Communauté genevoise d’action syndicale

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Indemnisation des salarié-es précarisé-es

mardi 15 septembre 2020 par Joël VARONE

Le référendum de la honte a été déposé. La CGAS appelle la population à le sanctionner trois fois dans les urnes.

Le MCG et l’UDC ont déposé ce matin leur référendum contre le fonds d’indemnisation aux travailleuses et travailleurs les plus précaires. Alors que plusieurs associations ont dénoncé les conditions illégales de récolte de signatures par des sociétés privées, que les arguments avancés pour récolter les signatures étaient le plus souvent mensongers (pensez rien qu’au titre du référendum : "Non au travail illégal et non déclaré !", alors que le fonds ne légalise en rien le travail non déclaré), il semblerait que les organisations d’extrême droite aient réussi leur coup.

Ces mêmes partis, qui ont voté des crédits urgents pour le Salon de l’auto ou qui ont plaidé pour un accès des entreprises aux RHT sur simple déclaration, empêchent avec leur référendum un droit à une indemnisation pour les travailleuses et travailleurs touché-es le plus durement par la crise du coronavirus.

Non, le fonds d’indemnisation ne vise pas à couvrir le travail illégal mais à garantir des revenus pour celles et ceux qui ont perdu leur emploi sans avoir droit au chômage ou au chômage partiel. Dans cette situation, se retrouvent tant des employées de maison sans statut légal de séjour qui paient depuis des années des cotisations à l’assurance chômage, que des vendeuses ou des ouvriers temporaires en situation légale mais n’ayant pas cotisé assez longtemps pour bénéficier de l’assurance-chômage. Si la Chancellerie devait valider les signatures déposées, ce seront ainsi des milliers de travailleuses et travailleurs qui devront encore attendre de longs mois pour avoir éventuellement accès à une aide !

La CGAS condamne ce référendum. Elle déplore également la responsabilité du PLR, dont la députation au Grand conseil s’est opposée au fonds, refusant l’urgence et ouvrant ainsi la voie au référendum. Le même PLR qui n’a que le partenariat social à la bouche quand il s’agit de s’opposer à toute régulation du marché du travail par l’Etat, mais qui l’oublie bien vite lorsqu’il s’agit de refuser une loi pourtant soutenue par tous les partenaires sociaux.

La CGAS rappelle que ce fonds est une toute petite aide aux plus précaires, dans une situation d’extrême urgence. Cette indemnité ne saurait toutefois masquer ce que la crise a démontré de manière crue : les conséquences des bas salaires et les discriminations induites sur le marché du travail par la politique migratoire imposée par la droite. Ce sont les mêmes partis qui déposent aujourd’hui le référendum qui s’opposent systématiquement à toute mesure de régulation du marché du travail, laissant des milliers de travailleurs et de travailleuses sans protection face aux licenciements et aux contrats précaires.

En cas de validation du référendum par la Chancellerie, la CGAS appelle la population à faire acte de solidarité et à soutenir largement ce fonds d’indemnisation.

Mais dans l’immédiat, la CGAS appelle également la population à voter pour le renforcement de la protection des salaires et à s’opposer aux discriminations sur le marché du travail en votant OUI à l’initiative syndicale pour le salaire minimum légal « 23.- frs c’est un minimum ! » et NON à l’initiative de l’UDC dite « de limitation », qui ne vise rien d’autre que le démantèlement de toute régulation du marché du travail en Suisse.

Contacts :

Davide de Filippo, président CGAS, co-secrétaire général SIT, 079 707 14 67
Alejo Patiño, vice-président CGAS, secrétaire syndical UNIA , 079 120 69 93
Fabrice Chaperon, vice-président CGAS, responsable régional SYNA, 076 347 11 36



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