Comité d’organisation du 1er Mai

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discours de Nicole LAVANCHY - SIT

mardi 1er mai 2012 par Claude Reymond

Cher-ère-s Camarades, travailleuses et travailleurs de Genève, de la France voisine et d’ailleurs,

A chaque crise économique, son bouc émissaire ! Une histoire malheureuse qui se répète ! Dans les années 70, nos camarades italiens et espagnols sont menacés par l’initiative Schwarzenbach contre la soi-disant surpopulation étrangère.

En 1976, à la suite de la crise pétrolière, ce furent plus de 200’000 étrangers qui durent quitter la Suisse.

Et déjà nous étions en lutte pour dénoncer cette mise au pilori scandaleuse de travailleuses et travailleurs par le patronat dans le seul but de cacher le véritable coupable à la crise pétrolière : le capitalisme financier.

En 1984, le slogan du 1er mai était « Ni xénophobe, ni raciste, solidaire »
Aujourd’hui, ce sont nos voisines et voisins frontaliers qui sont jeté-e-s en pâture, désigné-e-s responsables de tous les maux de Genève ! Chômage, bas salaires, précarisation de l’emploi, pénurie et cherté du logement ! Comme dans les années 70, cette xénophobie nauséabonde est portée par des mouvements populistes, aujourd’hui, le MCG et l’UDC, qui scandent les vertus de la « préférence cantonale » à tous vents en mentant honteusement à la population. En ce 1er mai, il faut rétablir haut et fort la vérité et être solidaires, unis pour lutter contre l’idéologie néolibérale et son économie hors sol qui gangrènent Genève et sa région.

Alors, rétablissons la vérité :

Les frontaliers sont-ils responsables du chômage à Genève ? C’est FAUX. La cause première du fort taux de chômage à Genève, c’est le développement d’une économie monochrome faite de banques, d’assurances, d’entreprises de négoce international, d’industries du luxe. Une économie des multinationales qui crée, certes, des emplois, mais des emplois « de luxe », des emplois inaccessibles à des personnes à faible qualification. Pourtant, les événements de la semaine dernière le montrent : même les emplois « à haute qualification » ne sont pas à l’abri. Merck Serono, poursuivant la logique d’une rentabilité toujours plus grande pour ses actionnaires, n’hésite pas à sacrifier des milliers d’emplois d’un simple claquement de doigts ! Merck Serono qui jette, en même temps, à la poubelle ses contrats de sous-traitance laissant sur le carreau des centaines de salarié-e-s travaillant dans des entreprises de nettoyage, de la manutention, ainsi que dans une crèche.

Nos voisins frontaliers acceptent-ils de travailler pour n’importe quel salaire ? C’est FAUX. La sous-enchère salariale est le fait de patrons et d’entreprises qui se permettent de payer des salaires indécents, sans être plus inquiétés que cela. Les contrôles sont totalement insuffisants. Et si les entreprises sont prises la main dans le sac, les sanctions sont si dérisoires qu’elles recommencent aussitôt !

Nos voisins sont-ils mieux logés que nous ? C’est FAUX. Ils vivent aussi la spéculation immobilière et des coûts de loyer excessifs. C’est toute l’agglomération qui est touchée par le désastre du manque de logements à Genève.

OUI, Genève fait du mal à notre région, à la zone AGGLO, en exportant son chômage et sa pénurie de logements.

La logique économique n’a rien à voir avec les besoins et les intérêts des travailleuses et des travailleurs. Le but est de donner satisfaction aux détenteurs du capital, aux actionnaires ou à ceux qui jouent en bourse.
Devant le désarroi né des difficultés économiques et du chômage, la responsabilité du mouvement ouvrier est de montrer que les salarié-e-s n’ont pas de possibilité de solution individuelle face aux atteintes à leurs conditions de vie, de travail et de revenu. Au contraire, le « repli sur soi » engendre des divisions dont profite le patronat ; le « repli sur soi » mène tout droit à l’intolérance, à la xénophobie et au racisme. Les tenants du libéralisme ont tout intérêt à développer l’individualisme et l’isolement des travailleur-euse-s. Car notre division fait leur force, le patronat en est tout à fait conscient.

Nous avons aujourd’hui à nous battre avec résolution et de manière solidaire pour le droit à la différence, le droit des minorités, les droits humains et les droits syndicaux en Suisse et dans le monde, pour la suppression de toute discrimination, et en premier lieu la discrimination entre les femmes et les hommes et la discrimination entre les suisses, les étrangers et les frontaliers.

Ce qui est VRAI, c’est que c’est ENSEMBLE que nous combattrons la xénophobie ambiante, les discriminations et les inégalités. Nous les combattrons, notamment, en gagnant notre initiative fédérale « pour un salaire minimum de 4000,- francs » ; en gagnant notre initiative cantonale « pour le renforcement des contrôles des entreprises » ; en gagnant plus de droits pour les chômeurs et pour les plus précaires ; en gagnant le rapport de force avec l’Etat lequel débute le 10 mai, pour défendre une fonction publique digne ; en luttant contre la sous-traitance, qui fragilise les travailleur-euse-s et qui permet à Merck Serono, de se dédouaner de toute responsabilité sur les centaines d’emplois en sous-traitance que Genève va perdre ; en luttant auprès de nos camarades de Merck Serono contre ce licenciement collectif sans précédent. Aujourd’hui comme hier, l’union fait la force !

Nicole Lavanchy

Présidente du Syndicat des travailleuses-eurs

1er Mai 2012

PS:

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