Questions entendues ou lues sur le terrain & Diverses réponses
Croissance démographique
L’initiative donne une solution simple à de vrais problèmes.
L’initiative UDC ne construit pas un seul logement, de résout aucune problématique de transport et de condition de vie de manière durable, elle n’augmente pas un seul salaire et n’améliore aucune condition de travail.
La croissance démographique est trop forte. Dix millions de personnes, c’est tout simplement trop pour la Suisse.
L’initiative UDC cherche avant tout à réduire les droits des personnes. Elle ne parle que de limiter la population résidente permanente. Les personnes qui ont un permis de séjour de moins de 12 mois ou les frontaliers et frontalières ne sont pas comptées.
L’objectif principal de l’initiative est de limiter la croissance démographique pour préserver les ressources et le cadre de vie, en fixant un plafond légal.
La question n’est pas seulement la croissance démographique, mais surtout comment elle est accompagnée. Ralentir les chiffres de la population résidente sans politique économique plus équitable dans le partage des richesses, sans aménagement du territoire cohérent, sans protection de l’environnement, de la biodiversité ou du logement, ne change strictement rien aux problèmes que l’initiative évoque.
Or sur tous ces points - logement, infrastructures, environnement -, les politiques que l’UDC défend affaiblissent justement les leviers qui permettraient d’absorber cette croissance de manière durable. Parler de “durabilité” en se focalisant uniquement sur le nombre de personnes, c’est passer à côté du sujet. La durabilité, c’est aussi comment on construit, comment on planifie, comment on protège les ressources et comment on garantit des conditions de vie dignes. Et de ce point de vue, il y a une contradiction : on ne peut pas dénoncer les effets de la croissance tout en menant des politiques qui aggravent ces effets. Enfin, réduire le débat uniquement sur les immigrés finit surtout par désigner des responsables plutôt que de traiter les causes. Et ça, ce n’est pas une solution durable.
Vous voulez une Suisse surpeuplée et invivable ?
Non. Nous voulons une Suisse bien planifiée et solidaire. Les inégalités rendent la vie invivable, pas l’origine de la population. Ne pas pouvoir vivre de son salaire, ne pas pouvoir se loger dignement, ne pas avoir accès à des services publics de qualité en Suisse, voilà le cœur du sujet. L’initiative réduit les droits sociaux et augmente la précarité.
La Suisse compte chaque année 100’000 habitant·es supplémentaires et il faut 45’000 logements nouveaux chaque année pour les accueillir.
Selon l’Office fédéral de la statistique, ce chiffre est largement surestimé : une fois les arrivées et les départs comptés, le solde migratoire de la population étrangère est de 73’000 personnes par an en moyenne ces 10 dernières années. L’estimation de l’UDC selon laquelle il faudrait 45’000 nouveaux logements chaque année ne se vérifie donc pas. En outre, en moyenne, la surface par habitant·e des ménages issus de l’immigration est inférieur à celle de la population suisse.
C’est quoi votre politique pour accueillir une population illimitée ?
Il ne s’agit pas de choisir entre “frontières ouvertes” et “tout fermer”. Le débat devrait porter sur les besoins réels du pays : protection des salaires et des conditions de travail, pression sur le logement et les infrastructures, intégration, qualité de vie et durabilité à long terme. Il y a aussi une question essentielle qu’on évite souvent : quel type d’entreprises la Suisse veut attirer — ou au contraire refuser ? Une économie basée sur le dumping salarial et une croissance permanente de la main-d’œuvre n’aura pas les mêmes conséquences qu’une économie fondée sur l’innovation, la formation, la qualité et la valeur ajoutée.
On doit rester entre nous ! La Suisse aux Suisses !
Ce n’est pas en divisant les travailleur·euses selon leur origine que la Suisse ira mieux, bien au contraire : nous avons besoin de consolider la protection de nos droits afin de vivre dignement, ensemble, ici.
Bientôt, plus de vrais Suisses ! Le mélange devient tellement absurde que dans quelques décennies, il n’y aura plus que des métisses.
Être Suisse ne se définit pas par une couleur de peau. « Suisse » n’est ni une race, ni une origine ethnique unique. C’est une histoire, des institutions, des valeurs démocratiques, plusieurs langues et des personnes très différentes qui vivent ensemble depuis longtemps.
On peut discuter d’immigration, d’intégration ou d’aménagement du territoire sans tomber dans ce type de discours xénophobe, raciste, anxiogène et identitaire.
On ne peut pas accueillir toute la misère du monde !
On n’accueille pas toute la misère du monde en Suisse : la Suisse est déjà très restrictive et elle est axée sur les besoins de profit du patronat. S’il y a des travailleur·euses qui viennent en Suisse, c’est que leur travail est nécessaire. Tout travail en Suisse mérite la garantie d’un salaire digne et de conditions de travail et de vie dignes. L’initiative UDC réduit les droits de toutes et de tous et ouvre la voie à plus de précarité. Le vrai problème, c’est l’injustice et l’exploitation, pas le nombre de personnes qui résident sur le territoire.
Pourquoi limiter la population n’est pas la solution ?
Le nombre de population résidente n’est pas le fond du problème, mais la spéculation immobilière, l’urbanisation mal planifiée et les inégalités sociales. Les solutions sont : une politique de logement social, d’investissements publics et d’aménagement intelligent. Ce que veut l’initiative UDC, ce ne sont pas moins de personnes en Suisse, ce sont moins de droits pour les travailleur·euses en les privant de la protection des salaires et de leur droit à vivre dignement.
Au moins, l’UDC a le mérite de poser la question. C’est certain que fermer les yeux et ne rien faire est tellement plus facile.
Poser une question n’a de mérite que si la réponse proposée va dans le sens de l’intérêt général et de la durabilité. Or l’initiative des 10 millions détourne l’attention des vrais problèmes et des vraies solutions. Dans pratiquement tous les dossiers liés à l’aménagement du territoire, au logement, à la biodiversité, à la réduction du trafic automobile, au développement des transports publics ou encore à la protection des travailleur·euses, l’UDC combat systématiquement les mesures qui permettraient de rendre la Suisse plus durable et plus vivable. La pression sur les loyers, les infrastructures ou l’environnement ne se résout pas avec un chiffre arbitraire, mais avec une politique cohérente : construire intelligemment, investir dans les transports publics, protéger les travailleur·euses, limiter le bétonnage et mieux répartir les richesses.
Oui, la Suisse a de grands défis à relever. Mais cette initiative ne les résout pas ; elle sert surtout à désigner des boucs émissaires au lieu de traiter les causes réelles.
Nous voyons et ressentons tous les conséquences de l’immigration de masse : pénurie de logements, loyers qui ne cessent d’augmenter, urbanisation excessive du paysage, embouteillages sur les routes, trains bondés, criminalité en hausse. On peut aussi relever le système de santé qui est à bout ou encore la qualité de l’enseignement qui baisse dans les écoles.
L’UDC mise sur sa politique de la peur pour nous faire croire, à tort, que la source de tous nos problèmes serait l’immigration. Mais l’UDC s’oppose à toutes les initiatives pour la protection du climat, soutient la construction d’autoroutes qui détruisent les forêts, promeut le retour au nucléaire, défend les grands propriétaires en laissant libre cours à la spéculation immobilière irresponsable et incontrôlée qui fait grimper les loyers, bloque toute initiative visant à promouvoir les mobilités douces ainsi que les transports publics, et vote les coupes dans les prestations publiques.
En 20 ans la population Suisse a augmenté de 22 %, les loyers de 32 % et les prix à la consommation de 12 %.
Corrélation n’est pas causalité. Balancer trois chiffres côte à côte ne démontre absolument pas que l’augmentation de la population serait la cause unique ou principale de la hausse des loyers et des prix. En 20 ans, il y a eu aussi des taux d’intérêt historiquement bas, de la spéculation immobilière, une pénurie de logements construits dans certaines régions, l’explosion du prix du foncier, la concentration urbaine et des choix politiques en matière d’aménagement. Par ailleurs, si la population a augmenté, c’est aussi parce que l’économie suisse a eu besoin de main-d’œuvre, de cotisants·e et de contribuables qui font tourner les hôpitaux, les transports, la construction, la restauration ou la recherche.
Les chiffres proposés, sans explications et contextualisation, ne veulent pas dire grand-chose. Par exemple, la population au Pays-Bas est demeurée numériquement plutôt stable ces 20 dernières années, mais cela n’a pas empêché, en 20 ans, une forte augmentation des prix à la consommation et des loyers.
L’initiative veut mettre une limite, c’est déjà un pas en avant pour régler le problème. Ensuite il me semble logique qu’on priorise les gens qui sont déjà ici avant de faire venir des gens d’ailleurs, c’est une logique de base.
Jusqu’où va cette logique de “mettre une limite” ? Une société ne se gère pas avec des slogans comptables. Le vrai débat, c’est le logement, les salaires, les infrastructures, les transports et les investissements publics, pas la désignation de boucs émissaires.
L’initiative propose une évolution démographique durable pour protéger notre environnement, des infrastructures, des soins de santé, des établissements d’enseignement, de l’approvisionnement en électricité et des services sociaux.
Nous partageons le constat d’une pression sur le logement, les transports publics, le trafic dans les agglomérations. Mais les réponses de l’initiative UDC ne répondent pas à ces enjeux. Le texte propose deux choses :
1/ Dès 9,5 millions d’habitant·es (projection = 2030-2032) : mettre fin au droit d’asile en supprimant le regroupement familial et les admissions provisoires. Ce qui signifie mettre fin aux accords internationaux, au droits des réfugié·es, aux droits de l’enfant et à la Convention européenne des droits de l’homme.
2/ Dès 10 millions d’habitant·es (2040-2045) : résilier les accords bilatéraux avec l’UE, en particulier la libre circulation des personnes.
Cela ne résoudra en rien les problèmes soulevés par l’initiative. Le besoin de main-d’oeuvre sera toujours là, et d’avantage de frontalier·ères seront nécessaires pour faire tourner l’économie, avec un risque de dumping salarial dont le patronat se délectera.
Une seule question : quelle est la raison principale de l’augmentation de la population en suisse ?
La principale raison de l’augmentation de la population en Suisse est l’immigration nette positive. Depuis des années, la Suisse accueille davantage de personnes qu’elle n’en voit partir, principalement pour des raisons économiques : emplois, salaires élevés en comparaison avec les pays voisins, stabilité et besoins de main-d’œuvre qualifiée, selon le constat statistique publié régulièrement par l’Office fédéral de la statistique. La croissance naturelle (naissances moins décès) joue aujourd’hui un rôle beaucoup plus faible.
Reconnaître cette réalité ne dispense pas de proposer des solutions concrètes : infrastructures, logement, transports, intégration etc. Refuser le débat ou caricaturer les inquiétudes des citoyen·nes n’aide personne. À l’inverse, réduire tous les problèmes à l’immigration seule empêche aussi d’aborder les responsabilités politiques, économiques et urbanistiques.
On a besoin d’immigration et les immigrés enrichissent culturellement la Suisse, ce qui est une excellente chose. Le problème ne sont pas les immigré·es, mais la capacité du territoire de la Suisse à loger autant d’habitant·es et sur ce point, il ne faut pas fermer les yeux. L’initiative « Pour la durabilité » ne concerne pas les personnes étrangères installées en Suisse, puisqu’elle permet également d’améliorer leur qualité de vie. Même chose, tant que le quota de 10 millions ne sera pas dépassé, les étrangers·ères seront toujours les bienvenu·es en Suisse. Cependant, mieux vaut accueillir moins, mais mieux. Cette initiative est bénéfique pour l’ensemble des habitants, toutes nationalités confondues. Moins on sera, plus on aura de ressources et plus ce sera simple de subvenir aux besoins en termes d’énergie, de transports publics, de logements et même d’agriculture. Il serait malhonnêtes de dire que ce sera plus simple avec 15 millions de personnes plutôt que 10 millions.
Il faut aussi être lucide : parmi les principaux soutiens et dirigeants de l’UDC, on trouve également de grands patrons, des milliardaires, des propriétaires de groupes industriels ou agricoles et des acteurs économiques très puissants. Présenter l’UDC comme un simple parti du “petit peuple contre les élites” ne correspond pas à la réalité.
Oui, il faut maîtriser le développement du pays. Mais la vraie question est : comment ? Depuis des années, les écologistes, par exemple, défendent : un développement durable, une planification sérieuse du territoire, la protection des terres agricoles, des logements abordables, des transports publics forts, une limitation du bétonnage, une économie moins dépendante d’une croissance infinie. Et surtout, ils dénoncent depuis longtemps le modèle consistant à attirer toujours plus de multinationales et de sièges internationaux sans planification suffisante. Car oui, certaines multinationales deviennent un puissant aspirateur de nouveaux arrivants, de pression immobilière et de saturation des infrastructures.
Mais dans ces débats-là, l’UDC vote avec la droite économique : contre certaines régulations du marché immobilier, contre davantage d’investissements publics, contre les politiques écologiques ambitieuses, contre les mesures de planification durable.
Donc attention à ne pas réduire le problème uniquement au nombre d’étrangers, comme le fait l’initiative de l’UDC, qui n’apporte aucune solution à : la spéculation immobilière, l’implantation économique sans limites, la logique de croissance à tout prix, le dumping salarial, l’absence de planification écologique, alors même avec moins d’immigration, les problèmes resteront.
Le vrai choix est : veut-on un développement durable et socialement juste,ou simplement désigner les nouveaux arrivants comme variable d’ajustement ?
À partir de combien pensez-vous qu’on sera trop en Suisse ? 20 millions ? 100 millions ?
Avec un niveau inchangé de consommation matérielle et énergétique, nous sommes déjà largement trop ! D’après les ressources à disposition, la population suisse devrait être comprise entre 2 et 3 millions de personnes, quelle que soit la couleur de la peau. Et avec un mode de vie 5 fois plus sobre que celui d’aujourd’hui, par exemple en affectant le 70% des terres agricoles pour l’alimentation humaine (actuellement utilisées pour nourrir le bétail), 10 millions de personnes.
Toutefois, l’initiative UDC maintient la politique de promotion active de l’immigration, dans le but de maintenir la croissance économique et ne résout en rien les problématiques liées à la surconsommation des ressources naturelles. C’est une initiative xénophobe contre les immigré·es pauvres et vulnérables.
Créer un numerus clausus comme le veut l’initiative UDC est une mesure qui nie tout simplement la question du niveau de consommation (in)supportable.
Comment résoudre les problèmes des logements rares, des loyers lourds, des transports saturés, des crèches insuffisantes, des soins sous pression ?
Promettre un ralentissement de la croissance démographique, comme le fait l’UDC, n’agira pas magiquement sur ces problèmes. Le piège est ailleurs : la prospérité suisse repose sur un modèle extensif, dépendant d’un flux constant de main-d’œuvre, sans financer assez les conditions sociales de cette présence.
Des solutions alternatives à celles défendues par le patronat - dont l’UDC est l’allié naturel dans les parlements à tous les niveaux : communal, cantonal et national – existent. Les secteurs qui reposent sur l’ouverture et la main-d’œuvre supplémentaire doivent contribuer davantage : financement des politiques du logement, de l’accueil extra-familial, des transports, de l’intégration et de la formation continue ; partage des gains de productivité et adaptation des horaires ; captation des plus-values foncières ; fiscalité plus exigeante sur les grands bénéfices.
Logement
L’espace d’habitation est de plus en plus limité et les loyers ne cessent d’augmenter.
Les loyers augmentent à cause de la spéculation, pas à cause de l’immigration. L’initiative UDC ne prévoit pas la construction d’un seul nouveau logement. Ce qui manque vraiment en Suisse, ce sont des investissements dans des logements abordables et la protection des locataires.
Des solutions existent : freiner la spéculation immobilière, densifier les zones habitées, construire des logements d’utilité publique aux loyers abordables, etc. Des propositions auxquelles l’UDC s’oppose à tous les niveaux : communal, cantonal, national.
Il n’y a plus de logements à cause de l’immigration.
La pénurie de logements vient surtout du manque de logements abordables, pas du nombre de travailleur·euses d’origine étrangère : il y a trop peu de logements à loyers modérés, la spéculation immobilière est à son comble dans les grandes villes et le désengagement des pouvoirs publics va s’accentuant. Restreindre des droits ne construit aucun logement de plus.
Il faut freiner l’immigration pour résoudre la crise du logement.
Moins de possibilités de vivre ici, cela aboutira à plus de personnes pendulaires, plus de pression sur les loyers restants et aucune amélioration pour les classes moyennes et populaires. La solution : augmenter le nombre de logements d’utilité publique, lutter contre les logements vides et la construction de bureaux pour des raisons spéculatives, mettre en place le contrôle des loyers.
La crise du logement est liée à l’arrivée des travailleurs étrangers dans le cadre de la libre circulation des personnes.
La crise du logement existe depuis les années 60. Les opérateurs immobiliers cherchent des retours sur investissements : plutôt que de construire plus, ils achètent des logements déjà existants pour les rénover et les louer plus chers. Si les loyers explosent, c’est aussi parce qu’il n’y a pas de contrôle des abus. Dans les parlements, l’UDC se tient du côté des lobbys immobiliers et soutient les projets de lois qui affaiblissent les droits des locataires.
On fait venir des immigré·es en Suisse pour construire des logements destinés à ces mêmes immigré·es.
Une manière de ralentir l’arrivée de travailleur·euses, ce serait de réduire les incitatifs fiscaux prévus pour encourager l’installation de nouvelles sociétés s’intallent en Suisse. Par exemple, au moment de décider de politiques d’attractivité pour des sociétés étrangères, il faut ajouter des mesures d’accompagnement : si une société vient avec 200 emplois, elle devrait avoir un partenaire qui construit 200 logements. Est-ce ce que l’UDC souhaite ?
Les loyers ne cessent d’augmenter. L’immigration de masse est la principale responsable de la pénurie de logements.
Avec le vieillissement de la population et l’espérance de vie, le nombre de ménage à une seule personne va encore augmenter ces prochaines années. On pourrait faciliter l’échange d’appartements entre le personnes âgées et les familles, solution refusée par les bailleurs aujourd’hui, dont l’UDC est proche. Les logements retirés du marché pour être mis sur les sites de locations touristiques participent également à augmenter la pénurie. À Genève, Airbnb annonce plus de 1000 logements (de la chambre à l’appartement) sur le canton. Pour rappel, il y a environ 30 appartements dans un immeuble de 6 étages.
Malgré les promesses des milieux immobiliers lors de la votation sur la modification de la LDTR à Genève en 2015, le nombre de bureaux vacants reste élevé et presque aucun n’est transformé en logement.
Déjà qu’on n’a de la peine à se loger en tant que Suisse, alors imaginez avec 2 millions de personnes en plus !
La crise du logement et la pression sur les loyers ne sont certainement pas la faute des personnes étrangères. Le problème vient surtout d’un manque de logements abordables, de la spéculation immobilière et de politiques qui ont laissé les intérêts financiers passer avant les droits des locataires. Et là-dessus, les spéculateurs étrangers ne valent pas mieux que les spéculateurs suisses lorsqu’ils profitent du marché en bafouant les droits des habitant·es pour augmenter les rendements.
Opposer les personnes entre elles - Suisses, étrangères, réfugiées - ne résout pas le problème. Beaucoup de gens, quelle que soit leur origine, travaillent, cotisent et peinent aussi à se loger dignement aujourd’hui.
Le solde migratoire est positif depuis 10 ans, cela cause des problèmes de logement et de transports.
La pression vient surtout de la spéculation immobilière et du manque d’investissements dans les transports. La vraie solution est politique : construire des logements abordables, renforcer les transports publics et planifier intelligemment le territoire. L’UDC ne vote généralement pas pour ces solutions au niveau communal, cantonal et fédéral.
Il y a trop de monde en Suisse, c’est pour ça que les loyers augmentent.
Les loyers augmentent surtout à cause de la spéculation, des rendements exigés par les investisseurs et du manque de logements abordables. Si moins de personnes faisaient baisser les loyers, ils auraient déjà baissé dans les régions où la population stagne, or ce n’est pas le cas.
Les étrangers prennent les logements.
Ce sont surtout les investisseurs qui prennent les logements. Les logements vides de luxe, les locations Airbnb et la spéculation font bien plus de dégâts que les travailleur·euses qui ont besoin d’un toit.
Salaires
La concurrence de la main-d’œuvre étrangère pèse sur les salaires et sur le pouvoir d’achat, parce que ces gens acceptent de travailler pour des salaires plus faibles. Nous devons en protéger les travailleuses et travailleurs nationaux.
Ce sont les employeurs qui font pression sur les salaires, pas les travailleur·euses. Les salaires minimaux et les contrôles salariaux sont des mesures protectrices qui sont combattues par l’UDC, alors qu’elles forment le coeur du système suisse de protection des salaires.
Trop de frontalier·ères acceptent des bas salaires et créent des bouchons !
Les frontalières et les frontaliers complètent la main-d’œuvre à la demande des employeur·euses. La vraie cause des bas salaires et des bouchons est l’intérêt des patron·nes à faire plus de profit. Les syndicats se battent pour que le principe « salaire suisse quand on travaille en Suisse » soit respecté. La division n’est pas une solution, ne laissons pas les salaires dépendre du bon vouloir des patron·nes. Les syndicats défendent la solidarité entre toutes les travailleuses et les travailleurs en Suisse.
La libre circulation détruit nos emplois !
Ce qui détruit les emplois, ce sont les délocalisations, le dumping salarial et l’absence de contrôles. La libre circulation, encadrée par des mesures d’accompagnement, protège les salaires et les conditions de travail. Il faut renforcer ces mesures d’accompagnement, pas les abolir.
La fin de la libre circulation des personnes aura des impacts sur la protection des
salaires, l’efficacité et la portée des CCT. Le risque de dumping salarial et social augmentera avec un recours accru aux contrats à durée déterminée et précaires pour les employé·es étranger·ères, aux travailleur·euses frontalier·ères, qui n’auront pas accès au système social. Les collègues suisses et étranger·ères seront mis en concurrence.
La gauche et les syndicats sont dogmatiques et déconnectés du peuple.
Les personnes qui s’engagent sont sur le terrain. Les syndicats sont dans les entreprises, les commerces, les hôpitaux, les chantiers, etc. Nous défendons les salaires, les retraites, les conditions de travail et luttons contre la précarité et les inégalités.
L’initiative protégerait les travailleur·euses suisses.
L’initiative UDC n’apporte aucune solution pour la protection des travailleur·euses. Elle risque au contraire d’affaiblir le contrôle des salaires de réduire les droits sociaux et de fragiliser touxtes les travailleur·euses sans exception. En moyenne chaque année en Suisse, c’est grâce au mécanisme du contrôle des salaires garanti par les mesures d’accompagnement à la libre circulation que 50 millions de francs sont restitués aux travailleur·euses. C’est ce que l’initiative veut abolir en remettant en question les mesures d’accompagnement.
Les patrons n’engagent plus que des étrangers au moindre coût et s’en mettent plein les poches sur le dos des suisses qui refusent de travailler pour des clopinettes !
Il faut effectivement regarder qui réalise des bénéfices records et qui licencie du personnel tout en demandant toujours plus de flexibilité salariale. On y retrouve aussi pas mal de dignitaires et de proches de l’UDC… Les vrais responsables de la pression sur le pouvoir d’achat ne sont pas les travailleur·euses étranger·ères ou les réfugié·es, mais certains milieux économiques et politiques qui profitent très bien de cette situation tout en désignant des boucs émissaires.
Les associations patronales, le PLR et les partis bourgeois remercient chaleureusement les partis de gauche et les syndicats de s’opposer à l’initiative du 14 juin « Pas de Suisse à 10 millions ». Ce soutien de taille leur permettra, en cas de NON dans les urnes, de continuer à importer une main-d’œuvre toujours plus abondante pour faire pression sur les salaires, de faire grimper les loyers et d’atteindre des records historiques avec leurs dividendes. En défendant la croissance à tout va, les opposants politiques à l’initiative défendent, en réalité, leurs intérêts les plus chers.
Certaines grandes entreprises profitent d’une main-d’œuvre abondante. Mais prétendre que tous ceux qui s’opposent à l’initiative défendent les intérêts du patronat est faux. Les syndicats et la gauche défendent aussi les mesures d’accompagnement, les conventions collectives, les protections salariales et les contrôles contre le dumping - mesures que l’UDC combat ou affaiblit régulièrement dans les parlements.
Si l’UDC était réellement contre une croissance économique permanente, elle soutiendrait davantage la protection des locataires, un aménagement du territoire plus strict, la limitation de la spéculation immobilière et certaines régulations du marché. Or ses votes racontent souvent l’inverse, et ce n’est pas un hasard : ses principaux dirigeant·es et sponsors sont des milliardaires et multimillionnaires qui profitent largement du système actuel.
Faire porter une fois de plus la responsabilité de tous les problèmes du pays aux travailleur·euses immigré·es est une vieille recette politique qui fonctionne malheureusement très bien électoralement. Pourtant, ce ne sont pas les employé·es étranger·ères qui spéculent sur l’immobilier, qui dérégulent le marché du logement ou qui imposent une logique de profit maximal. Les véritables responsables sont surtout certains grands intérêts économiques que l’UDC défend très souvent au Parlement.
La Suisse a besoin d’une politique du logement sérieuse, de protections salariales fortes, d’investissements dans les transports publics et d’une transition écologique cohérente — pas de boucs émissaires.
Les syndicats sont du côté des patrons et pas celui des travailleurs : ils défendent tous le NON contre l’UDC, seul parti qui veut protéger la Suisse.
Les syndicats et les partis de gauches combattent effectivement l’initiative de l’UDC du 14 juin, car, comme les milieux patronaux et les partis de droite, ils sont convaincus qu’elle aurait de lourdes conséquences pour notre pays. Mais cela ne signifie en aucun cas qu’ils partagent une même vision politique du développement de la Suisse.
Refuser un même texte ne veut pas dire adhérer à une sorte de « front commun idéologique » ou de « culte œcuménique » entre parti(e)s qui ont des conceptions profondément différentes de la société, de l’économie, des droits sociaux, des droits des migrant·es et du rôle de l’État.
L’UDC tente aujourd’hui de se présenter comme le défenseur de l’environnement, des petits revenus et de la classe moyenne. Pourtant, dans les faits et dans ses votes, elle s’oppose régulièrement — tout comme les partis de droite et le patronat — à des mesures sociales, environnementales et de protection du pouvoir d’achat. L’UDC est clairement un parti de la droite proche des milliardaires et des patrons, qui défend une vision largement néolibérale du développement économique : dérégulation, réduction du rôle de l’État, priorité donnée au marché dans l’aménagement du territoire et réticence face aux investissements sociaux et écologiques nécessaires.
Si nous refusons cette initiative, c’est donc en grande partie pour des raisons différentes, même si nous partageons la conviction que son acceptation serait néfaste pour notre pays et pour notre population.
Du côté des partis de gauche et des syndicats, c’est la vision d’une Suisse capable de concilier responsabilité économique, justice sociale, protection de l’environnement et cohésion territoriale qui est défendue. Une politique qui ne cède ni au repli conservateur de l’UDC ni à une logique purement libérale du développement économique.
Il y a de plus en plus d’étrangers en Suisse à cause de la libre circulation.
Contrairement à ce que l’UDC laisse entendre, l’immigration n’est pas déterminée par la libre circulation des personnes, mais par la demande de main-d’œuvre des entreprises. Et depuis les années 1990, l’UDC a tout mis en œuvre pour que la demande de main-d’œuvre étrangère augmente.
Les investissements directs étrangers, qui ont littéralement explosé depuis le début des années 2000 - passant d’environ 100 à 1’180 milliards de dollars -, constituent un moteur central de la demande supplémentaire de main-d’œuvre, et donc aussi de l’immigration.
Les ministres de Finances PLR et UDC qui se sont succédés depuis 1996 ont fait passer trois "réformes" de l’impôt sur les sociétés et les entreprises, au bénéfice avant tout des plus holdings et des multinationales. Ces réformes ont également attisé la concurrence entre les cantons, de sorte que le taux d’imposition moyen payé par les entreprises est passé, rien que depuis 2003, de 20 % (un niveau déjà record à l’échelle internationale) à 13 %.
Résultat : les multinationales font transiter leurs capitaux par la Suisse, où elles concentrent des activités très rentables – qui y sont faiblement imposées –, afin d’investir à nouveau dans le monde entier à partir de là. Même avec les capitaux que la Suisse utilise uniquement comme plaque tournante, des emplois sont créés dans le pays, et qui font défaut dans d’autres. Cela se reflète dans les chiffres officiels de l’emploi : si on extrapole ceux-ci depuis 2000, il y a eu une augmentation d’au moins 330’000 emplois. En ajoutant le regroupement familial, cela représente environ 500’000 personnes, soit plus d’un tiers des 1,4 million de personnes qui ont immigré depuis 2000 - à l’exception des demandeur·euses d’asile.
Les entreprises attirées, leurs impôts et la main-d’œuvre immigrée génèrent toutefois une demande économique supplémentaire, ce qui crée de nouveaux emplois. C’est le cas notamment dans les services économiques tels que le conseil fiscal, les services de sécurité ou le placement de personnel qualifié, où environ 300’000 emplois supplémentaires ont été créés depuis 2000 ; ou encore dans la construction et le secteur immobilier (+102’000), qui sont en grande partie le résultat de la présence de multinationales et d’immigré·es ayant besoin de bureaux et de logements ; tout comme dans l’éducation et les écoles (+108’000). Bon nombre de ces emplois hautement rémunérés sont occupés par des Suisses, tandis que les ouvriers du bâtiment, les employé·es de service ou les aides-soignants sont recrutés à l’étranger.
Environnement
À cause de l’immigration, la Suisse construit de plus en plus. Nous bétonnons l’environnement. Plus de monde c’est consommer davantage de ressources. Une croissance démographique sans limites n’est pas durable.
Ce ne sont pas les étranger·ères qui détruisent l’environnement, mais la logique du profit et de la spéculation. Un bon aménagement du territoire et une régulation solides protègent l’environnement et la qualité de vie. L’initiative ne résout aucun des problèmes qu’elles met en avant.
Des solutions existent : réduire les émissions de CO2, privilégier l’efficacité énergétique, l’agriculture biologique, la reconversion vers une économie éco-sociale, etc. Des propositions que l’UDC rejette dans les parlements, au niveau communal, cantonal et national.
L’immigration détruit le paysage de la Suisse.
Ce qui détruit le paysage, ce sont les choix d’aménagement, pas l’origine des habitant·es. Les politiques qui ont permis le mitage du territoire, avec le développement de zones résidentielles chères sans services et sans planification sociale. Il faut construire mieux et plus dense, près des infrastructures en protégeant davantage le paysage plutôt que restreindre des droits.
Il faut choisir entre protection de la nature et immigration.
Justice sociale et protection du paysage vont ensemble. La question n’est pas de quelles origines sont les personnes qui habitent ici, mais comment nous construisons, pour qui nous construisons et selon quelles règles.
L’initiative est pour la durabilité. Pourquoi êtes-vous contre l’environnement ?
La « durabilité » proposée par l’initiative est un leurre. Réduire la population n’améliore ni le climat ni la justice sociale. La vraie transition écologique et sociale passe par une répartition équitable des ressources, et non par la fermeture des frontières.
Les espaces naturels disparaissent, les paysages suisses sont bétonnés pour accueillir l’immigration.
Depuis 1945, la bétonisation augmente plus vite que la population. En cause, la logique de mitage du territoire,qui a longtemps prévalu, avec l’étalement urbain et la construction de maisons individuelles accompagnées d’un parking, dans des zones où il a fallu ensuite aménager des routes et autres infrastructures. Des quartiers denses peuvent être agréables à vivre, quand on y met suffisamment de verdure. En réduisant la place accordée à la voiture en ville, on gagne également un espace monumental.
Il faut protéger au maximum notre qualité de vie !
Oui, il faut protéger la qualité de vie. Mais cela passe aussi par des logements abordables, des salaires décents, des services publics solides, une transition écologique sérieuse et une meilleure protection des travailleurs, des locataires et des retraités.
Le développement durable, ce n’est pas simplement compter le nombre d’habitant·es. C’est chercher à améliorer le bien-être de la population tout en tenant compte des exigences sociales, climatiques et environnementales. Et sur ces questions-là, l’UDC combat systématiquement les politiques de protection du climat, de l’environnement, des transports publics ou encore des droits sociaux.
La seule « durabilité » constante de l’UDC, ce sont surtout ses campagnes répétées contre les personnes issues de l’immigration. Faire croire que tous les problèmes du pays viennent principalement des étranger·ères ou de la démographie est une simplification politique très commode, mais largement éloignée de la réalité.
Limiter la population est le meilleur moyen de limiter les émissions de CO2 au niveau suisse.
L’impact écologique est largement fonction du niveau de vie.
Avec son initiative, l’UDC propose de commencer par les requérant·es d’asile, à l’empreinte fossile ridicule, là où elle défend systématiquement les grandes fortunes - quelle que soit leur nationalité - qui ont des émissions CO2 qui explosent celles de la moyenne de la population.
Plutôt que faire venir des étranger·ères en prétextant des secteurs "en pénurie", il faut privilégier les personnes déjà ici qui sont au chômage.
Les personnes qui sont au chômage ici n’ont pas nécessairement le profil professionnel pour répondre à la demande des secteurs en recherche d’employé·es. Quand un secteur est en situation de pénurie, la pression s’intensifie souvent pour assouplir les dispositions régissant la durée du travail et les gains de flexibilité recherchés se font au détriment de la protection du personnel, de la sécurité et de la qualité. C’est le cas pour les transports publics, et cela a un impact négatif sur les travailleur·euses et sur les usager·ères des transports publics.
Transports
À cause de l’immigration, les transports publics sont surchargés.
Des solutions existent : investir dans les transports publics, gérer intelligemment le trafic, etc. Des mesures auxquelles l’UDC s’oppose dans les parlements au niveau communal, cantonal et national.
Un impact de l’initiative sera des pertes de recettes fiscaless (moins de résident·es = moins d’entrées d’impôts) qui mettront encore plus de pression sur les budgets publics. Or, les transports publics dépendent fortement du financement public, en particulier le trafic régional voyageurs. Moins d’argent = une pression accrue sur les conditions de travail du personnel des transports publics et moins d’investissement dans l’infrastructure, dans la sécurité ainsi qu’une offre moins développée. Autrement dit, un impact négatif direct sur les travailleur·euses et sur les usager·ères des transports publics.
Les bouchons sont causés par les frontalier·ères et les travailleur·euses qui viennent de l’étranger.
Ce sont les aménagements insuffisants et inefficaces, ainsi que le manque de solution de transports publics qui sont à l’origine des bouchons. Quand il n’y a pas de solution pour vivre près de son lieu de travail, il n’y a pas d’autre choix que de faire l’aller‐retour chaque jour. Moins de droits de séjour ce seront plus bouchons sur les routes.
Limiter l’immigration réduira le trafic.
Le risque avec l’initiative UDC c’est que l’inverse se produise : moins de résidents, plus de pendulaires et toujours autant d’emplois à pourvoir. Réduire le trafic passe par davantage de logements proches des emplois, des transports publics renforcés et des politiques coordonnées.
L’UDC est le seul parti à vraiment se préoccuper de la population et des problèmes de transports.
L’UDC, malgré son discours “proche du peuple”, est aussi un parti dirigé par des milliardaires et multimillionnaires. Et dans les faits, elle s’est rarement engagée pour défendre durablement les intérêts des classes populaires et de la classe moyenne modeste face aux logiques spéculatives et aux intérêts économiques dominants.
En Suisse, un transport sur deux fait moins de 5 kilomètres, il est majoritairement effectué en voiture. Cette pratique peut évoluer en investissant dans les transports publics de proximité, ce que l’UDC combat dans les parlements. Elle défend les intérêts du lobby pétrolier et routier, plutôt que les mesures qui permettraient d’améliorer la qualité de vie dès à présent.
Étranger·ères – frontalier·ères - réfugié·es
Les syndicats défendent les frontalier·ères et les immigré·es avant les Suissesses et les Suisses !
Les syndicats défendent touxtes les travailleur·euses, quelle que soit leur nationalité. L’initiative UDC veut abolir la libre circulation des personnes, ce qui supprimera les mesures d’accompagnement qui protègent les salaires de toutes et tous en Suisse. La fin de la libre circulation et ses conséquences engendrera une situation qui aura un effet délétère sur la solidarité syndicale avec une réduction de notre rapport de force dans la lutte pour nos acquis sociaux, alors que les attaques sur les conditions de travail et les salaires s’intensifieront davantage encore.
Seule l’UDC s’intéresse à la population suisse.
L’UDC fait pourtant partie de la majorité politique de droite qui gouverne ce pays depuis des décennies. Il n’y a jamais eu de majorité gauche-verte en Suisse.
Les loyers explosent, les primes maladie augmentent, le coût de la vie devient insupportable. Mais ce ne sont pas les immigré·es qui fixent les loyers, spéculent sur l’immobilier ou bloquent les régulations sociales. La qualité de vie ne se protège pas en désignant des boucs émissaires, mais en menant de vraies politiques sociales, salariales et environnementales.
Qui s’oppose régulièrement à davantage de protection des salariés, des locataires ou de l’environnement ? L’UDC fait presque toujours partie de ce camp-là.
Nos prisons sont occupées par une grande partie d’étrangers. 88 % d’étranger dans les prisons ce n’est pas moi qui fait les chiffres.
Concernant les prisons, il faut aussi être précis et éviter les amalgames : il y a très peu d’étranger·ères résident·es intégré·es et installés·e durablement en Suisse qui se retrouvent dans les prisons suisses. Les statistiques mélangent souvent différentes situations. Selon les données récentes de l’Office fédéral de la statistique, la Suisse comptait environ 7’000 détenus en 2025, dont près de 2’000 Suisses et environ 5’000 étrangers. Mais parmi ces détenus étrangers, une part importante concerne des personnes non domiciliées en Suisse : délinquance de passage, tourisme criminel, trafics internationaux, sans compter les sans-papiers ou les personnes considérées en situation irrégulière suite aux durcissements successifs de la loi. Au final, les étrangers résidant légalement en Suisse représentent environ 2 700 détenus sur 1,9 million de travailleur·euses étranger·ères. Autrement dit, une immense majorité de personnes d’origine non-porteuses du passeport suisse travaillent, paient des impôts et respectent les lois.
Prendre uniquement un pourcentage brut sans expliquer ce qu’il contient, c’est surtout une manière de faire peur et de stigmatiser tout un groupe de personnes pour les actes d’une minorité.
Les étrangers remplissent les prisons suisses ! 68 % d’étrangers en prison, vous ne pouvez pas nier que les étrangers sont un problème.
Quand on compare les hommes suisses de 18 à 65 ans avec les hommes étrangers des mêmes âges avec permis de séjour, les taux de criminalité deviennent très proches.
Cette méthode est-elle plus honnête parce que les femmes commettent statistiquement beaucoup moins de délits ; les retraités également ; la population suisse est plus âgée ; la population étrangère est proportionnellement plus jeune et plus masculine. Or partout dans le monde, les jeunes hommes sont les plus représentés dans les statistiques de délinquance, quelle que soit leur nationalité.
Donc comparer toute la population suisse à une population étrangère plus jeune et active, c’est fausser volontairement les chiffres. Cela ne signifie pas qu’il n’existe aucun problème de criminalité. Mais utiliser des statistiques simplifiées pour désigner des millions de personnes comme menace collective est intellectuellement malhonnête.
Combien d’étranger·ères ont marié des Suissesses et des Suisses pour venir ici ?
Question pas forcément déterminante dans le débat. Il existe certainement des abus, comme dans beaucoup de domaines, et ils doivent être combattus en tant que tels. Mais construire tout un discours politique sur quelques cas particuliers ne permet pas d’avoir un débat équilibré.
Retraité·es et précarité
Les requérants d’asile sont logés, ils ont des bons pour la nourriture, des habits etc, alors que les retraités suisses peinent à joindre les deux bouts et à trouver des appartements à prix correct.
Les difficultés des retraité·es et des salarié·es ne sont pas liées à l’accueil des réfugié·es. Elles sont dues surtout aux loyers abusifs, dàe la spéculation immobilière, à la pression sur les salaires, au démantèlement social et au manque de protections pour les plus fragiles. Opposer les retraité·es aux requérant·es d’asile est une vieille recette populiste qui permet surtout d’éviter de parler des vrai·es responsables et des véritables solutions. L’UDC excelle dans la propagande et les slogans simplistes, beaucoup moins dans la défense concrète des travailleurs, des locataires ou des retraités.
Dernièrement, plusieurs dirigeants de l’UDC proclament haut et fort qu’en cas d’acceptation de leur initiative, il faudrait augmenter l’âge de la retraite… une curieuse manière de défendre les retraité·es et les travailleur·euses.
J’ai travaillé toute ma vie et je ne reçois que 1804 Frs d’AVS.
Après une vie entière de travail, ne même pas toucher une AVS permettant de vivre dignement est effectivement indigne dans un pays aussi riche que la Suisse. Mais voter pour l’initiative de l’UDC ne changera rien à votre situation, ni à celle des trop nombreuses personnes qui vivent aujourd’hui avec des rentes insuffisantes. Pour rappel : l’UDC a combattu l’octroi de la 13e rente AVS qui va entrer en vigueur en décembre 2026. Cette avancée, ce sont les partis de gauche, les syndicats et les associations de défense des retraité·es qui l’ont portée et défendue.
Je pense surtout à nos enfants, à nos personnes âgées et aux travailleurs qui peinent toujours plus à vivre correctement en Suisse. Je fais partie de la classe moyenne et nous souffrons beaucoup durant cette époque financièrement : pas assez pauvres pour avoir des aides et pas assez riches pour vivre sereinement.
L’initiative de l’UDC ne va pas améliorer la situation des travailleur·euses en Suisse. Au contraire, elle risque d’aggraver la précarité en réintroduisant une forme de nouveau statut de saisonnier et en limitant fortement le regroupement familial des travailleurs et travailleuses étranger·ères. Cela créerait encore plus de personnes contraintes de vivre séparées de leur famille, avec moins de droits et plus de pression sur les salaires.
Enfin, l’UDC dit maintenant clairement qu’en cas d’acceptation de cette initiative, il faudrait relever l’âge de la retraite. Donc on demande aux travailleurs de travailler plus longtemps, tout en divisant davantage la population.
Oui, il faut des règles, du respect et une politique équilibrée. Mais il ne faut pas faire croire que les difficultés de la classe moyenne viennent uniquement de l’immigration, alors que les vrais problèmes sont d’abord les primes maladie, les loyers abusifs et la baisse du pouvoir d’achat.
Saisonnier·ères
Le statut de saisonnier a permis à beaucoup de nous intégrer et assimiler en obtenant d’abord le permis C puis la nationalisé Suisse, en temps voulu. Les saisonniers n’ont jamais été obligés de venir en Suisse et la liste est longue de ceux qui ont créé une entreprise, du bâtiment notamment, reprise aujourd’hui par les enfants.
Concernant le statut de saisonnier, je comprends que certains aient pu personnellement bien le vivre, mais il faut aussi entendre l’expérience des centaines de milliers de travailleurs qui l’ont vécu très difficilement. Les problèmes ne concernaient pas seulement les conditions de travail ou des logements souvent précaires, mais surtout l’impossibilité du regroupement familial. Beaucoup d’enfants ne voyaient leur père que durant l’interruption de saison ou pendant les vacances. Une partie des difficultés d’intégration rencontrées plus tard par certaines familles trouve aussi son origine dans ce système qui séparait les travailleurs de leurs proches pendant des années.
Bien sûr, pour des personnes qui choisissaient librement de venir uniquement quelques saisons, ce système pouvait convenir. Mais ce n’était pas la réalité de la majorité. Beaucoup voulaient simplement construire une vie stable, avec leur famille.
Théoriquement, un saisonnier pouvait obtenir un permis B après quatre années. En pratique, beaucoup ont dû attendre le double ou le triple du temps, et un grand nombre ne l’ont jamais obtenu.
Depuis l’entrée dans l’espace Schengen, tout part en cacahuète. Il y a 45 ans, le niveau scolaire était nettement supérieur, il y avait ceux qui faisaient des études et les autres commençaient un apprentissage, il n’y avait pas besoin d’aller chercher ailleurs des employés - peintre en bâtiment, plombier, électricien, menuisier, infirmière, assistante dentaire. Il y avait juste besoin de saisonniers qui étaient là pour aider lorsque il y avait du travail, non pas pour profiter du social.
En 45 ans, beaucoup de choses ont changé, c’est vrai. Mais encore faut-il se rappeler honnêtement quelle était aussi la situation en 1980 : horaires plus lourds, semaines de travail plus longues, moins de vacances, moins de protections pour les salarié·es, davantage d’inégalités et des conditions parfois très dures dans de nombreux métiers.
Certaines choses se sont améliorées grâce aux luttes syndicales et sociales. D’autres se sont effectivement dégradées, notamment la pression sur les salaires, les loyers ou les conditions de travail. Mais cette détérioration vient surtout des milieux économiques et politiques dont l’UDC fait largement partie : opposés aux protections des travailleurs, des locataires, des retraités et souvent hostiles aux amélioration des conditions de travail et de vie.
Quant au statut de saisonnier, il était profondément inhumain. Il empêchait des milliers de travailleurs de vivre avec leur épouse et leurs enfants. Heureusement qu’il a été supprimé il y a un peu plus de 20 ans.