Comité d’organisation du 1er Mai

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Défilé du 1er Mai : une cuvée 2014 moins dense mais plus conviviale

samedi 3 mai 2014 par Claude Reymond

paru dans Le Courrier du 02-05-2014

GENÈVE • Entre 1500 et 2000 personnes ont défilé hier dans les rues de Genève. Le tout sous le signe des prochaines votations.

PHILIPPE BACH

Premier mai pluvieux, 1er mai heureux ? Le beau temps n’était pas au rendez-vous, hier, pour le traditionnel cortège de mani- festation organisé à l’occasion de la fête des travailleuses et des travailleurs.

D’où une participation dans une fourchette plutôt basse : quelque 1500 per- sonnes au départ du cortège, 2000 à l’arrivée aux Bastions (3000, selon les organisateurs, 1500 à 2000, selon la poli- ce). En revanche, nombreux ont été les personnes à se rendre, en famille, en groupe, directement aux Bastions. Le parc était déjà bien occupé à l’arrivée du cortège.

Ouvert par les traditionnels ramoneurs porte-bonheur, ce dernier a compensé en bonne humeur le temps maussade. Le ciel s’est en fait éclairci dès l’arrivée sur le pont du Mont-Blanc. Et le défilé s’est fait pai- sible, voire déambulatoire : deux heures ont été nécessaires pour rallier le parc des Bastions.

Forte présence syndicale

Une part prépondérante du cortège était formée par les différents syndicats du canton, Unia, SSP et SIT en tête. Toutes les formations de gauche – Parti socialiste, Verts, Ensemble à gauche – étaient également présentes, avec des Jeunesses socialistes au taquet. Divers groupes plus modestes comme le Mouvement vers la révolution citoyenne, la Gauche anticapitaliste ou le MPS ont également tracté tout
au long du cortège. Notons également un tronçon anarchiste, par ailleurs chargé de l’animation musicale aux Bastions, via le festival Jours de mai. Le Centre de contact Suisses Immigrés était également bien re- présenté.

Signalons, enfin, la présence du nouveau syndicat des travailleurs-euses du sexe revendiquant le statut de salarié-e-s dans les salons de massage, alors qu’actuellement ces personnes sont considérées comme des indépendant-es devant reverser 50% de leurs gains à l’entreprise qui les héberge, selon Claudette, une des anima- trices de ce syndicat.

Curiosités
Au rayon des curiosités, relevons que la secte des raéliens a infiltré le cortège avec un nouveau concept se voulant crypto communiste du « paradisme », visant à libérer les travailleurs de leur labeur via l’utilisation de robots, du clonage et de l’usage du génie génétique.

Et côté provocation, des tags d’extrême droite – « Zone identitaire », avec le Lambda des Spartiates – avaient été chablonnés sur le bitume des Bastions.

Le défilé était placé sous le signe de la votation du 18 mai. A savoir l’initiative des syndicats visant à instaurer un salaire mi- nimal à 4000 francs par mois. « La vraie frontière contre les bas salaires », procla- mait la banderole d’ouverture, en appelant au combat contre le dumping salarial. Une manière de lutter – comme lors des précé-
dentes éditions de la manifestation – contre la division des travailleurs entre résidents genevois et frontaliers, telle que la thématise avec succès la droite populiste. Ce qui ne peut que servir le patronat. Lors des discours, la nouvelle présidente du Parti socialiste, Carole-Anne Kast, a tonné contre le scandale qui voit des personnes employées à 100% devoir recourir à l’aide sociale.

Thèmes d’actualité
Les combats du moment, notamment les Gate Gourmet de l’aéroport, étaient également présents. La fonction publique genevoise s’est pour sa part mobilisée contre le projet Score (la refonte de la grille salariale de l’Etat). Soulignons également la présence des jardiniers du service des es- paces verts de la Ville, en bisbille avec leur magistrat Guillaume Barazzone.

Enfin, la tradition pacifiste du Mouve- ment ouvrier – cent ans après la boucherie de la Première Guerre mondiale – a également été mise en avant, à savoir la lutte contre le crédit d’achat de 3,1 milliards de francs pour les Gripen. Sans oublier que cela se fera au détriment du social ou de l’emploi. « Pour le FA-18, on promettait 100% d’achats compensatoires, la Confédération admet qu’il n’y en a eu que 40% », dixit Tobia Schnebli, du Groupe pour une Suisse sans armée. I

Une galerie d’images du défilé peut être visionnée sous : www.lecourrier.ch/120508/defile_du_1er_mai.