Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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Hommage à Eugène Suter – par Pierre Schmid, le 10 février 2015 à l’UOG

lundi 15 février 2016 par Claude REYMOND

Eugène s’en est allé…

…et ce soir nous lui rendons hommage en invoquant des souvenirs de luttes sociales qu’il a menées et qui sont des enseignements pour le présent et l’avenir.

Il y a quelques jours, lors de ses obsèques, nous avons mesuré à quel point il a laissé des traces profondes dans la mémoire des syndicalistes genevois.

Mon plus ancien souvenir
Pour ma part, je n’ai jamais oublié la forte impression que j’ai ressentie lorsque je l’ai entendu s’exprimer lors d’un meeting syndical à la salle communale de Plainpalais. Ce soir là les syndicats protestaient contre des décisions fédérales antisociales. Le Conseil fédéral, et plus particulièrement le Conseiller fédéral Rubattel, était pris à partie. Eugène attaquait d’une forte voix, puissante et percutante. Il m’a impressionné. Il savait si bien capter et retenir l’attention de toute la salle qui était comble.

Les souvenirs d’actions syndicales qu’il a menées ou dirigées sont légions.

Mais au-delà des souvenirs anecdotiques, il y a ce qu’il a réussi, les créations qu’il a contribué à promouvoir.

C’est notamment sa contribution souvent déterminante pour l’affirmation d’une ligne stratégique et tactique syndicale basée sur la négociation à tous les étages de la problématique sociale du monde du salariat.

Pour lui, rien de ce qui touche les travailleurs actifs, retraités ou chômeurs, ne doit être négligé par le mouvement syndical.

Eugène a aussi été l’un des pionniers de la création de la CGAS, cette force unitaire des syndicats genevois. Cette force qui a permis aux syndicats genevois de négocier avec l’Etat et l’organisation faîtière du patronat, aujourd’hui FER. Oui, les syndicats sont devenus des acteurs incontournables de la vie publique de notre canton, nous le devons à Eugène Suter en partie.

Parmi les nombreuses activités et actions d’Eugène, il y a notamment :

  • La formation professionnelle
  • L’intégration des immigrés dans les organes de la FTMH
  • Le logement social
  • L’action syndicale présente et active dans la politique sociale genevoise

Le tout récent accord tripartite relatif à la reconstruction d’un organe chargé du contrôle des conditions sociales et salariales des travailleurs immigrés ou frontaliers est un exemple concret de la politique de négociations syndicales chère à Eugène. C’est aussi et surtout la réparation d’un désastre provoqué par la suppression de l’ancienne commission tripartite qui avait joué un rôle formidable pour empêcher les abus et les discriminations à l’endroit des immigrés.

Cette suppression a fait le jeu des forces politiques xénophobes, ce avec l’aventure des initiatives anti-étrangers et isolationnistes pour notre pays. En terme d’image pour la Suisse cela a été désastreux.

Pour clore mon intervention, je dirai qu’il faut se souvenir de ce grand militant qui a rencontré le syndicalisme sur les lieux de travail à Vevey où il fut apprenti, et à Genève aux Ateliers des Charmilles où il fut ouvrier et président de la Commission ouvrière. Cette rencontre a déterminé toute sa vie, mise au service de monde du travail.

Ce qu’il faut souligner aussi c’est qu’Eugène savait que seul, on prêche dans le désert ! C’est la raison pour laquelle il a veillé à la formation des militants et des permanents syndicaux afin que la section genevoise de la FOMH soit représentative, forte et imaginative. C’est de cette manière que sera possible de faire face aux défis antisociaux d’un monde miné par un individualisme destructeur des solidarités, un libéralisme économique ravageur.

Nous sommes tous et toutes bien conscients que le monde change et pas pour devenir plus social. L’exemple fourni par ES démontre qu’il est possible d’avancer, mais que ce ne sera pas facile.

Mais cela n’a jamais été facile !