Comité d’organisation du 1er Mai

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Discours de 11h au monument des Brigadistes

Christian Lopez Quirland

lundi 1er mai 2006 par Claude Reymond

Directeur de l’OSEO Genève et co-président des associations OSEO de Suisse

70ans de l’OSEO

1er mai 2006 - Genève

POUR UN NOUVEAU CONTRAT SOCIAL

Depuis sa création en 1936, l’OSEO s’engage pour une société plus juste et solidaire. Aussi, notre histoire est marquée par l’accompagnement des personnes les plus démunies et par une action constante de soutien aux exclus, d’ici et d’ailleurs.

Force est de constater que depuis quatre ans, les activités des 10 associations régionales à Bâle, Berne, Fribourg, Genève, Shaffouse, Suisse Centrale, Valais, Vaud, Tessin et Zürich n’ont cessé de prendre de l’ampleur pour répondre à des besoins de plus en plus pressants.

Malgré nos efforts, nous constatons que de nombreuses personnes continuent à lutter contre vents et marées pour s’intégrer dans une économie de plus en plus exigeante, voire excluante à bien des égards.

L’augmentation de la précarité, le chômage des jeunes, le développement des working-poor, en sont quelques exemples parlants. Les allusions récurrentes aux demandeurs d’emploi considérés parfois comme des « fainéants » ou « profiteurs », ou les actions menées contre le droit d’asile et les étrangers en sont d’autres, et représentent, à notre sens, des indicateurs notables qui démontrent l’état de détérioration du tissu social et la mise à l’écart de la solidarité comme facteur essentiel de cohésion.

Dans ce cadre, certains secteurs préconisent de faire plus avec moins et font porter individuellement aux catégories les plus défavorisées la responsabilité de leur réussite ou de leur échec.

L’ OSEO Genève s’élève et condamne fortement cette nouvelle vision de la société car elle fait abstraction des conditions et des modèles socio-économiques implantés en Suisse et à l’étranger au cours de ces dernières années. Modèles inscrivant au centre de leur action la dérégulation, la flexibilité à outrance et le désengagement de l’Etat.

  • Peut-on accepter durablement l’existence d’emplois précaires ?
  • Peut-on accepter que des personnes soient écartées durablement du marché du travail ?
  • Peut-on accepter que les étrangers et les requérants d’asile soient continuellement montrés du doigt comme étant les responsables de tous les maux de notre société ?

La position défendue par l’OSEO Genève consiste à s’opposer à cette évolution présentée comme étant soi-disant inéluctable. Plutôt qu’une acceptation passive et sans fondement réel, notre organisation se veut proactive et propose des pistes de solutions :

1.- Développement et création d’entreprises sociales afin d’offrir des emplois aux demandeurs d’emplois les plus fragilisés, l’objectif étant de les préparer à un retour en emploi de manière échelonnée tout en tenant compte de leurs capacités d’insertion.

2.- Développement d’emplois dans des secteurs sociaux tels que ; les soins à domicile, la médiation interculturelle, les crèches, le soutien scolaire, notamment.

3.- Lutte intensive conte le chômage des jeunes par l’amplification des Bourses d’études, l’augmentation de la mobilité pour les jeunes entre les régions, le soutien aux petites et moyennes entreprises mais aussi par la création urgente de Comités, aux niveaux national et régional, intégrant l’ensemble des partenaires sociaux pour traiter cette question.

4.- Régularisation des travailleurs - travailleuses sans statut légal.

5.- Renforcement des aides à l’intégration des étrangers.

L’ OSEO gère aujourd’hui 5 projets du marché du travail : intégration des étrangers, ateliers pour jeunes en rupture scolaire, formation continue pour demandeurs d’emplois, une agence de placement à but non lucratif, notamment.

Notre organisation se propose de faire honneur aux hommes et aux femmes qui ont créé l’OSEO. Nous nous proposons de continuer leurs rêves pour une société plus juste et où chacun trouve une place digne.

Pour notre organisation, le maintien et le renforcement de la cohésion dans notre pays passe impérativement par le respect de la citoyenneté sociale de l’ensemble de nos concitoyens, suisses et étrangers.

Cela est une tâche urgente et nous nous proposons de continuer à nous engager, avec l’ensemble de nos partenaires, étatiques et sociaux, pour que cet objectif soit un jour réalisé.

Christian Lopez Quirland

Directeur de l’OSEO Genève et co-président des associations OSEO de Suisse