Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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Nous ne paierons pas leur crise !

Intervention d’Alessandro Pelizzari, 16 mai 2009, Genève

lundi 18 mai 2009 par Claude REYMOND

Chers et chères camarades, chères et chers collègues,

Aujourd’hui, le monde du travail montre enfin sa force, sa détermination et sa dignité face aux dégâts d’un monde qui n’est pas le nôtre :

Un monde formé par des spéculateurs et des banquiers qui ont anéantis en quelques mois 12’000 Milliards de Dollars et qui ont provoqué la plus grave crise économique depuis des décennies. Aujourd’hui, le nombre de chômeurs ne cesse de croître : quelques 500’000 personnes en Suisse seront sans emploi ou en situation de chômage partiel d’ici la fin de l’année. C’est le retour de la précarité pour des centaines des millions de familles partout en Europe.

Un monde formé par des dirigeants d’entreprise qui ont profité pendant des décennies des politiques de libéralisations, de la flexibilisation du marché du travail, du démantèlement de l’Etat social. Qui ont détruit peu à peu sur les lieux de travail les protections des salariés, les mettant en concurrence les uns avec les autres, augmentant les inégalités, et qui se sont versé à eux des salaires indécents, et aux actionnaires des bénéfices faramineux. Des dirigeants d’entreprise qui profitent aujourd’hui de la crise, de la peur du chômage, pour licencier et restructurer leurs entreprises et leurs caisses de pension, pour faire pression sur les salaires et les conditions de travail, tout en continuant à se verser des salaires indécents et des bénéfices faramineux.

Un monde formé finalement formé par les gouvernements qui nous promettent des mesures pour faire face à la crise mais qui en réalité font tout pour que cette crise soit payé par ceux qui ne l’ont pas provoqué : par les travailleurs, les retraités, les chômeurs. Que dire, en Suisse, d’un gouvernement qui met à disposition de l’UBS 68 milliards de francs sans aucune contrepartie ? Qui fabule de baisses d’impôts pour les riches et pour les entreprises et n’a pas honte de baisser les indemnités des chômeurs et les rentes LPP et AVS des retraités ?

Ce monde là n’est pas le notre. Notre monde c’est le monde des travailleurs qui se lèvent aujourd’hui partout en Europe pour dire « non, nous ne payons pas leur crise » : A Madrid, ils étaient 150’000 à manifester jeudi, 50’000 à Bruxelles hier et on attend plusieurs 100’000 de manifestants aujourd’hui à Berlin et à Prague, et nous sommes aujourd’hui plusieurs milliers à Genève également à nous joindre à ce mouvement qui demande :

  • de désarmer des pouvoirs financiers, de mettre en place un contrôle strict des activités bancaires par les collectivités publiques et un système fiscal solidaire basé sur la taxation des gains en capitaux et sur la fortune ;
  • de garantir le pouvoir d’achat des travailleurs par la redistribu-tion des richesses, particulièrement en introduisant un salaire minimum légal et la limitation des hauts revenus ;
  • de créer de l’emploi pour répondre aux besoins de tous, en développant les emplois socialement utiles notamment dans les services publics ou dans la construction de logements ;
  • et de former bouclier social pour les travailleurs et les chômeurs en augmentant les prestations de chômage et de l’aide sociale, mais aussi une extension de la protection contre les licenciements.

Le parcours choisi de cette manifestation nous permettra de revenir sur nos revendications devant des lieux symboliques. C’est pour nous le début de la construction d’un véritable contre-pouvoir social qui est là aussi pour rappeler à certains qu’il ne suffira pas de se dire de gauche pour récolter cet automne les voix des travailleurs.



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