Communauté genevoise d’action syndicale

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NON à la suppression des emplois temporaires

jeudi 8 novembre 2007 par _information fournie par la composante
Votations genevoises du 16 décembre

NON à la nouvelle loi cantonale sur le chômage

Le référendum contre la révision de la loi cantonale genevoise a abouti brillamment malgré la période des vacances (juillet – début août) et malgré le fait que seuls « A Gauche toute ! » (qui a fait l’essentiel du boulot), le SSP et comedia l’aient soutenu. Les genevois voteront donc le 16 décembre sur ce sujet important parmi de nombreux autres.

L’ensemble des syndicats genevois (sauf Syna), dans le cadre de la CGAS, ainsi que le Parti socialiste ont maintenant rallié clairement le camp du NON à cette révision qui supprime un droit fondamental pour toutes les personnes arrivant en fin du droit fédéral au chômage. Seuls les Verts manquent à l’appel dans les forces dites de gauche.

Certes la droite avait pris soin de vêtir la révision de la loi d’habits séduisants qui pouvaient tromper plus d’un démocrate honnête, a fortiori les autres aussi. Notamment par la dynamisation des mesures à prendre pendant le droit fédéral au chômage : inscription en un jour, bilan de compétences après un mois de chômage au plus, une mesure active (cours, stage, …) après 3 mois au plus, un emploi-formation de 6 mois au plus tard après un an de chômage. Il faut cependant remarquer que toutes ces mesures étaient déjà possibles dans le cadre actuel des lois fédérale et cantonale. Il n’y avait pas besoin d’une nouvelle loi pour cela ; la preuve en est que cette dynamisation a déjà commencé avant la votation de la nouvelle loi et c’est tant mieux.

Ce qui change fondamentalement, c’est ce qui se passe une fois qu’un-e chômeur/se a épuisé son droit fédéral aux indemnités de chômage. Jusqu’à présent, la loi cantonale imposait à l’Office cantonal de proposer une mesure cantonale à tout le monde sans exception : allocation de retour en emploi, stage pour les jeunes ou emploi temporaire suffisamment long (maximum 12 mois) pour regagner un nouveau droit aux indemnités fédérales.

La nouvelle loi supprime ce droit pour toutes et tous et le remplace par une possibilité (à la tête du client ? ou suivant la « débrouillardise » personnelle de la personne concernée ?) d’obtenir une mesure cantonale : soit une allocation de retour en emploi (mesure peu efficace et rare jusqu’à présent), soit une participation au salaire dans une « entreprise » de l’économie sociale et solidaire (avec un salaire plus haut que l’assistance publique, mais plus bas que les indemnités de chômage), soit une éventuelle prolongation de 6 mois de l’emploi-formation initié pendant le délai-cadre fédéral.

Il est clair que c’est sur pression de la Confédération (le Conseil fédéral et le SECO) pour casser « l’exception du vilain canard genevois » que la droite s’est mise à l’ouvrage pour casser un droit qui empêchait de nombreuses personnes à « basculer » immédiatement à l’assistance publique et à l’AI sans leur donner une nouvelle chance.

Certes nous ne prétendons pas que les emplois temporaires cantonaux étaient la panacée : ils étaient trop souvent simplement occupationnels pour redonner un nouveau droit aux indemnités fédérales. Ils n’avaient malheureusement pas un caractère formatif obligatoire et l’Office cantonal de l’emploi n’assurait que le service administratif minimum pour le suivi des personnes en emploi temporaire. Certaines n’avaient aucun entretien pendant un an avec leur conseiller pour faire le point sur leurs recherches d’emploi pendant cette période ! Et pourtant avec tous ses défauts, cette mesure permettait quand même 35% de retours en emploi fixe pendant ou à l’issue de l’emploi temporaire.

Et si Genève est le « mouton noir » fédéral en matière de taux officiel du chômage (le seul canton à plus de 6% !), on se doit de relativiser ces chiffres. En effet si on additionnait le nombre de personnes au chômage, à l’assistance publique et à l’AI, on remarquerait que d’autres cantons ne seraient pas si blancs que cela. Bâle-Ville par exemple prendrait largement la tête de ce triste hit-parade.

Ce n’est donc pas en supprimant un droit existant à Genève, simplement parce qu’il n’existe pas ailleurs, que l’on va résoudre le problème fondamental du nombre de personnes sans emploi, de personnes « larguées » dans notre société de profit immédiat et de brutalité sociale. C’est pourquoi Comedia Genève (le groupe local intersectoriel et la imprimerie et emballage) appelle avec force toutes et tous ses membres à voter NON et surtout à faire voter NON dans leur entourage contre cette révision de loi qui s’attaque aux chômeurs et pas au chômage.

Bernard Remion



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