Comité d’organisation du 1er Mai

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autrement, MAYDAY

jeudi 29 avril 2010 par Claude Reymond

Le 1 er mai 2010 Maydaygenève* défilera pour la 2ème fois ! Une parade festive et musclée pour exprimer une colère générale contre la dégradation des conditions de travail, de la qualité de vie, de la liberté d’expression, de la dévastation des ressources naturelles au profit de quelques milliardaires criminels et contre la politique intolérante et sécuritaire d’une certaine frange de gouvernants !

Face à la précarité … Créativité !

Nous possédons les outils et l’imagination pour proposer d’autres idées, d’autres manières d’être ensemble, d’autres formes de travail et de production. Utilisons moins de biens et créons plus de liens, réapprenons à gagner du plaisir plutôt que de l’argent ! Revendiquons la diversité contre la médiocrité, l’aspérité contre l’uniformité, le bruit joyeux contre le silence dépressif, le désordre organique et foisonnant contre l’ordre conformiste, le partage entre jeunes et les anciens contre le jeunisme, l’harmonie entre les femmes et les hommes contre les stéréotypes aliénants.

Anticipons les changements, proposons des alternatives créatives à la culture mondialisante du commerce pour le profit à outrance, soyons plus que jamais au cœur de la création d’un monde à venir plus solidaire et plus beau.

Travailleurs, chômeurs et étudiants : même combat !

Les sociétés ultra-libérales, aidées par des politiques complaisantes voir collaboratrices, ont creusé un fossé artificiel et pernicieux entre travailleurs et chômeurs. Les premiers doivent supporter toutes sortes de contraintes et d’obligations de flexibilités, et ne parviennent pourtant qu’avec peine à boucler les fins de mois. Ils ont « de la chance d’avoir un boulot ! » Merci Patron ! Les seconds, taxés d’improductivité et donc « d’inutilité », sont poussés par toutes sortes de dispositifs administratifs à accepter des jobs précaires et dégradants.

Les travailleurs font tourner l’économie, produisant richesses et croissance, qui participent à l’enrichissement d’une poignée d’individus. Les chômeurs restent sur le carreau, à la recherche d’une place de travail que le système dérèglèmenté est incapable de leur assurer.

Dans les établissements de formation, les filières définies comme non-rentables sont éliminées au profit de formations standardisées, qui répondent aux besoins en main d’œuvre de l’économie de marché. Aujourd’hui, les étudiants sont davantage précarisés. Ils doivent travailler encore plus pour survivre durant leurs études, mettant en péril leur vie sociale, associative, créatrice et amoureuse.

Ce n’est pas la vie que nous voulons !

Nous voulons travailler différemment, avoir du temps pour penser, rêver et créer !

Logements et espaces de culture ne sont pas antinomiques !

Des quartiers populaires plein de vie, comme Plainpalais et la Jonction, sont pris en otage et transformés en vitrines d’une Genève proprette, chic, cool, hype et élitiste, qui ne permet que difficilement une mixité entre lieux d’habitats et lieux de culture. De nouveaux riverains s’accaparent des pans entiers de ville, avides des avantages qu’une vie citadine peut offrir, mais refusant ses inconvénients. Les problèmes de voisinage liés aux nuisances sonores dans le quartier de l’Usine en sont le parfait exemple. A contrario, dans le quartier populaire des Grottes, des logements étudiants jouxtent des lieux de culture, dont ils sont souvent à la fois les initiateurs et les bénéficiaires.

Genève souffre d’une crise de logement chronique, alors qu’une centaine d’immeubles sont fermés ou murés dans le Canton au bénéfice d’une délinquance immobilière qui fait sont plein et dicte sa loi. En attendant, les genevois sont obligés d’accepter des prix locatifs exorbitants et la culture émergente se meurt, faute de lieux d’accueil et de production.

Les futurs projets de constructions de logement ne prévoient qu’à force de pétitions des espaces d’accueil et de production pour la culture de base mettant en péril un vivier culturel pour le futur.

Ce n’est pas la ville que nous voulons !

Logement et culture peuvent coexister, ouvrez les murs !

Liberté d’expression et diversité, un riche mariage d’amour !

L’affichage libre, a été muselé, l’expression de rue criminalisée et leurs auteurs menacés d’amendes exorbiantes. L’exercice des libertés « démocratiques » les plus fondamentales (distribution de tracts, rencontres dans l’espace public, manifestations de rue, etc.) est maintenant soumis à une autorisation policière. Les rassemblements de jeunes sont constamment surveillés et/ou réprimés, ils sont devenus la cible d’un acharnement étatique et policier hystérique. Tout ça pour faire de Genève une « ville propre » et sans âme.

Les étrangers, boucs-émissaires de la crise économique, sont harcelés dans les rues par les forces de l’ordre, qui semblent confondre couleur de peau et criminalité, alors que les délinquants financiers internationaux sont libres et protégés.

Ce ne sont pas les valeurs que nous défendons !

Nous voulons des espaces de réunion, d’auto-organisation, d’expérimentation et de libre expression.

Abdiquer ou créer, nous avons choisi !

Collectifs d’artistes, acteurs culturels, précaires, espaces culturels autogérés, critical mass, collectifs étudiants, groupes de travailleurs, décroissants, associations d’immigrés, squatters, rouges, verts, bleus, libertaires, lesbiennes, gays, bisexuels, trans-sexuels, féministes, militants de tous poils et de tous horizon, nous vous lançons un appel à la mobilisation créative contre la précarité sous toutes ses formes !

Collectif ouvert Maydaygenève

*Maydaygenève s’inscrit dans le mouvement transnational Euromayday, né à Milan en 2001. Cette manifestation, ralliant le traditionnel défilé du 1er Mai, a été initiée par des collectifs d’artistes, activistes, penseurs et travailleurs dénonçant d’une façon « créative et musclée » toutes les formes de précarités. Ils ont anticipé à leur manière les besoins d’expressions fondamentaux d’un monde en pleine crise d’identité, pour s’ouvrir à toutes les revendications sociales : ethniques, politiques, culturelles, sexuelles ou écologiques. Aujourd’hui, EuroMayday est un réseau international actif dans une quinzaine de pays et qui mobilise et fédère des centaines de milliers de personnes dans le monde.