Communauté genevoise d’action syndicale

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Communiqué de presse du 22 décembre 2008

émettre des critiques constructives = licenciements ?

mardi 23 décembre 2008 par _information fournie par la composante

Sept employées principalement des veilleuses-animatrices (5 sur 9) et des animatrices de jour (2 sur 4) de la Fondation au Cœur des Grottes ont pris leur bâton de pèlerin pour ce qu’elles croyaient être une bonne et possible cause, contribuer à l’amélioration de la qualité de leur travail et de fait aussi à celle du bien être des femmes accueillies dans le foyer. Bien mal leur en a pris quant on sait l’issue de cette histoire, avec des licenciements à la clé pour fin janvier 2009 en conclusion d’un rapport d’intervention du Centre de Consultant CFE, entériné par le Conseil de Fondation

Les premières démarches datent d’octobre 2007 et un premier courrier datant du 6 décembre 2007 portant sur les indemnités de nuit est envoyé au conseil de Fondation. Les veilleuses demandent que l’horaire qui s’étale sur 16 heures (de 17h à 9h du matin) soit diminué et que l’indemnité de nuit, de 25 frs pour les autres 8h(23h à 7h) soit mieux rémunérées ainsi que le salaire de 147.50 frs pour les autres 8h soit augmenté. Le Conseil de Fondation avait déjà prévu pour 2008 une petite augmentation de salaire et de l’indemnité de nuit, par conséquent les employées n’ont pu faire entendre leur revendication plus que cela. Les interventions de nuit sont jugées peu nombreuses pour octroyé plus d’indemnité. Les employées ont simplement obtenu que leur présence lors des colloques soient prévu dans le salaire ce qu’elles ont obtenu, du moins pour le colloque suivant. Quant aux horaires, la direction n’entre pas du tout en matière.

Suite à cela, les employées ont souhaité ouvrir le dialogue avec le Conseil de Fondation quant à différents aspects leur semblant problématiques à la bonne marche du foyer.

L’essentiel des demandes portait sur :

  • une meilleure définition des rôles des veilleuses animatrices et animatrices socioculturelles polyvalentes et d’un organigramme claire (inexistant à ce jour)
  • une clarification du rôle de veilleuse, un cahier des charges mieux défini et avoir plus de consignes, de procédures définies qui correspondent mieux à la réalité. Une des tâches consiste à « assurer la sécurité des personnes et des lieux » ce qui est vaste.
  • le besoin de formation, d’outil face à des situations de plus en plus délicates, face à de la violence
  • a mise en place de supervisions, afin de mieux gérer leur ressenti et d’être guidée dans leur travail, comme cela se fait dans pas mal de foyer, ainsi qu’une meilleure intégration au suivi des pensionnaires par des synthèses
  • une meilleure communication entre les employées et la direction

Comme les employées ne se sentaient pas écoutées par la direction et qu’aucune demande n’a été prise en considération, elles ont demandé finalement une réunion avec le Conseil de Fondation. Ce dernier s’est focalisé sur les problèmes de sécurité notion évoquée de manière large par les employées et a demandé que la direction réunisse les employées afin de lister les problèmes de sécurité. Au vu de la situation tendue avec la direction et de l’impossibilité de dialoguer avec celle-ci, les employées estiment qu’il est vain de discuter uniquement avec la direction, c’est pourquoi elles réitèrent à nouveau par courrier leur souhait de se réunir avec le Conseil de Fondation.

Face à l’attitude des employées et leur détermination à se faire entendre, la direction leur envoie une lettre d’avertissement ainsi qu’un tableau à compléter dans les 3 jours. Comme le délai était un peu court, les employées ont demandé un délai de 10 jours par e—mail.
Elles n’ont pas voulu que la démarche se fasse de façon individuelle et nominalement, leur démarche restant collective et devant être considérée comme telle. La réponse à ce mail fut un courrier recommandé avec suspension immédiate de l’obligation de travailler, alors que la liste des préoccupations en question était établie et qu’elles étaient prêtes à l’envoyer de manière collective dans l’espoir d’avoir ensuite un échange constructif.

Le syndicat ssp/vpod ayant suivi le déroulement des événements est intervenu en demandant en urgence un rendez-vous avec le Conseil de Fondation. Une première rencontre a eu lieu le 13 puis le 26 juin date à laquelle un protocole d’accord a été signé. Les suspensions ont été levées mais sans réintégration immédiate des 7 employées signataires (la moitié des employées du Cœur des Grottes), « le temps de l’été devant être affecté à d’autres tâches (identification des problématiques, réflexions et propositions avec un superviseur extérieur. Un bilan sera fait à la fin de l’été, par l’ensemble des participants, pour envisager la suite » (extrait du protocole d’accord du 26.06.08).

Au final l’été s’est étiré jusqu’à l’automne, soit le 28 novembre 2008, exposer les conclusions du rapport fait par un expert extérieur. Ce rapport reprend clairement les différents points soulevés par les employées, en leur donnant en grande partie raison, mais conclut par ailleurs qu’il est impossible de réintégrer ces employées. Mise à part une audition individuelle de chaque employée au cours du mois d’août, il n’y a pas eu d’autres rencontres. Donc sans davantage d’intégration au processus, malgré les demandes réitérées par le syndicat, le Conseil de Fondation lors du bilan, annonce le licenciement des signataires sans que l’on s’y attende . Fort heureusement 5 employées avaient déjà stoppé leur contrat, mais les deux restantes furent touchées par cette sanction, dont une employée dans la maison depuis plus de 5 ans qui a toujours fait son travail correctement et de manière très satisfaisante.

Quand on sait que la directrice actuelle, Madame Gosteli, a été licenciée par l’Armée du Salut le 25 octobre 2004, et qu’elle l’a considéré comme un licenciement abusif.

Que par la suite un comité de soutien s’est constitué sous l’égide du Dr Jean-Charles Rielle qui s’est offusqué en son temps en les termes suivants , « le Comité mettra tout en œuvre pour faire comprendre à l’état-major bernois l’importance d’écouter les gens du terrain et d’accepter leurs justes revendications »(communiqué de presse, Au cœur des Grottes, le 11 janvier 2006, www.acdg.info/cœur ).

Que la major aurait été licenciée suite à une rupture « des bases élémentaires de confiance », selon l’état major bernois et que pour la major Gosteli , « elle aurait été remerciée pour avoir dénoncé les dysfonctionnements du QG, … » (TG du 12.01.06). Elle dit avoir « travaillé efficacement jusqu’à présent »(TG du 12.01.06).

On pourrait se dire que l’histoire se répète sur du personnel hiérarchiquement plus proche du terrain et qui a été licencié pour avoir mis le doigt sur ce qui fait mal. Le Conseil de Fondation sur ce coup-là aurait mieux eu fait de se mettre du côté des employées, car elles ont toujours œuvré pour le bien du Cœur des Grottes en donnant le meilleur d’elle-même dans leur travail.

De toute façon nous partons du principe que toute critique au sein d’une entreprise même à but non lucratif est seine et vitale et est un droit fondamental celui de la liberté d’expression. Il peut certes engendrer des tensions ce qui est inévitable, mais de là à conclure dans un rapport qu’un mur s’est érigé entre les employés et la direction et qu’elles ne peuvent être réintégrées c’est comme déclarer que ce rapport en fait ne sert à rien, ce qui est totalement absurde et intervient suite à une démarche critique. Nous considérons donc que licenciement est abusif au sens de l’article 336CO lettre b alinéa 1.

Ce qui nous amène également à souligner que toute institution qui reçoit des subventions cantonales et communales en l’occurrence, devrait être soumise à une Convention collective de travail afin que les conditions de travail soient une préoccupation permanente en concertation avec des partenaires sociaux avertis. Nous demandons que la mise en place des conclusions de ce rapport se réalise dans les meilleurs délais pour un meilleur fonctionnement du foyer.

Pour toute information complémentaire :
• Corinne Béguelin, secrétaire syndicale ssp/vpod,
+41(0)78 898 81 07



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