Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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La CGAS s’engage pour le référendum contre l’attaque dévastatrice des salaires minimums et le mépris des décisions populaires

mardi 30 juin 2026 par Mireille Senn

La Communauté genevoise d’action syndicale s’engage pour le référendum contre l’attaque dévastatrice des salaires minimums et le mépris des décisions populaires

En faisant le choix de faire primer les conventions collectives de travail (CCT) étendues sur les salaires minimaux cantonaux et communaux, le Parlement national a décidé, vendredi 19 juin, d’imposer un démantèlement des salaires au mépris non seulement de la volonté populaire, mais aussi de la compétence des cantons en matière de politique sociale et de protection des travailleuses et travailleurs.

Les porte-voix de la droite patronale au niveau fédéral assument ainsi l’idée de jeter dans la précarité des milliers de salarié·es en Suisse, en les excluant de l’application des salaires minimums cantonaux. Elles et ils ont fait leurs les mots de Roland A. Müller, président de l’Union patronale suisse : « Un salaire décent n’est pas la responsabilité des employeurs » (Source : www.blick.ch)

Par 115 voix pour et 78 contre, les parlementaires ont voté pour rendre possible une extension des salaires minimaux prévus dans les CCT même lorsqu’ils sont inférieurs aux salaires minimaux cantonaux. En d’autres termes, elles et ils ont fait primer des contrats de droit privé entre parties sur des décisions populaires des citoyen·nes.

Face à cette attaque idéologique d’une portée nationale, les syndicats genevois affirment leur détermination à mener la bataille par solidarité avec touxtes les travailleur·euses en Suisse, aux côtés de l’USS et de toutes les forces progressistes qui porteront le référendum, mais également pour défendre les revenus des travailleur·euses genevois·es, attaqués eux aussi.

Fin de l’indexation du salaire minimum cantonal et ses répercussions : les travailleur·euses genevois·es sont aussi concerné·es

Lorsqu’il s’agit de baisser les salaires, les allié·es des patrons n’en sont pas à un mensonge près : nous entendons déjà la droite patronale genevoise affirmer la bouche en coeur que ce projet de loi national épargne le salaire minimum cantonal genevois, et cela pour encourager le refus du référendum. C’est faux !

La vertu du salaire minimum légal est de s’adapter, chaque année, au renchérissement du coût de la vie, grâce à son mécanisme d’indexation positive automatique. Un élément particulièrement important pour faire face, au moins en partie, à l’explosion du coût de la vie qui touche de façon disproportionnée les petits revenus dont les charges – loyer, assurance maladie, etc. - pèsent particulièrement lourd dans le budget.

Si cette modification de la loi venait à s’appliquer, l’indexation automatique annuelle genevoise sautera. En effet, les « garanties » ajoutée par le Conseil des États au projet initial ne font qu’exclure une baisse du salaire minimum légal « en-dessous du niveau actuellement en vigueur ». Autrement dit, le montant des salaires minimums genevois et neuchâtelois (les deux cantons concernés) resteront figés au montant en vigueur au moment de la mise en oeuvre de la loi modifiée : le salaire minimum cantonal genevois ne sera alors plus indexé sur le renchérissement annuel, ce qui aura des répercussions immédiates sur tous les salaires qui y font référence, les usages, les contrat-types de travail, les jobs étudiant·es, etc.

Les patrons, ces amis de certains "syndicats"

Les CCT sont d’excellents outils de défense des droits et des conditions de travail des travailleur·euses pour autant qu’elles et ils soient fortement mobilisé·es et que le rapport de force leur soit favorable dans les négociations.

Mais nous le savons bien, les patrons savent lier des amitiés opportunes avec des syndicats conciliants, au mépris des travailleur·euses et des autres syndicats présents sur le terrain.
On se rappelle ainsi de l’épisode tessinois de 2021 et de la CCT signée par TiSin, proche de la Lega, et l’association patronale Ticino Manufacturing, un contrat collectif qui contournait allégrement la loi cantonale sur le salaire minimum.
Ou de l’épisode de la CCT Architectes de Genève, conclue dans la précipitation en mai 2024 par le syndicat Syna, qui a accouru à l’appel des patrons de l’Association genevoise d’architectes (AGA) pour signer un texte en vigueur depuis 2017, sans même avoir la décence d’adapter la grille salariale, et au mépris des autres syndicats genevois SIT et Unia qui avaient dénoncé le contrat collectif justement pour améliorer les revenus des travailleur·euses du secteur. (Voir l’article d’Espazium à ce sujet)

Nous pourrions même imaginer la création de toutes pièces de nouveaux « syndicats » par les patrons, qui seraient entièrement à leur solde...

Signer à la plage : la récolte est lancée

Il est hors de question pour les syndicats genevois d’accepter que des conventions collectives signées par des syndicats inféodés aux patrons ou négociées dans des rapports de force défavorables puissent être utilisées pour vider de leur substance des décisions démocratiques, faire baisser les salaires et augmenter la précarité des travailleuses et des travailleurs que ce soit à Genève ou ailleurs en Suisse.

C’est pourquoi la CGAS organise la récolte des signatures cet été à Genève, et encourage toutes les forces progressistes et politiques genevoises à se joindre au front pour la défense des salaires minimaux cantonaux et pour le respect de la volonté populaire.

Combattons le dédain des patron·nes par notre engagment sur le terrain et faisons signer massivement ! Téléchargez la feuille de récolte de signatures pour le référendum et faites le tour des plages pour recueillir le maximum

Par ailleurs, en parallèle, le Grand Conseil neuchâtelois a lancé un référendum cantonal sur le même sujet. Sept autres cantons doivent rejoindre ce référendum pour que celui-ci aboutisse. La CGAS appelle le parlement genevois à faire de même.

Vous pouvez écouter le débat sur ce référendum cantonal lors de l’émission Forum de RTS - La Première.

https://www.rts.ch/audio-podcast/20...

Humour Union patronale suisse - Müller


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