Comité d’organisation du 1er Mai

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Le RMI, c’est la vie avec un point d’exclamation à la fin

mercredi 30 avril 2008 par Claude Reymond

Séance du 1er Mai au parc des Bastions

LE RMI, C’EST LA VIE AVEC UN POINT D’EXCLAMATION À LA FIN de Pierre Merejkowsky

1999/ France/ 54 min/ DV

Qui mieux que notre ami Pierre Merejkowsky (FILMER ET PUNIR) pour parler du travail ? Et, plus que le travail, c’est toutes les notions du rapport de l’homme face au labeur qu’il met en scène. Qu’est-ce qu’être libre dans une société qui redéfinit les termes selon son bon vouloir ? La réponse de Merejkowsky, caustique, permet de réhabiliter le non-travailleur assisté comme un être plus libre que celui qui s’asservit à remonter le moral économique d’un État qui ne le récompense guère.

Séance expérimentale – Les archives du Parti Communiste français
Dans le cadre de la commémoration des évènements de mai 1968, nous proposons une série de documents déposés auprès de Ciné-Archives, le fonds audiovisuel du PCF. Il s’agit là le plus souvent de films militants produits par des collectifs de cinéastes : centrés sur les grèves et les occupations en milieu ouvrier, à Paris comme à Marseille, ces films d’agitation témoignent du rôle actif que le cinéma a joué dans la mobilisation politique, autour des années 1967-1968. Le “babil des classes dangereuses” a été ainsi ressaisi en images et en sons, en relation ou extérieurement aux organisations syndicales. Bref, une page du cinéma militant nous est donnée à voir à travers ces documentaires rarement diffusés…

rProgramme du Spoutnik MAI 2008r


À LA VOLONTÉ DU PEUPLE

Les étudiants de Mai 68 méritent le respect. Ils nous rappellent que la démocratie n’est pas un acquis sclérosé et qu’il faut régulièrement se battre pour que la parole des citoyens républicains soit l’égale de celle de leurs dirigeants. Les luttes pour les libertés individuelles qu’ont mené les peuples contre des gouvernements oppressants (politiquement et intellectuellement) ne datent pas d’hier. Spoutnik revient sur quatre soulèvements populaires aux résultats inégaux, un film psychotronique qui prouve que même les morts veulent obtenir réparation, un documentaire coup de poing sur le parcours de nos aliments, le nouveau film de Jacques Doillon, auteur de L’AN 01, et, enfin, profite du 1er mai pour revenir sur le monde du travail dans un film typique de Pierre Merejkowsky.

Ces propositions cinématographiques ne seront pas isolées en ce mois de Mai 2008. La maison de quartier de la Jonction projettera les documentaires RHINO, DOU YOU REMEMBER REVOLUTION ?, PAYSAGE URBAIN et LA DÉSOBEISSANCE CIVILE entre les 7 et 17 mai. Le forum du militantisme proposera du 6 au 9 mai des films articulés autour de la liberté d’expression, tels que GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK, BIRMANIE, LA RÉVOLUTION PAR L’IMAGE, ainsi que les courts métrages ACTIONS DU MOUVEMENT DES 2 BARQUES, NOTRE MONDE EST POSSIBLE et TEXT’TIME.


HEAD : lundi 5 mai, 18h

CE JOUR-LÀ (France, 1967, 30 min), Jacques Krier, Marcel Trillat et Paul Seban

MAI-JUIN 68 A LA GARE DU NORD (France, 1968, 6 min), Jacques Phélut

DASSAULT, NOTRE FORCE (France, 1968, 12 min), film collectif

ET MAINTENANT (France, 1968, 28 min), film collectif


rSpoutnik : mardi 6 mai, 21hr

LA CGT EN MAI 68 (France, 1968, 90 min), Paul Seban


LE MUR DES OUBLIÉS de Joseph Gordillo

2007/ France/ 82 min/ DVD

En demandant à son père l’exhumation du corps de son grand-père, fusillé par la Garde Civile franquiste, le réalisateur Joseph Gordillo va enclencher un exorcisme chez les habitants du village andalou où il se rend. Les langues se délient, la parole permettant de trouver enfin les mots pour décrire la cassure entre les deux Espagne qui cicatrisent encore leur blessure. Et si ceux qui ont vécu la guerre veulent que la vérité soit établie, les adolescents ont, eux, oubliés qui est Franco.

Ponctué d’animations qui illustrent l’histoire de la guerre d’Espagne, LE MUR DES OUBLIÉS est un beau film qui replace cet événement dans sa perspective humaine. Photographe, Joseph Gordillo est né à Metz de parents espagnols ayant fui le franquisme. Pour son premier film, il a donc choisi de faire rencontrer son histoire (retrouver la dépouille de son grand-père) à l’Histoire de l’Espagne. Le film peut se voir comme la psychothérapie des victimes d’une guerre qui les hante encore. Et, à travers ces témoignages, c’est tout un pays qui tente de sortir d’une amnésie qui, au pire, entraînerait les générations futures dans l’oubli de cette horreur.


SOY CUBA de Mikhail Kalatozov
1964/ Cuba – U.R.S.S/ 141 min/ 35mm
v.o. s.-t. allemand/français
av. Sergio Corrieri, Jean Bouise, Luz Maria Collazo, Celia Rodriguez

À travers quatre récits de destins singuliers, l’histoire de Cuba, passé du régime de Batista (le dictateur, pas le catcheur) à la révolution de Castro.

SOY CUBA est le grand classique du cinéma sur la révolution cubaine. Il s’agit pour le réalisateur Mikhail Kalatozov (auteur du sublime QUAND PASSENT LES CIGOGNES) de mettre en avant l’idéal communiste face à l’emprise mondiale du capitalisme. Mais il le fait avec une maestria technique qui transcende littéralement son propos propagandiste. La thématique première sert ainsi, autant pour le metteur en scène que pour les deux jeunes poètes qui ont écrit le scénario, à montrer une fresque dont la volonté est de rester à niveau humain. Un film sans précédent et, aujourd’hui, sans legs.


UN POQUITO DE TANTA VERDAD de Jill Irene Freidberg
2007/ Etats-Unis/ 90 min/ DVD
v.o. s.-t. français

Comment, au printemps et à l’été 2006, la grève des instituteurs à Oaxaca au Mexique devient une rébellion menée par des syndicats, des coopératives et des associations (réunies sous le nom de Asemblea Popular de los Pueblos de Oaxaca – APPO). Devant un régime borné, la démission du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz est demandée. Refus. On monte alors aux barricades.

Comparée à la Commune de Paris, décrite comme la première révolution latino-américaine du XXIème siècle, la révolte pacifiste que montre UN POQUITO DE TANTA VERDAD prouve que l’on peut lutter sans armes ni violence. L’événement est assez impressionnant en soi et le film le retranscrit sans emphase. L’histoire complexe d’Oaxaca, que l’on aime à surnommer la ville des couleurs, apparaît ici très simplement. L’exemple d’un gouvernement responsable et social viendra-t-il donc du Mexique, le pays de Santo ?

Rendez-vous en marge du film : James Van Leuven (aka Plan B), compositeur de la musique de UN POQUITO DE TANTA VERDAD sera présent après la projection du 3 mai pour un set mêlant influences électro et hip/hop et nous permettre de découvrir une autre des facettes de ce musicien de Seatle exilé à Paris. Plan B est composé normalement de plusieurs musiciens originaires des deux côtés de l’Atlantique. C’est donc un Plan B en version intime qui s’invite au Spoutnik. Une belle façon d’habiter le cadre chaleureux de la salle de la rue de la Coulouvrenière…


LA COMMUNE (PARIS, 1871) de Peter Watkins
2000/ France / 210 min/ Beta SP
v.o. s.-t. français

Nous sommes en 1871. Le peuple insurgé crée la Télévision Communale pour contrer la Télévision Versaillaise. Plus de 200 protagonistes vont livrer face à la caméra leurs réflexions et interrogations sur les politiques et réformes en cours.

Tourné pour la télévision, LA COMMUNE (PARIS, 1871) est ici présenté dans son montage exclusif pour le cinéma. Première insurrection prolétarienne selon Karl Marx, la Commune de Paris sert au réalisateur Peter Watkins (THE WAR GAME, PUNISHMENT PARK vu au Spoutnik) de symbole pour mettre à jour la responsabilité de chacun dans une révolte. L’anachronisme du sujet de base - des interviews télévisées au XIXème - n’est pas qu’une astuce de mise en scène. Pour Watkins, l’Histoire n’est pas qu’une suite de faits enracinés dans le temps, mais bien une éternelle discussion entre le passé, le présent et le futur. LA COMMUNE (PARIS, 1871) évoque ainsi autant une insurrection vieille de deux siècles que le monde des années 2000.


NOTRE PAIN QUOTIDIEN (UNSER TÄGLICH BROT) de Nikolaus Geyrhalter
2007/ Autriche/ 92 min/ 35mm

Pendant deux ans, Nikolaus Geyrhalter a placé sa caméra au coeur des plus grands groupes européens agricoles, nous donnant accès des zones inaccessibles. Il a filmé les employés, les lieux et les différents processus de production pour réaliser un documentaire cinéma qui interroge et implique intimement chaque spectateur. NOTRE PAIN QUOTIDIEN ouvre une fenêtre sur l’industrie alimentaire de nos civilisations occidentales modernes. Réponse à notre sur-consommmation, la productivité nous a éloigné d’une réalité humaine pour entrer dans une démesure ultra-intensive qui a rejoint les descriptions des romans d’anticipation. Cadrages minutieusement composés, images cristallines, montage fluide construisent un film sans commentaire, sans propagande, dont les images parlent et demeurent. NOTRE PAIN QUOTIDIEN questionne, inquiète et fascine…

Documentaire sans voix off et sans entretiens explicatifs, NOTRE PAIN QUOTIDIEN pourrait se comparer aux films de Godfrey Reggio (KOYAANISQATSI, POWAQQATSI). Ainsi retrouve-t-on le traitement des images par répétition, efficace lorsqu’il s’agit de retranscrire à l’écran mécanisation de la production alimentaire et perversion des cycles naturels. Sauf qu’ici, nous sommes loin de la poésie et des interrogations philosophiques soulignées par la mélancolie d’un Philip Glass. NOTRE PAIN QUOTIDIEN s’interroge beaucoup plus froidement sur l’un des enjeux majeurs de notre temps : quel est le chemin exact parcouru par le contenu de nos assiettes. Et surtout, quel est l’écart entre l’image publicitaire habituellement associée à l’alimentaire (« un beurre issu d’une petite ferme avec toute une diversité d’animaux ») et la réalité de lieux de production peu, voire pas du tout visités par des caméras : usines, serres, champs et mines, bétaillières, chaînes d’assommage de dépeçage et de jonglage... Nikolaus Geyrhalter use du cinéma au sens large – le plan d’un avion déversant des pesticides n’est pas sans rappeler le Hitchcock de NORTH BY NORTHWEST – afin d’immerger le spectateur dans un univers jusque-là occulté, et pour le moins terrifiant.


LE PREMIER VENU de Jacques Doillon
2008/ France – Belgique / 123 min/ 35mm
av. Clémentine Beaugrand, Gérald Thomassin, Guillaume Saurrel

Pour doper sa vie qu’elle juge inutile, une jeune fille, Camille, issue d’un milieu bourgeois, décide de donner son amour. Et celui qu’elle se choisit sera le premier venu. Pas au plus séduisant, ni au plus méritant. Mais à un type pas aimant, pas aimable, qui ne peut guère susciter l’amour. Le regard sur l’autre, le regard sur soi, à travers la rencontre d’une « drôlesse » et d’un « petit criminel ».

C’est en complément logique de notre thématique de ce mois-ci que nous proposons le nouveau film du réalisateur de L’AN 01 et LA PURITAINE. Celui-ci voit le jour presque cinq ans après son précédent long métrage, RAJA, car Jacques Doillon, comme bien d’autres, éprouve de plus en plus de difficultés à trouver les financements nécessaires. Si cela lui a imposé de modifier sa méthode de travail, il n’a pas pour autant choisi de sacrifier le temps qu’il consacre habituellement à ses acteurs. Et cela se ressent immédiatement dans LE PREMIER VENU : il y a du mouvement et de la fantaisie, les comédiens (excellents) s’emparent naturellement du sujet et magnifient les dialogues acérés de Doillon. À mi-chemin entre drame et fait divers scénarisé, le cinéaste livre une radieuse histoire de fin de jeunesse, spontanée, jubilatoire. Notons la présence au générique de Gérald Thomassin, plus connu pour le rôle-titre du PETIT CRIMINEL en 1990.


SÉANCE PSYCHOTRONIQUE GRATUITE

LA RÉVOLTE DES MORTS-VIVANTS (LA NOCHE DEL TERROR CIEGO) d’Amando de Ossorio
1971/ Espagne/ 101 min/ DVD
v.o. sous-titrée en anglais
av. César Burner, Lone Fleming, Elena Arpon, Joseph Thelman

Il n’y a pas que les opprimés menacés de mort qui peuvent s’autoriser à se révolter contre une autorité asservissante, il y a aussi ceux qui sont morts depuis sept siècles. Dans le cas de cette bien nommée RÉVOLTE DES MORTS-VIVANTS, il s’agit de templiers avides de vengeance contre le roi d’Espagne qui les a pendus au XIIIème siècle. Une fois revenus à la vie, ils ne font pourtant guère de distinction entre le roi et les manants.

Premier épisode d’une tétralogie sur les templiers-zombies, ce film d’Amando de Ossorio (un vrai spécialiste qui aime aussi les vampires) essaie de se démarquer de LA NUIT DES MORTS-VIVANTS de Romero en s’autorisant un discours pseudo-historique sur le passé espagnol (de Ossorio place la création des templiers un siècle après leur apparition). À la fois sérieux dans son traitement, négligeant le moindre humour, et délirant dans son contenu (les yeux crevés des templiers, le triangle amoureux très mélo…), le film ose un rythme lent et des références à Lovecraft qui plairont aux amateurs. Notons que la version présentée ici est l’intégrale espagnole avec plus de gore, de nudité et de scènes sexuelles.