Communauté genevoise d’action syndicale

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samedi 8 octobre 2011 par Claude REYMOND

La Suisse, refuge des licenciements antisyndicaux

SAMEDI, 8 OCTOBRE, 2011

Jean-marie Banderet

GENÈVE • La protection des libertés syndicales est quasi inexistante en Suisse. Une manifestation demandant une révision de la loi a eu lieu hier.

La Suisse ne respecte pas les libertés syndicales et ne protège pas les employés contre le travail précaire. Les principaux syndicats suisses étaient réunis hier sur la place des Nations à Genève pour exiger des autorités le respect de leurs droits. A l’occasion de la Journée internationale du travail décent du 7 octobre et de la clôture d’une conférence internationale à l’Organisation internationale du travail (OIT), ils ont témoigné des pressions subies par les syndicalistes. Puis, une soixantaine de manifestants triés sur le volet ont pu assister à la séance de clôture de la conférence dans les locaux du BIT, le Bureau international du travail.

Des témoignages de délégués syndicaux sont venus « faire le lien entre la réalité locale et la conférence au BIT », a relevé Alessandro Pelizzari, président de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS), la faîtière des syndicats genevois, devant les quelque deux cent cinquante personnes présentes sur la place.

Les abus ne manquent pas. Le cas de Daniel Suter, ancien président de la commission du personnel du quotidien zurichois Tages Anzeiger et membre de Syndicom, est édifiant. Chargé de négocier un plan social pour une soixantaine d’employés licenciés durant l’été 2009, il a lui aussi été mis à la porte et a saisi la justice. Le Tribunal de première instance avait jugé son licenciement abusif. Le groupe Tamedia, à qui appartient le journal, a ensuite fait recours et a obtenu gain de cause au Tribunal cantonal de Zurich en juin dernier. La cour a décidé que le licenciement « pour raisons économiques » était recevable, déclarant même qu’« un collaborateur licencié négociera un plan social d’autant mieux qu’il se sent concerné », a ajouté M. Suter.

La situation d’Aissam Echchorfi, chauffeur de bus pour les Transports lausannois et délégué au Syndicat du personnel des transports (SEV), n’est pas plus enviable. Menacé de licenciement pour « syndicalisme anormal » – c’est à dire « pour les sms et les emails que j’ai envoyés pour organiser des réunions », raconte-t-il –, il est surveillé dans son activité professionnelle. « Je sais qu’une ou deux personnes payées par mon patron sont constamment assises dans mon bus. » Une procédure est toujours en cours.

Gouvernement sous pression

La Suisse respecte-t-elle les libertés syndicales ? Non, estiment les manifestants. « L’Union syndicale suisse (USS) avait déjà porté plainte auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT) en 2003 », rappelle sa vice-présidente Vania Alleva. Rejetée par le Conseil fédéral, la procédure a pourtant été traitée par l’OIT, qui a prié la Suisse d’analyser l’état des protections contre les licenciements des membres de syndicats.

L’USS donne quelques mois au gouvernement pour modifier le Code des obligations afin de protéger les délégués syndicaux en permettant par exemple la réintégration lors de licenciements abusifs. Faute de quoi, elle déposera une nouvelle plainte fondée sur les nouveaux cas de licenciements antisyndicaux, prévient Mme Alleva. Mise sous pression, la Confédération devra se justifier au plan international, analyse-t-elle. « Le dépôt d’une plainte identique huit ans après la première aura de quoi faire réfléchir le gouvernement. »

JMB


rien dans son édition du samedi 9 octobre 2011, mais une news sur son blog :

ATS | 07.10.2011 | 10:57

Environ 150 manifestants ont dénoncé vendredi à Genève les atteintes aux libertés syndicales en Suisse. A l’appel de plusieurs syndicats, ils ont appelé les autorités suisses à adapter la législation du travail.

Une meilleure protection des délégués syndicaux contre les licenciements est nécessaire, ont affirmé Unia, l’Union syndicale suisse, la Communauté genevoise d’action syndicale lors de cette manifestation sur la place des Nations. Les autorités doivent garantir le droit pour les organisations syndicales d’informer les travailleurs sur les lieux de travail.

A l’occasion de la Journée mondiale du travail décent, plusieurs militants ont témoigné des menaces reçues par leur employeur en raison de leurs activités syndicales dans leur entreprise. Un échafaudage avait été monté sur la place, du haut duquel des patrons en costume-cravate tenaient au bout d’une corde des travailleurs, manipulés comme des marionnettes.

Aucune amélioration

Les militants ont ensuite marché vers le siège du Bureau international du travail (BIT). Selon les syndicats, les libertés syndicales sont mises à mal dans le monde entier sous prétexte de la crise financière.

« En Suisse, malgré une recommandation du comité de la liberté syndicale de l’OIT pour renforcer les protections contre les licenciements des délégués syndicaux suite à une plainte déposée par les syndicats suisses, aucune amélioration n’a été constatée », ont dénoncé dans un tract les syndicats. A Genève en particulier, les organisations syndicales sont victimes d’entraves majeures dans l’exercice de leur droit d’informer des travailleurs, ont-elles affirmé.


communiqué ATS repris par


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