Communauté genevoise d’action syndicale

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s’agissant des retraites, AVS et LPP...

jeudi 9 octobre 2008 par Claude REYMOND

Cette contribution développe un des 4 axes d’argumentation en faveur du OUI le 30 novembre à l’initiative des syndicats pour un âge de l’AVS flexible que la CGAS a présentés dans sa conférence de presse du 7 octobre 2008.

extraits de l’édition du Courrier du 8 octobre 2008, articles de la plume de Michel Schwéri.

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Les systèmes des retraites se retrouvent périodiquement au coeur des réformes sociales d’ampleur dans de nombreux pays. C’est le cas en France, en Allemagne, en Italie et bien évidemment en Suisse. Chez nous, l’évolution démographique et le vieillissement de la population augmenteront la quantité de prestations à verser à l’avenir, tandis que l’émergence d’un socle permanent de chômage et la hausse des coûts de santé ont monopolisé les nouvelles ressources depuis les années 1990. Une réponse à ces défis préconisée par les autorités fédérales consiste à augmenter l’âge de la retraite afin, d’une part, de réduire les prestations dues en les retardant et, d’autre part, d’accroître les recettes en allongeant la période de vie active et de cotisation.

Régulièrement, les crises boursières entament aussi la substance de la sécurité sociale. Cette dernière ­ surtout les fonds de pensions ­ draine en effet une telle quantité de capitaux qu’elle devient un acteur important du système financier, participant à ses succès et essuyant ses échecs... avec l’argent des assurés. Le deuxième pilier helvétique totalise ainsi quelque 600 milliards de francs de fortune, placés un peu partout dans le monde et dans tous les secteurs économiques. Ses pertes boursières sont évaluées à 30 milliards cette année.

Enfin, le renchérissement du coût de la vie grignote lentement le pouvoir d’achat des rentes, faisant de leur indexation un enjeu majeur du maintien des prestations promises. La préservation de l’« indice mixte » indexant les rentes AVS sur l’inflation et sur la progression des salaires réels afin de maintenir le niveau des allocations, puis des autres montants limites calculés en fonction de ces rentes de base, est mis en cause dans les révisions législatives.

Dans le deuxième pilier, les conditions pour servir l’indexation sont plus compliquées et demandent notamment une « surcapitalisation » des caisses afin d’assurer leurs arrières. Dans les différents domaines de la prévoyance vieillesse, ces divers coups de canif visant un même but sont toutefois déclinés de manières différenciées

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Attaques sur le secteur privé

Dans l’économie privée, les institutions de prévoyance professionnelle doivent déjà être capitalisées à 100%. Pour garantir les prestations aux assurés, elles sont en effet autonomes des entreprises affiliées. La réforme visant une économie sur les rentes prend donc un autre chemin. Dans ce but, le taux d’intérêt minimum prescrit pour rétribuer les capitaux placés et le facteur de conversion du capital accumulé en rentes annuelles sont en cours de réduction.

Actuellement de 2,75%, le taux de rendement minimal pourrait passer à 2% dès janvier 2009. Il risquerait ainsi de ne plus compenser le simple renchérissement si celui-ci enfle un peu. Certaines forces politiques et économiques souhaiteraient fixer un taux encore plus bas, voire éliminer purement et simplement le taux plancher. Mais cette proposition relève plus du bluff politique que d’une solution réellement envisageable. En effet, sans un rendement minimum garanti, il n’y a plus aucun avantage à conserver un système de retraites en capitalisation devenu totalement désécurisé.

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L’AVS résiste mieux à l’inflation

Dans sa conception même, l’assurance vieillesse et survivants (AVS) fonctionne selon le système de la répartition. Les cotisations prélevées une année servent dès l’année suivante à payer les rentes en cours. Les salariés actifs financent « en direct » les pensions des retraités, instituant une solidarité intergénérationnelle.

Ce système est possible car la société ne s’éteindra jamais : il y aura toujours de nouveaux actifs pour alimenter les caisses. Une prévoyance vieillesse en répartition est donc bien plus solide face aux aléas boursiers qu’un système en capitalisation pure comme le deuxième pilier. Il résiste également mieux à l’inflation, puisque le pouvoir d’achat de l’argent prélevé n’a pas le temps de s’effriter avant d’être reversé en rentes.

Par sécurité toutefois, l’AVS dispose d’une fortune tampon d’un peu plus de 40 milliards de francs à fin 2007, dont environ 24 milliards sont placés. Selon les bonis ou les pertes réalisés sur les divers marchés, le produit des placements tourne autour de 1,5 milliard depuis 2003, avec une baisse notoire à 300 millions seulement en 2007. Pour 2008, les turbulences sur les marchés financiers ont déjà généré une perte comptable de 1,9 milliard. Cela s’explique par le portefeuille géré par l’AVS.

La moitié de ses placements sont investis dans des obligations et des prêts « papys », sans grand risque. Mais environ 10% sont placés dans l’immobilier, dont un tiers aux Etats-Unis. Quelque 5% des investissements s’effectuent dans les matières premières, dont la moitié dans l’énergie et un quart dans les produits agricoles. Enfin, 35% de la fortune placée par l’AVS l’est en actions, dont 18% dans des entreprises financières. Autant de secteurs sérieusement secoués par les fortes fluctuations de cours durant l’année. La crise boursière a déjà coûté deux milliards aux retraites...



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