Comité d’organisation du 1er Mai

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Cette année, la marche du 1er Mai s’est déroulée sous le signe de la convergence des luttes actuelles

jeudi 2 mai 2019

paru dans Le Courrier du 02-05-2019

La grève des femmes à l’honneur

GABRIELA CABRÉ

Manifestation X Selon nos estimations, ce sont plus de 2500 personnes (6000 selon le syndicat Unia) qui ont défilé dans les rues de Genève sous un soleil radieux en ce 1er mai. L’événement a débuté dans la matinée avec un discours de Maria Pérez, élue d’Ensemble à gauche au Conseil municipal, qui a donné le ton : « Le capitalisme ne peut pas être écologique, féministe et progressiste. »

Plus que jamais, le 1er Mai s’est retrouvé à la croisée de plusieurs mobilisations. Manifestations des jeunes pour le climat, mouvement des « gilets jaunes » et, surtout, grève féministe du 14 juin : les slogans des luttes de cette année 2019 ont résonné haut et fort dans les rangs des manifestants. En particulier celui de l’égalité salariale, défendue par les différents syndicats et, avant tout, par les femmes.

« Alerta feminista »

Il est 13h30 passé lorsque s’ébranle le cortège, femmes en tête, une volonté du comité d’organisation qui a tenu à leur donner la première place. Les combattantes de la guérilla kurde, figures de la résistance, sont mises à l’honneur en tête de file. Une véritable marée violette – référence aux couleurs de la grève des femmes du 14 juin prochain – ouvre la marche, encouragée par la musique d’un duo féminin d’accordéon et de clarinette bien connu des manifestations, les Nana’n’air. « Nous sommes toujours là pour les causes qui nous parlent. Il y a le climat et bien évidemment la cause des femmes », insistent-t-elles.

En tête de peloton, les slogans féministes sont scandés énergiquement par les manifestantes : « Macho, les femmes auront ta peau ! » ou encore « patriarcat t’es foutu, les femmes sont dans la rue ! » Plus loin dans le cortège, on distingue des pancartes qui rappellent les inégalités salariales, les violences que subissent les femmes, et des messages en faveur des droits des nettoyeuses.

Edmée, 65 ans, est une habituée des marches du 1er Mai. Cette année, elle dénonce avec ferveur le harcèlement sexiste et sexuel à l’école. « La lutte des femmes a toujours eu une visibilité dans le cortège, mais elle n’a jamais pris autant de place », déclare-t-elle. Elle se réjouit du nombre de jeunes présents. Elsa, Lucie et Melissa, respectivement 12, 11 et 13 ans, en sont le symbole. « On a souvent été traînées ici par nos mamans très engagées. Cette année, il y a vraiment une cause qui nous parle », racontent-elles. Venues de leur propre chef pour défiler dans les rangs féministes, elles ont fini par tenir la banderole principale en tout début de cortège.

Plus discrets

Pour ce qui est des autres luttes annoncées dans les discours de la matinée, elles apparaissent dans le cortège de manière plus discrète. Quelques jeunes pour le climat distribuent des tracts pour les prochaines grèves qui auront lieu le 24 mai et le 27 septembre, et invitent les manifestants à y participer. L’urgence climatique s’affiche sur des banderoles, ça et là.

Côté « gilets jaunes », le discours d’un militant de France voisine avait été prévu dans la matinée, mais ce dernier n’a pas pu être présent. Des rendez-vous plus importants l’attendaient de l’autre côté de la frontière. On reconnaît toutefois dans le cortège une dizaine de « gilets jaunes », majoritairement venus de Haute-Savoie, sous la banderole provocatrice « Yellow is the new block ».

Les habitués sont, eux, bien présents. Les syndicats sont là en force, parés des slogans actuels et féministes, mais également des thèmes phares du 1er Mai. En deuxième position du cortège, Unia dénonce notamment la situation des travailleurs dans la métallurgie du bâtiment. Les différentes formations de gauche sont également mobilisées : Parti socialiste, Verts, Solidarités, Parti du travail. Aux abords d’un imposant tracteur surmonté d’une puissante sono et qui clôture le bal, on distribue des semences « pour l’agriculture paysanne et la décroissance ». I