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Internationale

mercredi 28 août 2013 par Claude Briffod

L’Internationale

Il fallut plus de trente ans pour que l’internationale devienne l’hymne des révolutionnaires du monde entier... E. Pottier nous dit l’avoir composé en juin 1871, alors qu’il tentait d’échapper à l’inquisition versaillaise. A peu près inconnue jusqu’à sa mort, elle est publiée dans un recueil de ses œuvres en 1887. L’année suivante, Gustave Delory, le futur maire de Lille, fit l’acquisition du recueil et demanda à Pierre Degeyter, ouvrier de Fives-Lille, membre de la « la Lyre des Travailleurs » de mettre en musique les vers du poète.

Degeyter se mit aussitôt à l’ouvrage sur un modeste harmonium et composa la musique que nous connaissons. La Lyre décide de d’éditer l’Internationale à six mille exemplaires et, en juillet 1888, elle est interprétée pour la première fois à l’occasion de la fête organisée par la chambre syndicale des marchands de journaux. L’élan est pris... le 23 juillet 1896, elle est jouée par les fanfares socialistes à l’Hôtel de Ville de Lille lors du 14èmme Congrès du Parti Ouvriers français de Jules Guesde. Les délégués la feront connaître à leur fédération... Ce n’est qu’entre 1900 et 1910 que l’Internationale deviendra l’hymne des groupes socialistes français et de tous les révolutionnaires.

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Debout, les damnés de la terre !

Debout ! Les forçats de la faim !

La raison tonne en son cratère,

C’est l’éruption de la fin.

Du passé, faisons table rase,

Foule esclave, debout ! debout !

Le monde va changer de base :

Nous ne sommes rien, soyons tout !

C’est la lutte finale,

Groupons nous, et demain

L’Internationale

Sera le genre humain.

Il n’est pas de sauveurs suprêmes,

Ni Dieu, ni César, ni tribun,

Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes !

Décrétons le salut commun !

Pour que le voleur rende gorge,

Pour tirer l’esprit du cachot,

Soufflons nous même notre forge,

Battons le fer quand il est chaud !

C’est la lutte finale,

Groupons nous, et demain

L’Internationale

Sera le genre humain.

L’État comprime et la loi triche ;

L’impôt saigne le malheureux ;

Nul devoir ne s’impose au riche ;

Le droit du pauvre est un mot creux

C’est assez languir en tutelle,

L’Égalité veut d’autres lois ;

« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,

Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

C’est la lutte finale,

Groupons nous, et demain

L’Internationale

Sera le genre humain.

Hideux dans leur apothéose,

Les rois de la mine et du rail

Ont-ils jamais fait autre chose

Que dévaliser le travail :

Dans les coffres-forts de la bande

Ce qu’il a créé s’est fondu.

En décrétant qu’on le lui rende

Le peuple ne veut que son dû.

C’est la lutte finale,

Groupons nous, et demain

L’Internationale

Sera le genre humain.

Les rois nous saoulaient de fumées,

Paix entre nous, guerre aux tyrans !

Appliquons la grève aux armées

Crosse en l’aire, et rompons les rangs !

S’ils s’obstinent, ces cannibales,

A faire de nous des héros,

Ils sauront bientôt que nos balles

Sont pour nos propres généraux !

C’est la lutte finale,

Groupons nous, et demain

L’Internationale

Sera le genre humain.

Ouvriers, paysans, nous sommes

Le grand parti des travailleurs ;

La terre n’appartient qu’aux hommes,

L’oisif ira loger ailleurs.

Combien, de nos chairs se repaissent !

Mais, si les corbeaux, les vautours,

Un de ces matins, disparaissent,

Le soleil brillera toujours !