Communauté genevoise d’action syndicale

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L’UDC veut s’imposer envers et contre tout – À nous de la dégoûter !

mercredi 30 avril 2008 par Claude REYMOND

Le 1er juin, nous voterons sur trois objets qui proviennent plus ou moins directement tous des cuisines de l’UDC.

L’UDC veut, avec son initiative populaire « pour des naturalisations démocratiques », remonter le temps. Aujourd’hui, la constitution fédérale oblige de donner aux personnes dont la demande de naturalisation a été rejetée les raisons de ce rejet. Des voies de droit garantissent ainsi la possibilité de recourir contre des décisions arbitraires ou discriminatoires. Selon l’UDC, il ne devrait à l’avenir plus être possible de recourir contre de telles décisions.

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2008-06-01uss_contre_l_IN_UDC_naturalisations_democratiques_.pdf

Au moyen d’une autre initiative populaire, l’UDC voulait réduire radicalement les prestations de l’assurance-maladie obligatoire. Tout ce qui dépassait le strict minimum aurait dû être couvert par des assurances complémentaires. La majorité de droite du parlement a repris cette revendication pour bricoler un nouvel article constitutionnel quelque peu plus modéré, quant à la formulation, que l’initiative, mais visant le même but : ancrer le principe des profits dans le domaine de la santé et introduire une médecine à deux vitesses. Les caisses-maladie applaudissent et l’UDC a pu tranquillement retirer son initiative.

Des personnes proches de l’UDC ont lancé une initiative populaire qui veut interdire au Conseil fédéral et à l’Administration fédérale d’informer les citoyen(ne)s sur les objets soumis à votation. Nous aussi avons souffert des certaines « informations » du Conseil fédéral lors de votations, car les explications de ce dernier ne sont certainement jamais totalement objectives ou neutres. Mais accepter cette « initiative muselière » serait un autogoal.

De fait, si la gauche doit s’opposer à un front bourgeois uni, que le Conseil fédéral se trouve aussi du côté de nos adversaires ou non ne joue plus aucun rôle. Mais s’il s’agit de faire passer une décision prise par une « majorité parlementaire de la raison » contre l’opposition financièrement solide de la droite et/ou des milieux économiques, alors la prise de position du Conseil fédéral est une aide bienvenue.

Stratégie Le 1er juin, trois objets « plus ou moins UDC » passeront donc en votation. Ce parti en fait un test de prestige, désirant montrer qu’en tant qu’opposition, il peut aussi gagner des votations populaires. Il investira ainsi beaucoup de millions provenant de ses parrains milliardaires ; cela, surtout pour l’initiative sur les naturalisations. L’importance du scrutin du 1er juin dépasse donc les seules questions qui sont posées. Si elle s’impose, l’UDC renforcera sa force d’opposition, ce qui ne restera probablement pas sans effets sur la politique future du Conseil fédéral et des autres partis de droite.

En tant que parti, l’UDC n’est pas à elle seule capable de rassembler une majorité de citoyen(ne)s, son potentiel électoral étant de 30 à 35 %. Elle triomphe dans les urnes si elle arrive à faire apparaître l’objet de la votation (surtout de politique à l’égard des étrangers) comme étant une « revendication populaire », largement indépendante d’elle en tant que parti. Nous pouvons lui faire échec si, en plus de notre argumentation, nous présentons ses revendications pour ce qu’elles sont : des « thèmes UDC ».

Les circonstances actuelles sont particulièrement favorables à une telle stratégie, en effet :

  • L’UDC veut se positionner comme parti d’opposition. C’est pourquoi ses faits et gestes sont plus perçus par les citoyen(ne)s sous l’angle de faits et gestes d’un parti politique. La campagne arrogante menée par l’UDC contre Mme Widmer-Schlumpf a suscité un sentiment anti-UDC chez beaucoup de membres de la droite.
  • L’UDC veut mener une campagne chère. La question des donataires, des personnes qui se trouvent à l’arrière-plan va donc surgir. La nouvelle ministre de la justice, Evelyne Widmer-Schlumpf, veut s’engager dans cette campagne. Avant de décider, les citoyen(ne)s vont donc aussi se demander : Suis-je pour Evelyne Widmer-Schlump ou pour Christoph Blocher, son prédécesseur ?
  • Le scrutin du 1er juin sera aussi un plébiscite sur la politique de l’UDC.
Que propose l’USS ?

Pour ses campagnes contre l’initiative de l’UDC sur les naturalisations et l’article constitutionnel sur l’assurance-maladie, l’USS ne dispose que d’un petit budget. Ce dernier servira d’abord à la publication d’une brochure sur chacun de ces deux objets. Ces brochures peuvent être consultées aux adresses suivantes :

www.sgb.ch/passeport_suite.pdf respectivement

www.sgb.ch/tract-medecine-deux-vitesses.pdf et commandées sans délai via info@sgb.ch, ou au Secrétariat de l’USS (031-377 01 01).

Par ailleurs, le Secrétariat de l’USS est disposé, comme pour toute campagne, à vous soutenir, dans la mesure de ses capacités, par ses conseils et concrètement dans vos activités de propagande. Nos personnes de contact sont :

initiative sur les naturalisations : Manuela Bruderer, manuela.bruderer@sgb.ch, tél. 031-377 01 11

article sur l’assurance-maladie : Christina Werder, christina.werder@sgb.ch, tél. 031-377 01 12

questions sur la campagne : Pietro Cavadini, pietro.cavadini@sgb.ch, tél.. 031-377 01 07



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