Communauté genevoise d’action syndicale

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Edipresse Suisse vendu à Tamedia

NON à un empire de presse dévoreur de diversité et d’emplois !

mercredi 4 mars 2009

Le rachat de Presse Publications Suisse romande (PPSR), la société qui coiffe les activités suisses du groupe Edipresse, par le groupe Tamedia annoncé mardi 3 mars constitue une concentration gigantesque à l’échelle de la Suisse et de la branche des médias.

Par cette opération, le groupe Tamedia va devenir le premier éditeur du pays, devant Ringier Suisse, tant pour les quotidiens que pour les magazines, et le premier imprimeur de presse en Helvétie.

Menace très grave pour la diversité de la presse…

Une telle concentration dans des mains privées représente une menace sérieuse pour la diversité de la presse et le respect des pluralités culturelles et politiques. En effet, un groupe de cette taille, ayant à disposition une grande puissance financière et une grande capacité de diffusion de Genève à Romanshorn, sans aucun contrôle démocratique et sans contre-pouvoir effectif, pèsera de tout son poids sur les contenus rédactionnels de l’ensemble de ses vecteurs d’information : presse écrite, en ligne, radios et télévisions locales et autres supports multimédias. C’est là un enjeu démocratique pour toute la société civile !

La « logique », présidant cette concentration étant l’accumulation et la recherche de la profitabilité maximum à court terme (l’objectif avoué est d’atteindre de 15 à 20 % de rentabilité !), ne pourra se faire qu’au détriment de la qualité du travail, du respect tangible de la déontologie des médias et des effectifs du personnel.

Privilégiant le « localisme » et le « people », les titres et autres supports médiatiques ne pourront que s’appauvrir à terme, confiant les rubriques consacrées à l’info nationale, internationale, économique, sportive et culturelle à de très petites équipes « mises en synergie » et arrosant l’ensemble du groupe Tamedia.

… et pour les emplois et conditions de travail !

Quant aux emplois, des centaines de postes sont menacés, par restructurations successives, tant dans les rédactions, les secteurs techniques, les départements commerciaux et administratifs. L’annonce a été faite clairement par le nouveau groupe : il s’agit d’économiser 30 millions par an sur
quatre ans, soit 120 millions au total et cela
signifie forcément des coupes à la hache
dans le personnel.

Rappelons au passage qu’en six mois,
Edipresse a déjà « anticipé » et supprimé
plus de 90 emplois depuis fin août 2008
dont 64 au moins par licenciements secs !
Vingt nouvelles suppressions d’emplois ont
déjà été annoncées avec la fusion des gratuits.

Violation totale des obligations patronales

La main sur le cœur, les dirigeants d’Edipresse et de Tamedia ont promis « transparence », « dignité » et « bonne gouvernance ».

Or, ils ont totalement violé leurs obligations d’employeurs. En effet, tant les conventions collectives de travail en vigueur (la CCT romande des journalistes et le CCT national des arts graphiques) que la Loi fédérale sur la participation imposent aux employeurs le respect d’une procédure préalable d’information, puis de consultation des représentants des salarié.e.s AVANT toute décision majeure impliquant la marche des affaires et la structure de l’entreprise et leurs conséquences pour l’emploi et les salarié.e.s. En particulier, les dispositions protectrices des art. 333 et 333a du Code des obligations, reprises aussi dans la Loi sur les fusions d’entreprises, ont été tout simplement ignorées.

De même, la déontologie des journalistes impose aux éditeurs une telle procédure d’information et de consultation préalable. Le Conseil suisse de la presse – dont les éditeurs font maintenant partie – a rappelé récemment ces obligations à propos d’une fusion identique (à la RTSI). Là, également, les éditeurs concernés se sont moqués de leurs devoirs.

Que les dirigeants du futur mammouth médiatique s’assoient sur les droits fondamentaux de celles et ceux qui produisent la richesse sociale démontre le mépris dans lequel ils tiennent leurs salarié.e.s et ne présage rien de bon pour la suite !

Que faire dans l’immédiat ?

Il convient tout d’abord de ne pas se laisser aller au fatalisme et de décoder les fausses vérités. La bataille qui s’engage doit se mener en premier lieu dans les têtes de tout un chacun !

Il est indispensable que des assemblées se tiennent dans les différents sites et lieux de travail pour examiner les conséquences de cette vente d’Edipresse et prendre position.

Comedia sera aux côtés de l’ensemble des salarié.e.s concerné-es, d’Edipresse comme de Tamedia, pour défendre leurs emplois, leurs outils de travail et leurs conditions de travail.

Comedia, le syndicat des médias, a demandé une réunion d’urgence aux directions d’Edipresse et de Tamedia et convoquera une réunion nationale des commissions du personnel et autres représentations des salarié.e.s (société des rédactions, etc.) pour échanger les informations et définir une stratégie commune.

Comedia entend développer un front syndical commun avec toutes les organisations du personnel, en particulier avec Impressum.

La solidarité : voici la voie !

bernard.remion@comedia.ch - 021 310 06 23

bruno.clement@comedia.ch - 079 548 10 26



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