Communauté genevoise d’action syndicale

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pour la levée d’écrou du journaliste Nouhoum Keita / Mali

lundi 9 mars 2009 par Chantal WOODTLI

L’atteinte aux droits à l’expression est très fréquente au Mali, et touche tout particulièrement les Radios Kayiras, mises sur pied depuis une quinzaine d’années par le docteur Oumar Mariko et son groupe d’opposition démocratique. 

Ces radios se sont renforcées tout récemment grâce à d’importants soutiens institutionnels, communaux et cantonaux, conscients de l’enjeu démocratique et de la prévention médicale, notamment pour les femmes, que ces Radios ont promue depuis des années.

Dans plusieurs régions rurales, les radios témoignent pour les " sans-voix" :

  • paysans spoliés par les appétits des investisseurs de l’agro-business,
  • travailleurs des mines protestant contre leurs conditions de vie, de santé, la pollution de l’eau des villages proches, la répartition des ressources du pays... 
  • femmes qui commencent à être informées des conséquences des mutilations génitales sur leur santé et celle de leur progéniture.

Pour résumer, la mission des Radios Kayiras est de faire progresser la participation des citoyens en suscitant des débats, en remettant en question la pauvreté dans le pays. 

C’est un dur travail de fonds contre des intérêts et des arrangements bien établis qu’il s’agit aussi de bousculer.


Communiqué Attac France CADTM France Survie

Pour la libération immédiate et sans conditions de Nouhoum Keita, journaliste à radio Kayira

Nous apprenons avec surprise et consternation l’incarcération à la prison centrale de Bamako de notre camarade Nouhoum Keita. Il a été interpellé après avoir dénoncé sur l’antenne d’une radio l’existence d’un passeport falsifié à son nom et sa décision de porter plainte contre X. De victime il se retrouve ainsi coupable (lire ci-dessous un petit résumé).

Journaliste à la radio associative Radio Kayira, membre de la Coalition des alternatives africaines, dette et développement (CAD Mali), militant infatigable pour les droits et la justice sociale, Nouhoum Keita est bien connu de nombre de nos associations (notamment de la plate-forme Dette & Développement qui regroupe 27 associations et syndicats français) avec lesquelles il a participé aux forums sociaux, aux manifestations contre les privatisations des services publics, pour l’annulation de la dette, contre les nouveaux accords économiques et commerciaux…

Cette arrestation se situe dans un contexte général de pressions et d’intimidations contre les mouvement sociaux au Mali. Et ce au moment même où la population malienne subit de plein fouet les conséquences des orientations libérales de son gouvernement (privatisation du chemin de fer, de la filière coton, expropriation des paysans de l’Office du Niger…).

La mobilisation sociale s’organise au Mali pour exiger sa libération avec le soutien de l’Union des journalistes du Mali. Un sitting a eu lieu le 8 mars 2009 devant le siège de la radio, une marche de protestation est prévue la semaine prochaine. Nous nous associons à ce mouvement et, avec lui, exigeons la libération immédiate et sans condition de Nouhoum Keita et l’éclaircissement rapide de cette affaire.

A Paris, le 5 mars 2009 Contact : Zoul / contact@survie-paris.org / 06.88.93.35.71

Message de soutien à adresser à radio kayira - fax : 00 223 20 24 87 82.

Message de protestation à la présidence du Mali : presidence@koulouba.pr.ml


Résumé

Il y a 6 mois, ayant appris l’existence d’un faux passeport établi à son nom utilisé dans le cadre d’une malversation financière, Nouhoum Keita est parti s’en plaindre à la police. Entendu par le tribunal, il a été soumis à une confrontation avec la personne victime de cette escroquerie qui a formellement reconnu que Nouhoum n’avait rien à voir dans cette affaire. Le tribunal a alors signé un mandat de dépôt, Nouhoum a été déféré puis relâché le même jour, en liberté provisoire. Le 25 février dernier, il annonce sur l’antenne d’une radio libre de Bamako qu’il entend constituer un dossier et porter plainte contre X. A 10 heures, le lendemain, il est arrêté et déféré à la prison centrale de Bamako, sans autre forme de procédures par le magistrat en charge du dossier. L’Union des journalistes a immédiatement engagé une procédure de mise en liberté provisoire. Une demande de mise en liberté provisoire a été signée par le magistrat le 28 février et remise au procureur général qui n’a pas réagi jusqu’à présent.



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