Comité d’organisation du 1er Mai

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1er Mai 2009 au monument aux brigadistes

ILS VEULENT NOUS FAIRE PAYER LEUR CRISE… RÉAGISSONS !

Discours de Pierre VANEK (solidaritéS)

mardi 5 mai 2009 par Claude Reymond

Depuis un an, la crise financière et économique affiche au grand jour toutes les contradictions d’un système fondé sur l’exploitation des salarié-e-s et le pillage des ressources naturelles, au profit d’une minorité de privilégiés. Débloquer en quelques semaines plus de 68 milliards de francs pour « sauver » l’UBS n’est toutefois pas un problème pour le Conseil fédéral… Rappelons que Marcel Ospel, à la tête de l’UBS a touché 46 millions de bonus depuis 2005. En 2006, sa rémunération s’élevait à près de 72’852 francs par jour, week-ends compris !

Qu’en est-il lorsqu’il s’agit de « sauver » de la pauvreté des retraité-e-s dont les rentes du 2e pilier risquent d’être réduites de 10% d’ici 2015, si la révision de la loi sur la prévoyance professionnelle votée par les Chambres fédérales devait passer le cap de la votation populaire ?

Qu’en est-il lorsqu’il s’agit de « sauver » du chômage des dizaines de milliers de jeunes qui ne trouvent pas de premier emploi, dès lors que l’augmentation du chômage des jeunes a été de 38,5% de mars 2008 à mars 2009, sans parler du manque criant de places d’apprentissage ?

Qu’en est-il lorsqu’il s’agit de sauver des emplois dans des entreprises qui ont réalisé de juteux bénéfices, sans parler des avantages fiscaux aux gros actionnaires ?

Nous sommes au coeur d’une gigantesque crise sociale, écologique, climatique, alimentaire, énergétique, provoquée par ce système capitaliste, et les privilégiés du monde ne songent qu’à rétablir les profits de leurs banques et les leurs.

Deux poids, deux mesures... On ne prête qu’aux riches !

De quelle démocratie parle-t-on lorsque les gouvernements des pays capitalistes décrètent des « plans de relance » pour des milliers de milliards de dollars en faveur de sociétés qui licencient à tour de bras, sans même consulter les plus touché-e-s, à savoir les salarié-e-s de ces secteurs ? Une démocratie qui s’arrête à la porte des lieux de travail...

Après vingt-cinq ans de capitalisme décomplexé, quel bilan peut-on tirer du point de vue de l’écrasante majorité de la population ?

Une réduction des protections sociales…

Une diminution des prestations sociales pour les chômeurs-euses et les personnes à l’AI. Un 2e pilier pour lequel chacun-e cotise, mais dont les plus jeunes ne verront peut-être jamais la couleur. Une assurance maladie dont les primes prennent l’ascenseur (hausses de 10 à 15 % annoncées pour 2010 !) et grèvent fortement nos budgets. Sans parler du projet antisocial de « taxe de consultation » de Frs 30.-, mis en avant récemment par Pascal Couchepin.

Une précarisation sans fin de l’emploi…

Des emplois de plus en plus précaires et mal payés (le travail temporaire a crû de 60% de 2004 à 2006 ; il a même quadruplé en Suisse depuis 1993), mais aussi des menaces de délocalisation, ont permis de justifier un recul des salaires réels, en particulier pour les moins bien lotis. Ce sont très souvent les femmes qui ont été les plus touchées : hausse massive du temps partiel contraint et du travail sur appel.

Des conditions de travail dégradées…

Des horaires plus irréguliers (travail de nuit, en équipe) et une augmentation des maladies liées au travail et au mobbing : stress, dépression, troubles musculo-squelettiques, etc. Selon une récente enquête, en Suisse, 31 % des personnes actives affirment que leur travail porte atteinte à leur santé, 19% déclarent avoir été absents pour des raisons de santé au cours des 12 mois précédents. Le travail nuit à la santé…

Des inégalités croissantes…

Des PDG et des actionnaires qui s’accordent des salaires et des dividendes pharaoniques, jusqu’à 500 fois le salaire d’un travailleur de leur société. Sans parler des licenciements massif au sein d’entreprises faisant des bénéfices au nom de la rentabilité... Toujours plus pour le capital, toujours moins pour le travail !

Des divisions entretenues…

Des salarié-e-s privés des droits les plus élémentaires reconnus dans la plupart des pays européens (protection élémentaire contre les licenciements, salaire minimum légal, etc.), de plus en plus livrés pieds et poings liés à la concurrence que se font les patrons. Une situation qui les incite à se diviser entre Suisses et étrangers, Européens et non Européens, stables et précaires, détenteurs de permis et sans permis, femmes et hommes, etc., au lieu de se battre ensemble pour leurs droits.

rUN BOUCLIER SOCIAL POUR UNE ALTERNATIVE GLOBALE !r

Les salarié-e-s des ateliers CFF à Bellinzone, en défendant leurs emplois par la grève, ont montré qu’une action solidaire et collective donne des résultats. Toutes et tous, agissons ensemble sur les lieux de travail, mais aussi sur le plan associatif et politique, pour défendre nos droits.

Face à cette crise sans précédent du capitalisme depuis la Seconde guerre mondiale…

  • Construisons un bouclier social pour défendre nos intérêts fondamentaux, pour nous renforcer et pour nous unir.
  • Forgeons ainsi notre volonté de rompre avec le capitalisme, un système économique et social fondé sur la croissance sans fin des inégalités sociales et la destruction de notre cadre de vie.
  • Travaillons à une alternative de civilisation fondée sur une production répondant à nos véritables besoins, décidée démocratiquement, dans le respect des grands équilibres environnementaux.