Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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Il faut empêcher les évacuations annoncées

vendredi 13 juin 2008 par Claude REYMOND

L’Assemblée des délégué(e)s de la Communauté genevoise d’action syndicale CGAS réunie jeudi 12 juin 2008 a approuvé à l’unanimité la résolution suivante :

Il faut empêcher les évacuations annoncées

Les habitant(e)s de trois maisons squattées depuis très longtemps sont menacé(e)s d’expulsion.

Ce sont :

  • chemin des Tulipiers 14 à Grange-Canal
  • rue de la Tour 2 à Plainpalais
  • rue de la Tannerie 3 à Carouge

Ces habitations sont en mauvais état et laissées volontairement vides par leurs propriétaires ; le mouvement syndical constate qu’il n’y a aucun projet de construction sur les parcelles concernées, aucune demande d’autorisation de construire déposée auprès du Département des constructions et des technologies de l’information (DCTI).

Considérant

Qu’après une longue période de confrontation ouverte pendant les années 1970 dans le quartier des Grottes, un compromis fut institué à propos des bâtiments d’habitation laissés volontairement vides ou à l’abandon pour cause de spéculation immobilière ;

Que ce compromis, appelé doctrine Bertossa (du nom de l’ancien procureur général) admettait l’occupation par des squatters d’immeuble de logements vides et n’imposait une évacuation que s’il existait un projet de remise en état du bâtiment autorisé par le Département compétent ; ce compromis fut réaffirmé lors d’un débat public en 1992 confirmant son application bien avant cette date ;

Qu’aujourd’hui ce compromis vole en éclats sous les pressions conjuguées des milieux immobiliers et des partis politiques de droite, et grâce à l’abandon de ceux du centre et du centre-gauche ;

Que le Procureur général Daniel Zappelli se charge de matérialiser ce retournement politique ; il a la police et la gendarmerie laissées sous ses ordres directs pour l’exécuter ;

Que les raisons invoquées par les propriétaires pour justifier leur plainte en vue d’une évacuation : réinstallation dans la maison, projet en cours ou décontamination sont respectivement des mensonges, des affabulations et de mauvais prétextes ;

L’Assemblée de délégué(e)s de la Communauté genevoise d’action syndicale se déclare convaincue que si ces expulsions ont lieu, on se retrouvera dans une situation similaire à celle de l’immeuble de logements rue de l’Arquebuse 13 que ses occupants ont dû abandonner il y a dix mois sous les pressions du procureur général et des forces dites de l’ordre : ce bâtiment est toujours vide et les travaux de remise en état annoncés n’ont toujours pas commencé.

En conséquence

la Communauté genevoise d’action syndicale demande au Conseil d’Etat

  1. de remplir ses obligations politiques et légales : lorsque l’ordre public est menacé - ici par des propriétaires immobiliers, qui pour des motifs relevant de la spéculation éponyme laissent des bâtiments d’habitation vides, véritable provocation en pleine crise suraigüe du logement ; il doit veiller à conserver la maîtrise de l’usage de la force publique et en décider seul de son engagement ;
  2. de reprendre la situation en mains, police et gendarmerie comprises,
  3. de rétablir les conditions qui existaient lorsque le compromis prévalait ; la situation du logement dans le canton s’avère pire qu’elle ne le fut dans les années passées,
  4. d’empêcher les trois évacuations annoncées.


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