9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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sans devoir de mémoire, on court le risque d’une répétition

Antonio Hodgers, Conseiller national Les Verts, 9 novembre 2012

vendredi 9 novembre 2012

Lorsque la mort de citoyens est commise par l’Etat – à savoir l’organe censé au contraire les défendre – il est indispensable de tout entreprendre pour que, dans un premier temps, les responsables soient condamnés, car il ne peut y avoir de réconciliation sans justice, et, dans un deuxième temps, que la société se souvienne de l’horreur de cet acte, car sans devoir de mémoire, on court le risque d’une répétition. Commémorer est notre rôle aujourd’hui.

Mais le devoir de mémoire, 80 ans après les faits, ne doit pas uniquement évoquer les tirs des militaires sur la foule et la dangerosité de l’usage de l’armée pour les tâches de police intérieure. Il doit aussi nous remémorer que la manifestation que ces militaires protégeaient était un meeting de l’extrême-droite dans une Europe qui allait largement basculer dans le fascisme. Et l’on doit également se souvenir que parmi ses participants ne se trouvaient pas qu’un quarteron de nazis marginaux, mais, comme le souligne Jean Batou dans son dernier livre, il y avait aussi des banquiers, des patrons et autres représentants d’une bourgeoisie qui, ici comme ailleurs en Europe, s’est parfaitement accommodée des idées xénophobes, si celles-ci pouvaient servir ses intérêts.

L’alliance de la droite dite « libérale » avec les mouvements xénophobes est malheureusement une constante dans nos sociétés, notamment en période de tension économique, comme celle que l’on connait aujourd’hui. Il est évident que la tentation de la discrimination de l’étranger, qu’il soit frontalier, migrant économique du sud de l’Europe ou réfugié d’Afrique, gagne aujourd’hui de plus en plus les esprits de la droite traditionnelle, en plus de la poussée de la droite populiste.

En conséquence, la mémoire des morts du 9 novembre 1932 doit être honorée par notre engagement sans faille contre la discrimination et la xénophobie de ce début de 21ème siècle. C’est en cela que nous perpétuons les idéaux des manifestants d’alors et que nous rendons un vrai hommage à celles et ceux qui y ont laissé leur vie.

Antonio Hodgers, Conseiller national Les Verts, 9 novembre 2012