9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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une pierre qui marque le chemin...

mercredi 10 septembre 2008 par Claude REYMOND

Interrogé par la Tribune de Genève, Monsieur Bernard Lescaze exprimait le sentiment :

« Nous devrions plutôt nous dé­barrasser de ce caillou ! ... je ne comprend pas que le gouvernement cautionne le transfert d’une pierre posée illé­galement par un comité privé. ... Sur le fond, on utilise une mémoire émotionnelle à des fins politiques. » Plutôt qu’une pierre monumentale, Bernard Lescaze voudrait une modeste plaque.

Evidemment, issu d’un milieu peut sensible aux souvenirs des meurtrissures qu’il affligea aux citoyennes et citoyens contestant ses affinités avec les tenants de l’ordre social qui leur en garantit une appropriation des profits de l’activité économique à leur presque exclusive détermination, on comprendra cette attitude de négation.

Bien que cette dernière développe tant d’effets depuis des années, nous sommes toujours surpris de se retrouver si nombreux autour de cette Pierre qui fut posée au coeur du quartier populaire Plainpalais afin de rappeler que la tentation du fascisme - ayant séduit notre bourgeoisie locale - avait suscité une résistance et un engagement majeur à la combattre : 5000 personnes dans la rue de Carouge le soir du 9 novembre 1932...

Monsieur Lescaze ne s’est jamais approché de la-dite Pierre parce qu’ il aurait vu sur son verso la plaque commémorative posée en 1992. Et connaissant son existence, il se serait abstenu de polémiquer à ce sujet pour sans doute préféré

  • nous expliquer en quoi SES fins politiques sont meilleures que les nôtres ;
  • formuler une proposition de SA classe qui nous convainque d’enlever les cailloux posés là afin de baliser certains chemins dangereux...

Mais peut-être que Monsieur Lescaze s’avisera de compléter, pour aborder par exemple la question des symboles (références ?) concernant certains faits de société, pour lesquels on pourrait convenir d’une importance ou signification commune et citoyenne.

Quoi qu’il en soit et advienne, rares sont les badauds qui perçoivent la Pierre comme « monumentale », les touristes s’en approchant toujours parce que son état brut contraste avec d’autres signes plus somptuaires.