Comité d’organisation du 1er Mai

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discours SSP Fabienne PAYRE

7102 signes

mercredi 1er mai 2019

2019 pourrait bien être une date qui résonnera dans le calendrier historique, tant d’acquis fondamentaux sont remis en question, ici et ailleurs.

Alors que la terre s’essouffle, que 60% des terres cultivées sont utilisées par seulement 10 espèces (riz, blé, maïs, soja…) et que nous ne cessons de gaspiller, on n’a jamais vu autant d’attaques d’une droite ultra libérale qui ne pense qu’à grossir son portefeuille en parlant de croissance. Est-ce la peur qui cristallise des politiques fiscales qui arrachent le pain de la bouche d’une partie du monde et d’une partie de la population occidentale ?

En Suisse, même si on sait cacher la pauvreté, elle frappe à nos portes. A l’Hospice général, les assistant-e-s social-e-s gèrent 82 dossiers et n’arrivent plus à accompagner les personnes qui sollicitent, à la fois une aide sociale, une aide financière et une aide à se remobiliser dans le monde du travail.
Aujourd’hui 1er mai 2019, plus que jamais, nous exigeons que tout-e citoyen-ne puisse vivre du fruit de son travail. D’un salaire qui réponde au coût de la vie, à la possibilité de vivre décemment.

Plus concrètement encore, aujourd’hui, le SSP se positionne vigoureusement contre la RFFA, réforme fiscale qui réduit massivement l’impôt sur les bénéfices des entreprises, va piocher dans la poche des plus démunis pour grossir le portefeuille d’actionnaires déjà bien rempli. Rappelons que cette année la Suisse comprend environ 40 millionnaires de plus. Alors que dans le même temps, combien d’enfants ne peuvent plus sortir des villes, partir en vacances, manger des produits sans glyphosates ?
Ce projet de réforme fiscale représente des coupes dans les budgets publics estimées à 2,1 milliards de francs pour la Suisse, montant très probablement sous-estimé. Avec la RFFA cantonale, la baisse de l’impôt sur le bénéfice des entreprises, avec un taux à 13,9%, entrainera pour le Canton et les communes des pertes estimées à 186 millions pour la première année et à plus de 420 millions dès la cinquième année et favorisera le dumping fiscal entre les cantons !

Cet argent, c’est dans le portemonnaie des salarié-e-s, des consommateurs-trices et des contribuables qu’on va le trouver. Et si l’argent manque on va une fois de plus faire des coupes budgétaires dans les services publics, on va diminuer les prestations et réduire encore le personnel, déjà en sous-effectif dans bien des services. Aux HUG, il manque du personnel en pédiatrie, aux soins intensifs. Moins d’argent pour les bibliothèques et pour la culture. Et ce sera la place à la privatisation et à la sous-traitance avec des conditions de travail de plus en plus précaires.
Non, le SSP réaffirme l’urgente nécessité que l’action publique conduise à redonner la primauté à l’objectif de la justice sociale tel que l’affirmait la constitution de l’OIT lors de sa fondation en 1919.

Et qu’en est-il de plus de la moitié de la population laborieuse ? Les femmes.
Le 14 juin c’est la grève féministe, cela signifie la grève pour les femmes, pour le respect du droit à l’égalité, à l’équité, à la justice sociale. Notre loi fondamentale, la Constitution a inscrit des articles sur l’égalité salariale, seulement ils ne sont pas respectés malgré les interventions faites au niveau fédéral. Comment l’Etat de droit, peut-il délibérément ignorer la loi et ne pas condamner les entreprises irrespectueuses de celle-ci ? Cela s’appelle la force des groupes de pression, des lobbies, ils sont plus forts que la loi, ils continuent impunément à voler des milliards aux femmes travailleuses.
En Suisse les femmes ont obtenu le droit de vote en 1971, triste record. Et aujourd’hui, beaucoup de femmes travaillent dans l’ombre, au cœur de leur famille. La liberté acquise par leur travail se paie par un taux d’activité à 200% ; les femmes assument la gestion familiale et leur travail. Quant au marché du Care, il s’avère terrible : des femmes délaissent leur famille ailleurs dans le monde pour s’occuper de nos enfants. Comment accepter cette dénégation au droit de vivre avec sa famille ?

Qu’en est-il des métiers à temps partiels, ils ferment les portes des carrières, ils impactent les conditions de vie et les retraites des femmes avec la mise en place de toutes les caisses en primauté de cotisations. Les retraites des femmes sont 34% plus basses que celles des hommes ; les femmes seront-elles alors démunies au point de devoir demander l’aide de l’assistance publique au moment de leur retraite ? Le SSP se mobilise d’ailleurs aujourd’hui pour que la caisse de retraite des travailleuses-eurs de la fonction publique réponde aux impératifs de capitalisation sans dégrader les prestations et en créant du logement abordable pour la population genevoise. Le SSP vous recommande de voter la loi 12 228 : pour une retraite respectueuse des parcours professionnels, des temps partiels des femmes et du logement abordable.

Le 14 juin, les revendications des femmes seront mises en avant avec pour but que cette date soit une nouvelle lutte pour que les plafonds de verre disparaissent, que les métiers dits féminins soient valorisés d’un point de vue salarial, que la loi soit respectée non pas sur le papier, mais dans la vraie vie. Le SSP demande l’augmentation des moyens de l’inspection du travail afin notamment de garantir l’application des lois en matière d’égalité hommes-femmes ainsi que la revalorisation des métiers à prédominances féminine.

Nos jeunes sont dans la rue. Alors écoutons nos jeunes, ils ont brandi deux mots AVENIR et TRAVAIL, un large programme que nous pourrons développer à leur côté pour leur avenir et le respect d’une jeunesse qui a le droit de vivre.

En effet, le SSP ne saurait être indifférent aux conséquences du réchauffement climatique et aux problématiques liées à l’environnement. Dans le cadre du développement de l’investissement dans le secteur de l’énergie et de l’environnement, le SSP porte la revendication majeure de garantir des mesures de transition fondées sur la justice sociale, l’investissement dans des politiques industrielles et environnementales, coordonnées au niveau national, européen et mondial. Le SSP revendique la création d’emplois qui répondent aux principes contenus dans les normes nationales et les normes internationales du travail définies par l’OIT.

Pour finir, face à la perte de pouvoir d’achat que les salarié-e-s du privé comme du public subissent depuis de nombreuses années et face à la situation de pauvreté à laquelle sont réduites de trop nombreuses-eux salarié-e-s, actif-ve-s et retraité-e-s, et leurs familles, le SSP revendique prioritairement une augmentation générale des salaires et une revalorisation des pensions indexées sur l’augmentation des salaires et pourquoi pas, pour valoriser les salaires, une prise en charge de l’assurance maladie par les patrons.

En ce jour symbolique du 1er mai, toutes ces revendications sont légitimes et urgentes, nous demandons qu’elles soient effectives pour que toutes et tous, travailleuses-eurs ou chômeuses-eurs, personnes à l’AI, jeunes et vieux, femmes et hommes aient un avenir.