Communauté genevoise d’action syndicale

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Publié par Le Courrier

Les ouvriers affûtent leur manif contre la flexibilité horaire

lundi 17 septembre 2007 par Claude REYMOND

Paru le Mardi 18 Septembre 2007

MICHEL SCHWERI

« On ne peut pas partir au boulot le matin sans savoir quand finira notre journée de travail. » De ces phrases, les syndicalistes du gros oeuvre en entendent tous les jours depuis que les employeurs de la construction ont résilié la Convention collective nationale de travail (CN) dans le but d’y introduire une dose supplémentaire de flexibilité des horaires. Au 1er octobre, les quelque 90000 salariés du secteur principal du bâtiment ne bénéficieront plus de couverture contractuelle. C’est pourquoi les syndicats Unia et Syna se mobilisent pour remplir les rues de Zurich de manifestants samedi prochain.
A Genève, les organisations, alliées au Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs (SIT), proposent aux travailleurs du canton d’arborer des foulards noirs pour « porter le deuil de la convention et de la paix sociale ». Elles avertissent ainsi les patrons qu’aucun écart ne sera toléré par rapport aux conditions de travail actuelles.

« La convention actuelle interdit de comptabiliser les heures en moins », explique Jacques Robert, secrétaire régional d’Unia, « un patron doit fournir du travail et ne peut renvoyer les salariés à la maison sans les payer s’il n’y a rien à faire sur un chantier. » Mais la Société suisse des entrepreneurs (SSE) voudrait introduire un quota de 80 heures négatives par année qui pourraient être décomptées des horaires en cas d’intempéries ou de pannes. L’ouvrier serait ensuite tenu de compenser les heures manquantes au bon vouloir de l’employeur. « Les patrons veulent ainsi transférer le risque de l’exploitation sur les salariés », résume M.Robert.

Menace sur la libre circulation

Les syndicats n’acceptant pas cette issue, le patronat de la branche a résilié la CN, ouvrant une période de vide conventionnel dès octobre. Secrétaire genevois de Syna, Pasquale Reale, détaille les risques encourus. La recommandation adressée aux membres de la SSE de maintenir l’application de la CN n’est pas contraignante, expose-t-il. De plus, les patrons non affiliés n’y seraient pas tenus, de même que les entreprises étrangères détachant des travailleurs en Suisse, les sous-traitants et les agences temporaires. Ce qui représente du monde, ces dernières occupant déjà quelque 20% des salariés du secteur.

Si les contrats individuels des travailleurs en place resteront valables, tous les nouveaux engagements pourraient se faire au rabais, continue M.Reale. Par exemple, des porteurs de permis de courte durée « L » pourraient terminer leurs contrats en novembre et être réengagés en mars 2008 à 500 francs de moins. La principale mesure d’accompagnement de la libre circulation des personnes serait ainsi plombée. Sans convention collective en effet, les risques de sous-enchère sociale ou salariale s’accentueraient, en limant la protection contre la maladie ou en liquidant le versement du 13e salaire, conclut le syndicaliste. I


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