Communauté genevoise d’action syndicale

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La Suisse votera le 10 juin 2018 sur une initiative populaire nommée Initiative Monnaie Pleine. Elle vise plusieurs buts.

mercredi 14 mars 2018 par Claude REYMOND

Le Bureau CGAS du 14 mars 2018 a décidé de donner suite à la demande du comité d’initiative en l’invitant à s’exprimer lors de la séance du 22 mars.

6 mars 2018

Madame, Monsieur,

La Suisse votera le 10 juin 2018 sur une initiative populaire nommée Initiative Monnaie Pleine. Elle vise plusieurs buts.

Que les comptes courants des clients des banques soient gérés en dehors du bilan de la banque ce qui aura pour effet de protéger les agents non-bancaire en cas de faillite des banques mettant ainsi la monnaie du quotidien à l’abri des crises financières.

Que la Confédération retrouve le monopole régalien de toute la monnaie. Aujourd’hui, 90% de la monnaie en circulation en suisse se présente sous la forme de monnaie scripturale, monnaie électronique, monnaie virtuelle qui n’est pas tangible. Cette monnaie est créée ex-nihilo par les banques commerciales mais n’est pas du franc suisse légale pourtant elle est quotidiennement employée par tous lors de virement de compte à compte pour le paiement des factures, des impôts ou encore le versement du salaire. Seule les pièces et les billets sont des francs suisses légaux qui permettent de se libérer d’une dette d’argent. La monnaie des banques commerciale profite d’un vide juridique que l’initiative entend combler en redonnant l’exclusivité du devoir régalien de battre monnaie à la Confédération comme cela est constitutionnellement dicté.

Enfin, cette initiative entend donner un cadre constitutionnel aux monnaies alternatives, nous en avons quelques-unes en suisse tel le Farinet, le Leman ou encore le WIR de la banque WIR.

Le magazine Nexus de janvier/ février et de mars / avril ou encore La Revue Durable numéro 60 sortie récemment ont publié des articles exemplaires au sujet de ces changements de paradigme.

Seriez-vous intéressé par nous rencontrer, faire un article ou un dossier sur ce sujet ?

Je suis à votre disposition pour tout complément d’information, n’hésitez pas à me contacter.

Dans l’impatience de votre retour, veuillez croire, Madame, Monsieur, en l’expression de mes sentiments distingués.

David Vinent

Responsable du comité de campagne Genevoise pour l’Initiative Monnaie Pleine

PS:

L’initiative Monnaie Pleine propose une solution simple, facile à mettre en place et réalisable en Suisse indépendamment de ce que font les autres pays. Pour cela, il suffit de faire une distinction claire entre la gestion de l’argent (trafic des paiements) et l’investissement (l’épargne). Dans la première catégorie, on trouve les comptes à vue, les comptes de règlement et de salaire et, dans la deuxième catégorie, les comptes d’investissement et d’épargne. Les comptes de gestion seront sortis du bilan des banques. Celles-ci continueront toutefois à les gérer et à faire les paiements au nom et pour le compte de leurs clients, mais hors bilan, comme elles le font déjà avec les papiers-valeurs. Les clients resteront propriétaires de leur monnaie comme s’il s’agissait de billets dans leur porte-monnaie. Ces comptes seront à l’abri de toute faillite, 100 % sûrs, parce qu’ils ne feront plus partie des avoirs de la banque.
En parallèle, les banques continueront à gérer l’investissement et à accorder des crédits comme elles le font actuellement. La différence sera qu’elles devront d’abord obtenir des épargnants, des investisseurs, d’autres banques ou de la BNS les fonds nécessaires pour octroyer des prêts. 1 L’immense avantage de la Monnaie Pleine est qu’il garantit à l’économie réelle la stabilité financière dont elle a besoin pour fonctionner. Les crises systémiques seront tout simplement impossible ! En plus, la BNS récupère la maîtrise totale sur l’émission monétaire.

La masse monétaire englobe toutes les liquidités monétaires, à savoir les pièces de monnaie, les billets et les dépôts à vue. Les dépôts à terme et autres carnets d’épargne ne sont pas de l’argent mais des valeurs ou des créances qu’il faut d’abord convertir en argent liquide avant de pouvoir acheter quelque chose. La réforme Monnaie pleine ne concerne que les premiers (pièces, monnaie et dépôts à vue), qui seront protégés 100%, car transformés en monnaie de la BNS. Si quelqu’un veut investir et obtenir des rendements, que ce soit au moyen d’un carnet d’épargne ou en achetant des actions ou des valeurs spéculatives, il continuera à en assumer les risques comme actuellement. Les banques continueront à gérer les liquidités et le trafic de paiements, travail qui sera le cas échéant à rémunérer (mais la concurrence, notamment avec des entreprises travaillant exclusivement sur l’internet (Paypal, par exemple) fera que ces services se feront largement sans frais). Par ailleurs, les banques continueront également à octroyer des crédits avec l’argent de l’épargne ou, le cas échéant, avec l’argent emprunté aux autres banques ou directement à la BNS. De cette sorte, la BNS contrôlera effectivement la masse monétaire. Il n’y aura plus de l’argent bon marché à profusion pour alimenter les bulles spéculatives et déstabiliser l’économie réelle. La spéculation sera toutefois toujours possible, mais il ne sera plus nécessaire de sauver les banques trop imprudentes parce que le système de paiements se déroulera en dehors des bilans des banques.

Sous le régime de Monnaie Pleine, la BNS aura le monopole absolu de l’argent, y compris l’argent scriptural. Elle aura ainsi enfin tous les instruments nécessaires pour contrôler la masse monétaire en fonction de la situation conjoncturelle et des priorités économiques (inflation, crédits, etc.). Elle ne sera plus limitée à tenter d’influencer indirectement le crédit par les seuls taux d’intérêt.




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