tend à s’étendre à toutes les populations les plus démuni.e.s.

Faisons bloc face à la violence et au racisme institutionnalisé. Le 27 janvier, sortons dans la rue avec les personnes en exil pour porter ensemble un autre discours. Soyons nombreux.ses pour presser les autorités à tenir leurs maigres engagements !

Pour la fermeture des bunkers !
Pour des logements dignes, pas des prisons !
Contre les violences faites aux personnes en exil, le racisme et les renvois !

RENDEZ-VOUS LE VENDREDI 27 JANVIER 2017,
17H30, A LA PROMENADE DE LA TREILLE
(RUE DE LA CROIX-ROUGE, 1204 GE, AU-DESSUS DE LA PLACE NEUVE).

Le collectif Perce-frontières / perce-frontieres@noborders.ch


* Perce-Frontières est un espace de coordination de collectifs et individu.e.s en lutte sur des questions liées aux personnes en exil. Il a été créé à l’automne 2015, pour prendre le relais du mouvement No Bunkers, qui avait occupé le Grütli durant l’été.

Un an plus tard, un tel espace garde toute son importance. Les mêmes problématiques restent d’une brûlante actualité et de nouveaux enjeux émergent. En effet, malgré les promesses des responsables politiques, les bunkers ne fermeront pas cette année. Les arrestations souvent brutales et les renvois continuent, dans les rues et jusque à l’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM). La Suisse construit des centres de renvois fédéraux, et Genève est en passe de devenir le fer de lance d’une politique d’asile carcérale et des vols spéciaux.

Depuis 2015, le collectif de personnes en exil Stop Bunkers en lutte contre l’hébergement dans les abris PCi a initié un mouvement qui n’a cessé de prendre de l’ampleur. Le collectif d’occupation du Grütli (No Bunkers) contre les transferts dans ces mêmes abris et la solidarité qu’il a attiré ont notamment permis l’ouverture du foyer Appia. Enfin, la lutte des habitant.e.s contre la destruction du foyer Frank-Thomas soutenus par Perce-Frontières a conduit à la rénovation du foyer et à la promesse de relogement de ses habitant.e.s dans leurs anciennes chambres. La lutte contre les renvois, notamment des blessés des Tattes, et contre les accords Dublin s’est également menée de front durant toute cette période. Ces quelques exemples de luttes furent des espaces de rencontre, des moment de construction d’un rapport de force hors des institutions, dans la rue, et aux côtés des premier.e.s concerné.e.s.



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