Communauté genevoise d’action syndicale

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concernant les caisse de pension

vendredi 29 mars 2019 par Claude REYMOND

échanges sur le sujet, sera complété prochainement par un récapitulatif plus substantiel


Le 14 mars 2019 à 10:18, Bernard Remion a écrit :

Hello Valérie,

je suis un peu gêné de te répondre avec autant de retard, mais j’ai eu, depuis 10 jours, la plus sale grippe de ma carrière et pas encore tout-à-fait retapé…
mais à part cela tout va bien… et toi ?

Concernant ta question, effectivement, il y a eu dans les syndicats à plusieurs reprises des recherches en ce sens. Je me rappelle entre autres un groupe de travail à la CGAS où on a invité plusieurs spécialistes et aussi d’une motion votée à un congrès de l’USS où Corrado Pardini était monté sur une table en signe de triomphe… mais rien n’a jamais abouti,ême pour ceux qui y croyaient vraiment cela butait toujours sur les garanties de rendement à au moins 4% nécessaires pour que les caisses de retraites puissent investir en ce sens… on a parlé de garantie des cantons, de la confédération, de la banque nationale, … mais qui ose affronter le « marché » ?

En fait à l’origine, les partisans « de gauche », les socio-démocrates et les centrales syndicales (à l’exception à l’époque de la Fédération suisse des typographes), qui ont soutenu le 2e pilier contre les retraites populaires, mettaient en avant 2 arguments pour faire pencher la balance :

  • les milliards qu’on accumulera pourront servir à contruire des loguement sociaux, à financer des emplois socialement utiles, à soutenir des secteurs économiques en difficulté, … on ne parlait pas encore de développement durable et d’énergie renouvelable…
  • la parité dans la gestion des caisses de retraite

Rien de tout cela n’a tenu la route et et près de 40 ans plus tard, les 1’000 milliards du 2e pilier sont investis partout sauf dans ces belles promesses et question de parité dans la gestion, même là, et c’est rare, où le syndicat a pu mettre des militants formés et compétents et où un semblant de parité semble exister, c’est en fait la « loi du marché » (et la baisse tendantielles des taux de profit) qui dicte toutes les décisions de baisse de taux techniques, de baisse de taux d’intérêt, de baisse des taux de conversion… et la parité montre toute son impuissance.

A partir du moment où on est entré dans un système de capitalisation, il ne pouvait à mon avis en être autrement.

A cela se greffe, toutes les inégalités inscrites dans la législation et dans les réglements du 2e pilier. Le 2e pilier augmente les inégalités à la retraite par rapport à la vie active. Les bas salaires, les temps partiels et donc les femmes sont particulièrement les victimes de ce système… alors que la différence de salaires hommes-femmes est environ de 20%, la différence de rente LPP touchée effectivement entre femmes (pour celles qui en touche une) et hommes et de 1 à 2 ! Et cela ne va pas en diminuant pour le moment… Le « capital » des femmes dans le 2e plier est de moins de 25% du du capital complet !

C’st pourquoi je suis chaque jour plus convaincu qu’on doit trouver les moyens d’élargir et renforcer le 1er pilier et qu’on ne doit pas jouer aux ambulanciers du 2e. Malheureusement cela ne se fait pour le moment que pas des référendums pour s’opposer aux dégradations et la vraie gauche, syndicale et politique, se montre incapable de s’unir qutour d’une vraie initiative en ce sens. Malheureusement, il y a enbcore dans nos centrales syndicales des « leaders » qui croient en l’avenir du 2e pilier. Cela dit, au niveau de chaque caisse de retraite, il faut continuer à surveiller ques les avoirs des salariés soient le mieux possible protégés, et pas englouti dans des frais de gestion et des investissements incontrôlables.

Je te joins un texte de Christian Tirefort d’août 2003. Pour une fois, il parle en langage et clair et direct.

En réitérant mes excuses pour ce retard de réponse, je t’envoie mes chaleureuses salutations.

Amitiés

Bernard


Le 8 mars 2019 à 08:54, Solano Valérie a écrit

Merci pour vos réponses. Je vais faire suivre à la section et laisser le comité décider de ses orientations.

La complexité du sujet fait que beaucoup (y compris moi) ne comprennent ni les contraintes ni les mécanismes et se cantonnent dans des positions idéologiques. Pas très constructif finalement :-(

V.


Le 7 mars 2019 à 16:50, Michel SCHWERI a écrit :

Un petit mot sur le sujet.

En annexe, l’extrait de l’OPP2 qui traite des limites de placements, pour info.
Et aussi le projet de charte d’éthique dans les placements en cours d’adoption à la CGAS. Il n’y a rien sur la spéculation immobilière.

Cela étant, on reste dans les contradictions de fond du 2e pilier. Si on place dans l’économie, c’est le travail de salariés qui paie le rendement sur le capital de retraite d’autres salariés. Si on place dans des logements, ce seront les locataires qui paieront les retraites des salariés (et souvent, ce sont les mêmes personnes… Le système est vraiment bien fait...) C’est pour cela que l’initiative Cartel/Asloca est très boiteuse. Le rendement immobilier, c’est la hausse des loyers, même si le taux de rendement n’est pas spéculatif.

Seules solutions qu’on avait trouvé à la création de la caisse du Journal de Genève : investir uniquement dans du logement de luxe, histoire de récupérer les loyers des riches (qui proviennent de l’exploitation du travail), mais ça contribue à maintenir la crise du logement abordable… Autre idée, investir uniquement dans l’immobilier d’activité (usines, commerces…) de façon à récupérer partiellement le fruit du travail des salariés via les loyers de lieux de production.

On ne s’en sortira pas parce que le 2e pilier introduit les contradictions du capitalisme dans le système de retraite, qui devrait être purement social. Dans l’attente de la démolition du 2e pilier, les seules possibilités sont de choisir un « moindre mal » comme financer des coopératives effectivement. Il ne faut surtout pas se leurrer ni leurrer les gens : on participe de notre propre exploitation. Il faut donc utiliser ce moment de parole en congrès pour dire tout le mal du 2e pilier ...et proposer de coller un sparadrap sur une double-fracture… sans plus.


Le 07.03.19 à 10:23:52, claude.andre.reymond a écrit :

je suis honoré par cette sollicitation

c’est une bonne proposition et une idée qui a déjà été exprimée il y a quelques années

il me semble que lors de l’introduction de la LPP en 1985, la loi obligeait les institutions de prévoyance à sécuriser l’essentiel de leurs placements dans l’immobilier

puis, je pense consécutivement à disparition des entreprises industrielles, certaines assurances se sont spécialisées dans la prévoyance et des banques leur ont prêté main-forte

dès lors il s’est trouvé qu’après de nombreuses fusions dans le domaine, toutes sont devenues plus « fortes », et pour se garantir des profits, elles ont réussi à faire modifier la loi pour contraindre à un 50% d’actions tout en réduisant le volume réservé à l’immobilier

il faudrait effectivement modifier ces restrictions et permettre aux institutions de prévoyance, gérées paritairement avec de réels représentant-e-s du personnel, de pour placer leurs capitaux dans des oeuvres directement utiles aux travailleurs, et cela sans devoir affronter les limites artificielles du marché capitaliste

il conviendrait donc d’inverser la « discrimination » imposée par les économistes en la matière en distinguant dans la prévoyance les »usines » à profit des institutions de prévoyance respectant les buts originaux de celles-ci = prémunir les rentiers de la précarité

si les travailleurs peuvent louer des logements à des prix non spéculatifs, lorsqu’ils seront rentiers et habiteront dans ces logements d’institutions de prévoyance, il leur sera plus aisé de faire face à de probables (inéluctables ?) réductions de taux de conversion...

de toute façon, il faudrait prendre soin d’empêcher les tenants de la main invisible - ou des prétendus bienfaits régulateurs de la concurrence - de bénéficier des facilités suggérées

Claude REYMOND
Avenue Godefroy 9, 1208 Genève


Le 7 mars 2019 à 08:44, Solano Valérie a écrit :

Bonjour mes chers,

La section TPG souhaite soumettre au congrès une résolution concernant les caisse de pension. L’idée serait de proposer une solution qui permettrait d’investir(dans des mutuelles de santé, coopératives d’habitation etc) au-delà de ce qui est actuellement prévu par la loi concernant l’immobilier.

Je me demandais – j’ai un petit soupçon – si vous n’aviez pas déjà réfléchi à un projet.

Seriez-vous prêts à le partager ?

Valérie Solano
Secrétaire syndicale



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