9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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Qui a Peur de Qui ?

jeudi 9 novembre 1972 par Claude REYMOND

Si les gauchistes font des services d’ordre, serait ce pour « protéger » les manifestants ?
Ou dans le meilleur des cas pour les « organiser » ?

-  Pas du tout puisqu’à la dernier manifestation (9 nov.) ils ont laissé faire les fascistes !

Ainsi la Tribune du 10 nov. pouvait écrire :

« Une ou deux fois les défenseurs de la droite ne durent leur salut qu’aux organisations gauchistes exhortant leurs camarades, par haut-parleur, à ne pas entrer dans la bagarre. »

Pour qui alors le service d’ordre gauchiste ?
Si la police mobilise tout ses effectifs, appelle des renforts d’autres cartons est-ce pour affronter les « gauchos » ?

-  Pas du tout, car les Services d’Ordre gauchistes ne sont que des remparts de flics qui ont le même rôle que ceux payés par l’Etat et qu’il nous faudra écraser si nous voulons retrouver notre entière autonomie révolutionnaire.

Ainsi le même journal pouvait encore écrire :

« L’absence totale de policiers en uniformes tout au long parcours d’une part, la mette volonté des jeunes organisateurs de ne se heurter à personne auraient presque fait croire qu’un accord secret avait été conclu entre forces de l’ordre et manifestants. »

Contre lui le Service d’Ordre des flics ? – contre qui l’intimidation policière ? – Contre ceux qui refusent la récupération gauchiste et qui pensent que la lutte est aussi dans la rue !

Contre l’autonomie révolutionnaire qui se développe sans cesse et qui cherche ses formes organisationnelles de lutte et sa théorie propres. Contre ce contrant anti-groupusculaire, contre ces enragés qui n’ont pas encore conscience de leur existence comme force révolutionnaire autonome.

Pour les gauchistes la manifestation doit être une démonstration spectaculaire de leur puissance idéologique sur les « masses », pour autant qu’ils puissent la contrôler. Face à l’Etat bourgeois ils voudraient s’affirmer en tant que pouvoir parallèle, dont on doit tenir compte. Et plus nombreuse sera la manif, plus le spectacle gauchiste peut « exister » aux yeux de l’Etat bourgeois.

Pour eux il s’agit donc de la noyauter, de la contrôle, de la protéger, car l’éventuel débordement c’est la perte du contrôle politique (perte et contrôle apparent puisque l’ensemble des manifestations aujourd’hui n’est pas dupe du jeu gauchiste), la destruction de leur possible direction (donc du pouvoir) qu’ils tentent d’imposer à la « masse ».
Dans la tête des gauchistes la « masse devient un objet, une chose. Pour eux la « masse » n’est pas composée d’individus mais d’irresponsables et de provocateurs infantiles.

Donc, en cas de débordement de la manifestation, ils n’apparaissent plus aux yeux du Pouvoir bourgeois comme partenaires (celui qui possède une part) valables. Le problème de partage de l’illusion de pouvoir ne se pose qu’après pour les divers groupuscules rivaux, réunis dans une même action récupératrice. Et ce sont les miettes décomposées qu’ils défendent à grand coup de gueule dans le mensonge quotidien de leurs journaux.

La manifestation, dans l’optique du gauchiste et de l’Etat, ne doit être qu’un spectacle, une démonstration de forces, le spectacle de la contestation, dans lequel les acteurs officiels sont assermentés (tout autant les gauchos que les flics) et comme tout spectacle, il doit confirmer la vielle séparation (toute séparation est réactionnaire) entre acteurs et spectateurs, actifs/passif, notre rôle étant bien entendu le plus ingrat : Ferme ta gueule et fais ce qu’on te dit de faire :
Tout spectacle est réactionnaire. Le spectacle nous oblige a déléguer notre désir de vivre, a nous identifier a des représentants dits révolutionnaires.

Les groupuscules gauchistes entretiennent aussi le mythe de la répression en affirmant, que la lutte directe dans la rue et partout contre l’Etat, renforce ses forces répressives, que cette lutte lui donne un prétexte d’augmenter le nombre de flics, de lois fascistes,…

Une fois pour toutes nous affirmons que L’Etat n’a pas besoin d’une opposition violente pour se renforcer : il ne fait que mettre à sa disposition tous les moyens de répression qu’il a déjà, aujourd’hui comme hier. Et si cela ne lui suffit pas dans l’immédiat, son système politique lui permet de se voter toutes les lois qui lui apparaissent nécessaires à sa suivre.

Nous révolutionnaires, ne provoquons pas le renforcement de cette répression.
Nous ne faisons que la démasquer !

Il faut matérialiser nos idées pas des actes
Il faut faire de notre critique théorique une critique en actes
Il ne faut jamais oublier que « les armes de la critique ne sauraient remplacer la critique des armes » (K.MARX)
Organisons – nous en groupes autonomes révolutionnaires
Tout le pouvoir aux conseils ouvriers

Groupe autonome révolutionnaire
Vivre la Révolution

Novembre 1972

PS:

numérisation d’un tract d’époque trouvé dans les archives de l’USCG