Comité d’organisation du 1er Mai

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mercredi 1er mai 2019 par Claude Reymond

Aujourd’hui, 1er mai 2019, plus que jamais nous devons faire converger les luttes de toutes celles et de tous ceux qui se battent pour leur émancipation, pour leur droit à un salaire digne qui permette d’avoir une vie et pas seulement de survivre, le droit d’être respecté.e et de ne pas être discriminé.e ni en raison du genre, de la couleur de la peau, de la religion, ni de l’orientation sexuelle ou de la nationalité.

Nous devons continuer à nous battre ensemble pour que tout le monde ait les mêmes droits, car si cela est vrai en théorie, si l’Égalité est inscrite dans la Constitution, la Suisse continue de mépriser la moitié de sa population, en refusant d’appliquer concrètement ce principe d’égalité au niveau des salaires. Ainsi, tous les mois il manque 600 francs dans le porte-monnaie des femmes et ce ne sont pas moins de 7 milliards qui restent dans les caisses des patrons. Sans oublier que c’est principalement sur les femmes encore que repose la double journée de travail, le travail domestique, le travail invisible, le travail gratuit. Le capitalisme s’appuie sur un patriarcat bien établi pour exploiter les femmes, l’un se nourrissant de l’autre. Mais les femmes en ont marre et ont décidé de ne plus se laisser faire. C’est pourquoi le 14 juin prochain, les femmes feront grève pour rendre visibles les discriminations et les violences qu’elles subissent au travail, dans l’espace public et à la maison.

Nous crierons notre colère pour dénoncer le sexisme structurel et la culture politique machiste qui sévit insidieusement à tous les niveaux de la société et même dans les instances qui prétendent être les plus progressistes. Nous attendons que les hommes remettent en cause leurs propres mécanismes d’oppression et que leur féminisme déclaré ne s’arrête pas aux frontières de leur propre intérêt. Nous ne voulons plus de prétextes et de fausses justifications : l’Egalité, c’est maintenant !

Avant le 14 juin, il y a une autre échéance importante, et c’est les votations fédérales et cantonales qui auront lieu le 19 mai prochain. Mobilisons-nous pour refuser dans les urnes les multiples attaques que subissent l’ensemble des salarié.e.s de notre pays ! Rappelons-nous que si, en Suisse, nous vivons dans l’un des pays du monde qui compte le plus de millionnaires et de multinationales, plus de 600 000 personnes vivent dans la pauvreté et cela alors même qu’environ 140’000 d’entre elles travaillent. Cette pauvreté est un choix politique délibéré.

Croyez-vous que le Conseil fédéral remette en question un système qui ne permet pas à chacun d’avoir une vie digne ? Non ! Alors que le peuple avait clairement exprimé son refus de RIE3, il propose à nouveau un cadeau fiscal de 2 milliards aux actionnaires des grandes entreprises en y associant le renflouement de l’AVS, financée par une hausse de la ponction sur la masse salariale faisant supporter aux salarié.e.s de ce pays le poids de la réforme. Ce même Conseil fédéral annonce déjà l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes pour 2021 ! Non, c’est non ! L’acceptation de RFFA signerait le démantèlement programmé du service public et des prestations sociales, tout ça pour favoriser les intérêts privés des entreprises les plus riches contre ceux de la population. RFFA, c’est non !
Le 19 mai, nous devrons aussi nous opposer à la flexibilisation du temps de travail des salarié.e.s du secteur de la vente, sans contrepartie de protection du personnel, en disant non aux ouvertures des magasins le dimanche. Ces postes mal payés sont majoritairement occupés par des femmes.
N’oublions pas enfin l’Accord Cadre européen qui voudrait déréguler le travail et ne protègerait pas les quelques acquis de haute lutte. Cet accord entre les Etats se fait au nom de la rentabilité du capital et surtout au profit des actionnaires. Cet ultra-libéralisme est contraire aux intérêts des salarié.es et emmène notre monde à la ruine d’un point de vue social et environnemental.

Les récentes mobilisations contre le réchauffement climatique donnent l’espoir que nous sommes toujours plus à vouloir un changement radical de système. Mais les gouvernements proposent surtout l’effort écologique individuel, alors qu’ils signent des accords de libre-échange encourageant les activités des multinationales de l’industrie et de la finance les plus polluantes qui ne visent qu’à augmenter leurs bénéfices en s’accaparant les richesses naturelles au détriment des populations et de notre écosystème. Le capitalisme ne peut pas être écologique ! Le capitalisme ne peut pas être féministe ! Le capitalisme ne peut pas être progressiste ! Il n’y aura aucune justice climatique s’il n’y a pas en même temps une justice sociale qui supprime les inégalités, les discriminations, l’oppression des plus pauvres que soi et des sans-droits.

Aujourd’hui plus que jamais nous devons déployer notre détermination à être solidaires les uns des autres, femmes, hommes, résidents ou migrant.e.s. C’est ensemble que nous gagnerons les luttes sociales présentes et à venir.
Cela est d’autant plus vrai aujourd’hui, à l’heure de la montée des forces de la droite réactionnaire, identitaire et même fascisante en Europe, et ailleurs dans le monde.

Nous devons résister au racisme anti-migrants, résister aux politiques antisociales, résister à un système économique aussi dévastateur pour les êtres humains que pour l’environnement, Ces luttes d’ici et maintenant rejoignent d’autres mouvements populaires dans le monde, de femmes et hommes, de peuples entiers, en lutte pour leur libération et leur émancipation.

Voilà tout le sens à être ici aujourd’hui, près de ce monument qui commémore la lutte de ceux qui se sont battus, parfois jusqu’à la mort, pour la démocratie et contre l’oppression.

Résistance !
No pasarán !
Vive le 1er mai !
Et vive la Grève !