Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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lorsqu’il nous faut rendre des comptes

jeudi 9 octobre 2008 par Claude REYMOND

Les syndicats ont besoin du relais des médias pour sensibiliser la population aux problèmes qu’ils tentent de surmonter à l’avantage de leurs membres et des travailleurs en général.

En naturellement, il se trouve des journalistes qui observent leurs actions et cherchent à en vérifier la cohérence.

C’est ainsi que les syndicalistes doivent parfois rendre des comptes, et au sujet des actions entreprises à Genève le 7 octobre 2008, le secrétaire de la CGAS s’est volontiers plié à cet exercice...


Script des PROPOS RECUEILLIS PAR FABIO LO VERSO pour Le Courrier

Fabio Lo Verso : La mobilisation syndicale a marqué un moment de relâchement inédit, mardi dernier, à l’occasion de la Journée mondiale pour le travail décent. L’appel à un rassemblement sur la place des Nations n’a été observé que par quelques personnes. Le combat pour le travail décent ne fait pas recette à Genève.

Comment expliquez-vous cette défection ?

Claude Reymond : Les syndicalistes – submergés par les problématiques locales - n’ont prêté aucune attention à celle transversale et universelle du travail décent. Début septembre. notre communauté, qui répondait à l’appel de la Confédération syndicale internationale, s’est chargée d’organiser des actions pour marquer notre adhésion aux revendications pour le travail décent, pour une démonstration le 7 octobre 2008 à Genève comme sur tous les continents. C’était bien parti puisque la troisième semaine, 10 organisations se faisant représenter par près de 20 personnes, nous avons pu fixer un programme représentatif qui agrégeait les exigences de chacune. Or, une semaine plus tard, au moment de passer à la « pratique », seules deux étaient présentes et nous n‘étions plus que quatre pour en décider…

FBL : Croyez-vous vraiment qu’il y a un désintérêt pour la question du travail décent ?

De l’extérieur du mouvement syndical on pourrait conclure ainsi. Pourtant, si les syndicats genevois ont assuré une sensiblisation de la population ce jour-là sur leur initiative pour la retraite de l’âge de l’AVS flexible dès 62 ans, c’est aussi pour contribuer à leur manière aux mobilisations qui ont eu lieu ce 7 octobre de par le monde pour le travail décent. Mais ils ont craint de le dire pour conserver à leur message la priorité qu’ils s’étaient choisie.

Ce qui est vraiment regrettable, c’est que les professionnels des nombreuses internationales syndicales sises dans la région n’ont pas trouvé l’énergie pour concrétiser ici ce qu’ils exigent d’autres ailleurs…

FBL : Genève a-t-elle perdu de sa verve syndicale ?

CR : Pour ce qui la concerne, NON : des 14 actions annoncées sur l’AVS, au moins 13 ont été réalisées. Et puis ne l’oublions pas, il s’est trouvé tout de même deux poignées de syndicalistes qui ont tenu, sous la Chaise de la place des Nations, à soutenir la revendication pour un travail décent et à condamner l’insuffisante réponse du Conseil fédéral au Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du travail sur la violation des droits syndicaux dans ce pays.

En revanche, le Genevois que je suis a sans doute surestimé la capacité des instances représentatives du mouvement syndical mondial à susciter une prise en charge décentralisée de ses thématiques universelles, et à faire observer une discipline organisationnelle et unitaire parmi ses membres.

Le faible écho dans le bassin genevois donné à la thématique du travail décent s’explique ainsi par l’abstention de toute une région : le secrétariat de la CGAS a sollicité les organisations syndicales en France voisine, de Thonon à Lyon et de Chambéry à Bourg-en-Bresse, nos collègues de La Côte via l’union syndicale et la section de Syna vaudoises, ainsi que les 18 syndicats ou associations de personnel des institutions internationales ayant siège dans le coin…

FBL : De nombreuses revendications ont été posées au cours de la Journée mondiale. Laquelle mettriez-vous en exergue ?

Lorsqu’il m’a été demandé d’organiser quelque chose pour cette journée, la première chose à laquelle j’ai pensé c’était de pouvoir faire un lien entre les syndicats du canton et ceux de la Genève internationale pour dénoncer notamment la précarisation des employés des organisations du système onusien installées sur notre territoire. Ainsi, devant le Palais des Nations et en fin de journée, nous avons mis l’accent sur cette question. Mise en évidence d’autant plus justifiée qu’il y a 60 ans, les objectifs et les buts de l’Organisation internationale du travail (OIT) ont été redéfinis. En effet, en 1948, la Conférence de Philadelphie définissait la liberté syndicale au sein de l’OIT et proposait de combler les lacunes dans la protection des droits syndicaux au sein des organisations du système onusien. Or depuis, rien n’a vraiment changé, les droits du travail prescrits par les Recommandations doivent être respectés par les Etats qui les ont ratifiées, mais toujours pas par les institutions qui les promeuvent… Ainsi leurs personnels subissent des catégorisations discriminatoires, et la précarité des conditions de travail d’un grand nombre augmente.

C’est d’ailleurs ce contexte, qui explique en partie l’échec de notre volonté de susciter une expression conjointe - sur la thématique du travail décent - de la part des porte-paroles des organisations syndicales internationales ET des représentants du personnel des organisations onusiennes : les premiers doivent négocier avec les employeurs de seconds…

Au demeurant, je signalerai la contribution de quelques autres de mes collègues, qui craignant que la question du travail décent ne soit pas thématisée à Genève, on prit l’initiative de solliciter les réseaux de solidarité pour permettre d’entendre sur le site de la CGAS ce qu’en disent des syndicalistes d’Afrique et d’Amérique centrale.


Au moment où je faisais part de mes appréciations, j’ignorai encore que Le Courrier avait publié presque une page sur la thèmatique du travail récent en Suisse et ce qui avait été entrepris à Genève. En effet, parce que nous savions ne pas être nombreux à rendre sous la Chaise de la place des Nations, les Genevois n’avaient pas informés les médias que certains s’y retrouveraient pour témoigner sur l’exigence du travail décent. D’ailleurs, nous n’avions même pas sollicité d’autorisation pour « manifester »...

Donc, son rédacteur a eu bien raison d’épargner à ses lecteurs mes redites à son propos dans la publication de nos échanges du 9 octobre.

Si Le Courrier a réussi à mentionner l’« événement » genevois parmi les autres de Suisse, c’est sans doute parce qu’il compte parmi ses collaborateurs des syndiqués que nous avions informés de la situation (je les remercie ici de leur contribution). Et puis surtout, pour aller à l’essentiel, ce quotidien observe tant le fond que la surface : il fait son boulot.



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