Comité d’organisation du 1er Mai

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Amnesty International par Emily BAUD

vendredi 1er mai 2015

« INITIATIVE POPULAIRE FÉDÉRALE POUR DES MULTINATIONALES RESPONSABLES »

Chers amis, camarades et partenaires,

Au nom de la Section suisse d’AMNESTY INTERNATIONAL et en tant que représentante du Comité Exécutif des Groupes de Genève, je tiens tout d’abord à remercier Claude Reymond et la CGAS, ainsi que la Coalition du 1er Mai dans son ensemble, de nous accorder la parole lors de cette manifestation.

En effet, traditionnellement, le Groupe 1 tient un stand aux Bastions pendant la Fête du Travail, mais cette année la situation est un peu différente : AMNESTY fait partie d’une coalition de 66 organisations – dont certaines des vôtres, le GSsA, les syndicats UNIA ou SSP-VPOD, mais aussi des ONG comme Alliance Sud, GREENPEACE, la Déclaration de Berne, SOLIDAR, Terre des Hommes, ETHOS ou Peace Watch, pour n’en citer que quelques-unes, qui lance une Initiative populaire fédérale pour des multinationales responsables, afin d’inscrire dans la Constitution Helvétique l’obligation pour les multinationales suisses de respecter à l’étranger les Droits humains et environnementaux.

Cette initiative, lancée le 21 avril, est issue de la pétition « Droit sans Frontières », qui avait récolté 135’000 signatures en 2012, mais qui n’a pas été suivie d’actions concrètes de la part du Conseil Fédéral : tout en reconnaissant qu’il y avait problème dans les agissements de certaines entreprises, il a préféré laisser au bon vouloir de chacune la façon de gérer ses activités, en espérant qu’elles le feraient de manière responsable ! Sauf que, sans mesures contraignantes, il n’est pas possible de compter sur la bonne volonté des plus grosses multinationales à faire passer la justice avant leur profit... Ainsi la Suisse se situe au 9e rang des pays recensés impliqués dans des cas de violations des Droits humains à l’étranger !

C’est pourquoi l’Initiative pour des multinationales responsables veut remédier à cette lacune dans la protection des êtres humains et de l’environnement qui n’a pas suivi l’évolution de la mondialisation : introduire le devoir de diligence dans la loi, de sorte que les entreprises aient l’obligation de garantir que leurs activités ne violent pas les droits fondamentaux, selon les principes dits de Ruggie (adoptés par l’ONU en 2011), à savoir "évaluer les risques", "agir en conséquence", "rendre compte".

Il est effectivement grand temps d’en finir avec les multinationales "voyous" !

Quelques exemples ? Glencore au Congo, avec la pollution des eaux et les violences commises à l’égard de la population par ses agents de sécurité ! Syngenta, qui continue à vendre un pesticide hautement toxique aux pays en développement alors qu’il est interdit en Suisse depuis 1989 ! Roche et Novartis, qui utilisent des cobayes humains dans des pays pauvres et moins regardants éthiquement parlant (Ukraine, Russie, Inde...) pour tester leurs médicaments et laisser brutalement les cobayes sans suivi médical à la fin des essais ! Et il y en aurait bien d’autres à citer, malheureusement...

L’Initiative devrait donc donner la garantie de l’application des trois Principes directeurs :

  • Le devoir de la Confédération de s’assurer que ses entreprises ne violent pas les Droits humains et environnementaux.
  • La responsabilité des multinationales suisses de respecter ces mêmes Droits et de tout mettre en œuvre pour empêcher leurs violations.
  • L’accès à des voies de recours efficaces pour les victimes de violations de ces mêmes Droits.
    >br_>
    Je vous remercie par avance de faire bon accueil à nos bénévoles et d’ajouter votre nom sur les feuilles qui vous seront présentées ce 1er Mai, première Journée officielle du lancement en vue de recueillir les 100’000 signatures valides !

Emily BAUD
Comité Exécutif AMNESTY INTERNATIONAL GENÈVE