Comité d’organisation du 1er Mai

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Discours de 11h au monument des Brigadistes

Maria Roth-Bernasconi

pour le Parti Socialiste genevois

lundi 1er mai 2006 par Claude Reymond

conseillère nationale et co-présidente des femmes socialisates suisses

Camarades,
Le thème choisi pour cette journée internationale des travailleuses et des travailleurs est, cette année, le refus de la discrimination et de la xénophobie. Ce 1er mai est, chaque année l’occasion de rappeler qu’il est primordial de combattre toutes les formes de discriminations dans le monde du travail et de rappeler l’importance toujours plus saillante de combattre l’application, en Suisse comme ailleurs, des théories néo-libérales dans les domaines du travail en particulier et des politiques sociales en général.

Les révisions des lois sur l’asile et sur les étrangers ne sont malheureusement qu’une des nombreuses luttes qui nous attendent ces prochains mois et ces prochaines années. En effet, si nous ne voulons pas que les acquis gagnés de haute lutte ne soient plus que des souvenirs d’une époque révolue, nous devrons remettre l’ouvrage sur le métier en permanence.

Les révisions des lois sur l’asile et sur les étranger, si elles ne sont qu’une des pointes de l’iceberg, sont pourtant symptomatiques de l’état d’esprit qui règne en Suisse actuellement. Les attaques discriminantes et xénophobes à l’égard des étrangers et étrangères ne sont qu’une partie d’un changement de système que la droite populiste soutenue par la droite prétendument modérée entend insuffler aux politiques sociale et du travail en Suisse. En stigmatisant des coupables, elles tentent de diviser les travailleurs et travailleuses alors même que seule l’union nous permettra de maintenir nos acquis et de mettre en place un système plus égalitaire, notamment en matière d’égalité de salaire entre les hommes et les femmes ou d’égalité des chances.

Les étrangers et étrangères, les malades, les invalides, les chômeurs et les chômeuses sont montrés du doigt. Ils seraient tous des abuseurs de l’Etat social, des flemmards et des flemmardes qui tentent par tous les moyens de ne pas travailler ou de fuir leur pays pour des raisons économiques et non pour des raisons politiques, ethniques ou religieuses. En attaquant sur plusieurs fronts, en mettant en concurrence les travailleurs et travailleuses, la droite applique une vieille stratégie guerrière qui a fait ses preuves « diviser pour mieux régner ». Il nous appartient de ne pas nous laisser berner par ces discours diviseurs et de montrer un front uni et solidaire.
Nous devons penser et agir de manière globale. Toutes ces attaques sont inadmissibles séparément, en effet :

  • Il est intolérable que des enfants n’aient plus droit au regroupement familial dès l’âge de douze ans.
  • Il est intolérable de distinguer travailleurs et travailleuses européens et extra-européens
  • Il est intolérable de ne plus entrer en matière sur des demandes d’asiles quand les papiers d’identité font défaut.
  • Il est intolérable de risquer deux ans de prison sans avoir commis de délit pénal.
  • Il est intolérable que dix ans après l’adoption de la loi sur l’égalité, l’égalité salariale ne soit, et de loin pas, atteinte.
  • Il est intolérable que dans une société moderne des couples renoncent à faire des enfants car les structures politiques ne permettent pas de concilier vie familiale et vie professionnelle.
  • Il est intolérable qu’un travail à 100% ne permette pas de vivre décemment.

Bien d’autres exemples pourraient être cités, mais je m’arrêterais ici. En effet, nous devons toutes et tous nous rendre compte et faire comprendre que ces discriminations à caractère xénophobes, machistes ou économiques relèvent de la même logique et que notre seule chance de gagner ces combats se trouve dans l’union et la solidarité.

Le Parti socialiste lutte tous les jours au côté des autres mouvements et partis de gauche pour défendre et améliorer les conditions de travail, pour mettre en œuvre l’égalité des chances entre toutes et tous, pour éviter le démantèlement de l’Etat social, pour supprimer toute forme de discrimination et de xénophobie. A titre d’exemple, on peut citer, le train de mesures déposé au Parlement sous formes d’interventions parlementaires à l’occasion de la journée des femmes du 8 mars dernier, dans le but de mettre en œuvre l’égalité entre hommes et femmes dans le monde du travail.

En conclusion, je vous rappellerai que nos chances d’arrêter ce qu’on pourrait appeler la révolution néo-libérale se trouve dans cet adage : « l’Union fait le force ». Tous ces thèmes, tous ces changements ne peuvent être vu séparément mais doivent être compris comme une ferme volonté des mouvements de droite, de remettre en cause l’Etat social en stigmatisant les plus faibles qu’il était censé protéger, en les accablant de tous les maux.

Nous nous devons de parler d’une voix unie et solidaire et de rappeler sans cesse que les plus faibles ne sont pas la cause de tous les maux, que le système si imparfait soit-il de l’Etat social est une des plus grande avancée politique qu’a connu l’humanité avec la démocratie et qu’il est du devoir et de l’intérêt de chacun et de chacune de le défendre.

Merci de votre attention