Comité d’organisation du 1er Mai

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Les travailleuses dénoncent leurs salaires

mercredi 2 mai 2018 par Claude Reymond

Premier Mai X Près de deux mille personnes ont défilé à Genève pour la fête du travail. L’initiative syndicale pour un salaire minimum a abouti.

publié par Le Courrier du 02-05-2018

« Pas d’égalité salariale sans contrôle ni sanction. » L’une des banderoles syndicales présentes en tête du cortège genevois du 1er mai donne le ton. Entre nuages et éclaircies, les différents groupements – syndicats, partis, associations ou collectifs spontanés – honorent la tradition. Mardi après-midi, les manifestants démarrent d’un pas lent depuis la place des 22-Cantons. Si les revendications sont nombreuses, celles liées aux inégalités salariales entre hommes et femmes et aux revenus précaires se font le plus entendre.
Environ deux mille personnes ont répondu présent. Parmi elles, Anne, enseignante, est venue réclamer la n de la discrimination envers les femmes. « A l’Etat, nous sommes plutôt bien loties, mais je suis solidaires avec toutes les travailleuses. Si on n’instaure pas un contrôle et des sanctions plus strictes, rien ne changera. Pourquoi ne pas s’inspirer de l’Islande qui vient de légiférer ? » Dans ce pays, depuis janvier, les entreprises de plus de vingt-cinq employés qui ne respectent pas l’égalité salariale risquent une amende.
Depuis la caravane du syndicat SIT, aux rues Basses, une femme scande : « Patrons, si vous saviez, l’égalité on va vous l’arracher ! » Aux Bastions, Angélique Jaquier, une ancienne vendeuse, prend la parole. Elle a été licenciée il y a deux ans après avoir demandé une augmentation. Elle travaille aujourd’hui à l’inspection paritaire des entreprises. « Pendant quatorze ans, j’ai été payée moins de 4000 francs. Que peut-on faire à Genève avec cette somme ? Lorsque j’ai réclamé davantage, mon patron m’a demandé si j’avais un problème avec mes hormones. »
La question du salaire minimum est également sur toutes les lèvres, en particulier celles des employés des secteurs du nettoyage et de l’hôtellerie-restauration, venus dénoncer leurs conditions de travail précaires. A l’arrière, plusieurs dizaines de jeunes stagiaires, notamment de l’ONU, combattent – en anglais – les mandats non rémunérés dans les organisations internationales.
De nombreux syndicalistes circulent dans les rangs a n de récolter les dernières signatures pour l’initiative pour un salaire minimum fixé à 23 francs de l’heure. Dans l’après-midi, la Communauté genevoise d’action syndicale a d’ailleurs annoncé avoir récolté plus de 7000 signatures (sur les 5227 nécessaires) en seulement trois semaines. Le texte sera prochainement déposé.
Le cortège a terminé son parcours au parc des Bastions vers 15h. La manifestation semble s’être déroulée sans heurts. Le dispositif policier déployé pour l’occasion était, une fois encore, important. ERIC LECOULTRE


LIBÉRATION DES TROIS DE BRIANÇON RÉCLAMÉE

Mardi, le collectif de soutien aux « trois de Briançon » a été le premier à pénétrer dans les Bastions. Une centaine de personnes ont voulu se rendre devant le Consulat de France, de l’autre côté du parc, afin de réclamer la libération des trois militants (dont deux Genevois), Théo, Bastien et Eleonora, détenus dans une prison marseillaise après avoir aidé des migrants à passer la frontière entre l’Italie et la France (notre édition du 27 avril). Ils sont accusés de « délit de solidarité en bande organisée » et risque jusqu’à dix ans de prison et 750 000 euros d’amende. La marche a toutefois été stoppée à la hauteur des grilles des Bastions par plusieurs dizaines de policiers et un dispositif anti-émeute.
Au micro, une jeune femme a dénoncé « la politique d’intimidation » de l’Etat français. « Les militants ont été transférés à la prison des Baumettes, à Marseille, loin de leurs proches et de leurs familles. Derrière cette ultime mesquinerie, une stratégie de l’Etat français qui souhaite faire d’eux des exemples et criminaliser la solidarité avec les migrants. » Deux rassemblements de soutien sont prévus : le premier, ce jeudi 3 mai à 13h à Gap, à l’occasion d’une première audience judiciaire, suivi d’une autre action, à 18h30 à Marseille, devant la prison. ELE