Communauté genevoise d’action syndicale

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pour l’USS : oui à un service public étendu, mais clairement non à tout projet de privatisation !

mercredi 5 septembre 2018 par Claude REYMOND

L’USS accueille favorablement l’intention du Conseil fédéral d’élargir la marge de manœuvre de PostFinance. Elle en rejette par contre énergiquement la privatisation partielle.

par Dore HEIM

communiqué du 5 septembre 2018

L’Union syndicale suisse (USS) accueille favorablement l’intention du Conseil fédéral d’élargir la marge de manœuvre de PostFinance à la faveur de la révision de la loi sur l’organisation de la Poste en levant l’interdiction faite à cette dernière d’octroyer des hypothèques et des crédits. Elle en rejette par contre énergiquement la privatisation partielle via l’ouverture de son actionnariat. La première mesure renforcerait le mandat de service universel de PostFinance, alors que la deuxième mettrait celle-ci gravement en danger.
L’USS rejette pour cette raison l’ouverture de l’actionnariat de PostFinance aux privés, soit une privatisation partielle de cette dernière. Aujourd’hui déjà, la Poste est confrontée à une importante pression pour réaliser des bénéfices. La direction de cette entreprise proche de la Confédération cède trop volontiers à cette pression. Comme c’est malheureusement apparu clairement dans l’exemple de CarPostal, on n’hésite pas non plus à prendre des mesures illégales pour atteindre cet objectif. Une privatisation partielle augmenterait encore plus la pression, ce qui nuirait durablement au service public. La logique du profit conduit au démantèlement des prestations, à des licenciements et à une dégradation des conditions de travail. Cela, nous le rejetons.
L’USS estime par contre que l’élargissement des prestations de PostFinance est une bonne chose. L’interdiction d’octroyer des hypothèques et des crédits faite à l’entreprise est une restriction conçue par le Parlement et le Conseil fédéral afin d’éviter une concurrence trop rude avec les banques cantonales. Ces dernières années, ces dernières se sont beaucoup retirées du trafic des paiements, tandis que PostFinance est restée aujourd’hui encore, conformément à son mandat et malgré le démantèlement des offices de poste, le numéro un incontesté du trafic des paiements.
Dans les faits, les taux d’intérêt bas persistants menacent non seulement le mandat de service universel de PostFinance, mais aussi de la Poste dans son ensemble, car les bénéfices de PostFinance sont déterminants pour couvrir les coûts des prestations de service public de l’entreprise. Le moment est donc vraiment venu que le Conseil fédéral fasse une proposition quant à la manière de lever cette interdiction. Les services de paiement de PostFinance sont en effet indispensables à la population et à l’économie. Afin que cela reste ainsi, PostFinance doit avoir accès aux crédits et aux hypothèques.
La population veut un service public de qualité dans toutes les régions du pays et à des prix abordables. Le Conseil fédéral devrait en fait avoir compris ce signal depuis longtemps ! Pour stabiliser PostFinance, l’interdiction d’octroyer des crédits et des hypothèques doit être levée, mais il ne doit très certainement pas y avoir de privatisation partielle de l’entreprise !


En tant que délégué genevois dans les instances USS, je relève que cette position est parfaitement conforme à la résolution - amendée par notamment Graziano PESTONI et moi-même lors - de la 276e assemblée de délégué-e-s USS.

113.2 Berne, le 15 mai 2006

Résolution de l’Union syndicale suisse


Pour un bon travail – contre la privatisation de Swisscom et de la Poste

L’assemblée des délégués de l’Union syndicale suisse (USS) salue la claire décision prise par le Conseil national contre la vente de Swisscom.

La menace référendaire des syndicats a porté ses fruits. Aujourd’hui, c’est au tour du Conseil des Etats de dissiper rapidement les inquiétudes qui subsistent encore à propos du sort de Swisscom. Car il en va de milliers d’emplois et de centaines de places d’apprentissage. Du réseau de télé- communications au plus haut niveau. Du pôle de la recherche dans le domaine high-tech. Et des finances publiques. La vente de Swisscom à une entreprise étrangère remettrait fondamentalement en cause tout cela.
Raison pour laquelle les délégués de l’USS s’opposent aussi avec détermination à l’intention du Conseil fédéralde privatiser la Poste.
En voulant réviser la loi sur la poste, le gouvernement de ce pays lance une véritable provocation et cherche à faire passer au forceps la Poste SA le droit privé du travail et la suppression totale du monopole postal, sacrifiant ainsi ses missions et responsabilités de service public.

Pour les délégués de l’USS, les choses suivantes sont claires :

  1. La future révision de la loi sur la poste doit se faire avec les syndicats et non contre eux.
  2. Elle est judicieuse pour autant qu’elle continue de garantir le service universel de la Poste avec des prestations de haute qualité, à des prix avantageux et sur l’ensemble du territoire. Cela n’est possible que si le personnel bénéficie de bonnes conditions de travail et d’effectifs suffisants.
  3. Une révision de la loi doit donc obliger la Poste à signer une convention collective de travail, tel que cela est prévu dans la loi fédérale sur le personnel de la Confédération. La révision de la loi doit en outre s’assurer de la validité de la CCT Poste pour l’ensemble de la branche.
  4. La nouvelle loi doit apporter davantage de sécurité au personnel de la Poste et à l’ensemble de la branche.
  5. L’USS rejette la privatisation de la Poste, elle luttera contre la privatisation, voire pour la re-nationaliser.

Les délégué-e-s de la 276e assemblée exigent de maintenir un contrôle de l’Etat sur le service postal universel et de conserver à celui-ci son statut de service public.

PS:

Graziano Pestoni (ssp) : J’ai lu cette résolution et je suis très très surpris. Cela fait plusieurs années qu’on se bat contre cette privatisation, contre la libéralisation, contre l’externalisation, contre tous ces changements qui attaquent le service public et qui provoquent des dégâts aux travailleurs et aux citoyens. Nous savons tous que la transformation en une SA du service public change de nature le moteur de l’activité qui n’est plus celui d’offrir un service public, mais celui de réaliser des résultats en tant qu’entreprise. Ce qui n’est pas vrai par exemple, c’est ce qui est écrit au point deux de la résolution, à savoir que le service universel est garanti, si le personnel bénéficie de bonnes conditions de travail. Cela ne suffit pas. Pour garantir un service universel, le service public doit être public et donc pas une société anonyme. Au point quatre de la résolution, on dit qu’il est inacceptable de poursuivre la transformation de la Poste en une société anonyme, sans offrir une garantie de l’emploi en contrepartie. Mais, depuis quand fait-on un échange entre sécurité de l’emploi et service public ? Il me semble qu’on s’est battu, qu’on se bat depuis dix, quinze ans pour de bonnes conditions de travail et pour le service public. Maintenant on va marchander des bonnes conditions de travail avec le démantèlement du service public. Il me semble que vous n’avez peut-être pas lu de manière approfondie la résolution - je la trouve scandaleuse ! Le but du prochain congrès serait de dire : « On va re-nationaliser, ce qui a été privatisé ». Voilà ce qu’il faudrait faire ! On a fait la bataille contre la libéralisation en 2002 - et il n’y avait pas, à ce moment, contre cette loi un problème d’emplois. On s’est battu parce que c’était le début du démantèlement du service public dans le monde électrique. Cela aurait eu des aspects désastreux dans notre secteur. Grâce à la victoire en septembre 2002, on a gagné un peu partout en Suisse et dans les cantons contre la privatisation. Au Tessin, Marina Masoni a du retirer la proposition de privatiser la Banque cantonale du Tessin, etc. Maintenant, on dit ici qu’on va accepter la transformation en société anonyme de la Poste et puis on échange cela avec la sécurité des postes de travail. Je propose formellement, qu’on modifie cette résolution de manière totale et qu’on conclue avec une phrase disant que l’USS s’oppose par tous les moyens à la transformation en société anonyme de la Poste.

Claude Reymond (US-GE) : Je ne veux pas répéter, je propose exactement la suppression de la même phrase en français, donc... Je souhaiterais qu’on ajoute quelque chose après la suppression totale du monopole postal qui est au milieu, avant l’énumération. On a dit « ... en, sacrifiant ainsi ses missions et responsabilités de service public ». Peut-être que du monopole postal on en a besoin dans une entreprise sous contrôle de l’État, qu’une entreprise qui passerait en SA deviendrait une entreprise privée, mais elle se reconstituerait à terme un monopole, un monopole qui ne serait pas sous contrôle de l’État, mais qui serait un monopole capitaliste comme on le connaît partout ailleurs et qui, bien entendu, n’en aurait rien à faire ni des missions, ni des responsabilités du service public. C’est pour cela qu’il me semble qu’il faudrait ajouter ici « ... sacrifiant ainsi ses missions et responsabilités de service public. ». Ensuite, au point 2, il me semble qu’il faudrait quand même indiquer que cela n’est possible que si le personnel bénéficie de bonnes conditions de travail, « et d’effectifs suffisants. »




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